Le projet avorté de Gianni Infantino, qui souhaitait vendre à des investisseurs les droits commerciaux liés aux Coupes du monde, continue de provoquer de vives réactions. Après les confédérations continentales et les fédérations nationales, d’anciens joueurs prennent désormais la parole pour s’en prendre au président de la FIFA.
Lundi, Mikaël Silvestre a exprimé sa colère dans un communiqué publié sur X. L’ancien défenseur a notamment remporté cinq fois la Premier League et une fois la Champions League avec Manchester United, où il a évolué de 1999 à 2008. Il porte un regard très critique sur les récentes décisions de Gianni Infantino. «Trop, c’est trop», lance-t-il en préambule.
«En tant que joueurs, le football nous a tout donné et nous lui avons consacré notre vie», peut-on ensuite lire dans le communiqué. «Nous partageons exactement les mêmes inquiétudes que des millions de supporters à travers le monde. Comme eux, nous avons vu le sport que nous aimons s’éloigner toujours davantage de ses valeurs fondamentales sous la direction actuelle de la FIFA.»
Mikaël Silvestre siège actuellement au sein du Forum de la FIFA contre le racisme. Le Français n’est pas le seul ancien joueur à prendre ses distances avec l’instance mondiale. Emmanuel Petit, champion du monde en 1998, et Lucy Bronze (34 ans), élue quatre fois joueuse de l’année, ont également partagé le communiqué sur les réseaux sociaux.
«Il n’a rien fait de mal»
Tous les anciens joueurs ne se sont toutefois pas retournés contre Gianni Infantino. Samuel Eto’o affiche, par exemple, une position différente. Dans un entretien accordé à la chaîne américaine CNN, l’ancien attaquant du Barça, aujourd’hui président de la Fédération camerounaise de football, a apporté son soutien au patron de la FIFA. Selon Samuel Eto’o, Gianni Infantino «n’a rien fait de mal».
«Je reste convaincu que ce projet aurait pu représenter quelque chose d’incroyable pour nous, Africains», explique Eto’o à CNN. «Il aurait permis de rééquilibrer les rapports de force dans le football et d’éviter que nos talents ne soient perdus et finissent par jouer pour d’autres nations.»
Et de poursuivre: «Infantino a changé le football. Il a permis à des nations qui n’avaient auparavant aucune chance de participer au plus beau tournoi qui soit, la Coupe du monde. Il a donné aux plus petites nations la possibilité de se qualifier pour ces compétitions. Il a aidé notre continent. Il a contribué à ce que nos fédérations puissent se développer beaucoup plus rapidement, et nous devons le reconnaître».