Avec des douches communes
«Cela fait mal au cœur de jouer un quart de finale sur un tel terrain»

Les Servettiennes se sont imposées 1-2 samedi à Aarau, sur une pelouse indigne d’un quart de finale des play-off. Malgré l’Euro, les choses tardent à bouger, notamment au niveau des infrastructures.
Le centre sportif de Schachen où s'est tenu le quart de finale des play-off entre Aarau et le SFCCF.
Photo: PacPac
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Florian PaccaudFlorian Paccaud - Journaliste Blick

«Quand nous sommes arrivées, nous avons dû partager notre vestiaire avec une autre équipe.» En déplacement à Aarau pour son quart de finale des play-off de Women’s Super League (1-2), les joueuses de Servette Chênois n’ont pas eu le droit à des locaux rien que pour elles pour se préparer. Des vestiaires avec une douche commune, comme cela existe pour les juniors ou dans les ligues inférieures. «Cela fait mal au coeur, poursuit Elodie Nakkach. Je ne pense pas que pour les hommes, quand ils jouent un tel match, il y a des gens juste avant dans le vestiaire.» Une rencontre qui s’est déroulée au Sportanlage Schachen, alors que le Brügglifeld n’était pas occupé ce week-end et que la météo était radieuse.

«Il y a eu l’Euro en Suisse l’été dernier et il n'y a rien qui a progressé, souligne l’internationale marocaine. Je ne sais pas si vous voyez mais le terrain a quand même deux couleurs différentes, il y a juste la bande du milieu qui a été refaite. On n’est pas sur des conditions de play-off.» Hormis Rapperswil - Young Boys, les autres matches des quarts de finale aller ou du tour de promotion/relégation se sont tous déroulés dans le stade habituellement occupé par l’équipe masculine. Zurich - GC au Letzigrund (2-0), Saint-Gall - Bâle au Kybunpark (1-0), Lucerne - Sion à la Swissporarena (3-0), Thoune - Yverdon à la Stockhorn Arena (2-4).

La bande centrale a été refaite, pas le reste.
Photo: PacPac

Eau froide dans les douches

Ce n’est pas la première fois que Servette Chênois rencontre des problèmes avec le centre sportif argovien. «On a déjà eu des problèmes ici avec des clés de vestiaire ou de l’eau froide, explique Yoann Brigante. Cela s’est certes amélioré, heureusement. Mais on est encore très très loin du niveau de professionnalisme qu’on devrait atteindre.»

Le président du SFCCF refuse toutefois de tirer sur l’ambulance. «Le classement d’Aarau (ndlr: 8e de la saison régulière) n’aide pas les autorités à vouloir investir. Ouvrir les grands stades, cela reste toujours difficile, cela a des coûts importants et il n’y a pas forcément des soutiens de la Ville, comme c’est le cas à Zurich par exemple. C’est ça, la réalité. Heureusement, cela change dans d’autres villes, mais pas de manière aussi uniforme que l’on souhaiterait à l’échelle nationale.» Des raisons sociales, politiques et économiques. Si les investissements de base ne sont pas faits, le football féminin n’arrivera pas à se développer.

Match retour à la Praille

Ces problèmes logistiques n’ont pas empêché les Grenat de faire un pas vers les demi-finales. «On aurait pu se mettre à l’abri avant le match retour. Mais c’est une victoire, donc on est contentes aujourd’hui.» La Marocaine, auteure d’une superbe ouverture sur la deuxième réussite genevoise, sait toutefois que pour remporter le trophée, il faudra en faire plus. «On doit tuer les occasions. On en a eu pas mal mais on n’a pas su les mettre au fond. Et ça les laisse dans le match.» Un manque de réalisme puni à la 89e avec cette réduction du score qui laisse les Argoviennes encore y croire avant le retour, vendredi prochain.

Cette rencontre aura lieu au Stade de Genève, ce qui réjouit Elodie Nakkach. «On a eu plusieurs fois l’occasion de jouer à la Praille. Qu’ils nous ouvrent le stade, cela montre qu'ils nous font confiance. C’est idéal pour nous de jouer dans une vraie enceinte, sur une bonne pelouse. C’est notre stade finalement, c’est le stade de Servette. Et cela fait d’autant plus plaisir d’y porter les couleurs grenat.» En espérant que le public réponde présent, d’autant plus que l’équipe masculine n’a plus rien à jouer en cette fin de saison.

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