Grosse inquiétude autour de Christian Eriksen. Que va-t-il advenir de la star danoise, qui évolue depuis 2021 avec un défibrillateur implantable après son malaise cardiaque lors de l’Euro? Dimanche, le milieu de terrain de 34 ans s’est de nouveau effondré sur la pelouse lors d’un match amical entre le Danemark et l’Ukraine. La rencontre a été interrompue à la 65e minute et n’a pas repris.
Les premières nouvelles se sont toutefois révélées rassurantes. Peu après l’incident, Christian Eriksen a pu rejoindre l’ambulance par ses propres moyens, entouré du personnel médical et sous les yeux de ses proches. L’alerte immédiate est donc levée et le joueur devrait prochainement retrouver sa famille. Le monde du football peut souffler, même si le choc reste immense et soulève de nombreuses interrogations. «Je vais bien et je suis chez moi avec ma famille. Comme vous pouvez l'imaginer, cela a été un choc pour moi et ma famille. Mais je tiens à vous assurer que la situation était différente de celle de 2021», a écrit le Danois sur Instagram lundi soir.
Vers un arrêt du sport professionnel?
La question principale est désormais évidente: Christian Eriksen doit-il mettre un terme à sa carrière? Ce nouvel épisode doit-il être considéré comme un avertissement définitif? Interrogé par Blick, Michael Stiefel, médecin-chef de cardiologie à l’Hôpital universitaire de Zurich et spécialiste de la pratique sportive chez les patients cardiaques, livre son analyse.
Selon lui, le fait qu’Eriksen ait rapidement repris connaissance constitue un élément rassurant. Mais cela ne change rien au fond du problème: «Le retour rapide à la conscience est rassurant, mais ce nouvel épisode reste un signal d’alarme. Un défibrillateur implantable n’est pas un passeport permettant une pratique illimitée du sport de haut niveau. Les recommandations en cardiologie du sport n’autorisent la compétition avec un DAI qu’après une évaluation individuelle. Un nouvel incident, potentiellement lié à l’effort, fait pencher la balance vers un arrêt du sport professionnel.»
Une décharge venue du défibrilateur?
Reste à savoir ce qui s’est réellement produit. S’agissait-il d’un nouveau trouble du rythme cardiaque ou le défibrillateur a-t-il déclenché une décharge par erreur en raison de l’intensité de l’effort? Cette hypothèse n’est pas à exclure. Christian Schmied, ancien médecin-chef du centre de cardiologie de l’Hôpital universitaire de Zurich, expliquait déjà dans la SonntagsZeitung qu’un choc délivré par un défibrillateur alors que le patient est conscient peut être extrêmement traumatisant.
«Une telle décharge, très puissante et ressentie en pleine conscience, marque profondément de nombreux sportifs. Certains décident ensuite d’arrêter complètement la compétition», expliquait-il. Michael Stiefel confirme: «Ce phénomène est bien documenté et doit être pris au sérieux. Même lorsqu’ils sont médicalement justifiés, ces chocs ont un impact psychologique important. Les données montrent qu’environ 30 à 40 % des sportifs ayant subi une décharge de leur défibrillateur s’éloignent du sport, au moins temporairement, par crainte qu’un nouvel épisode ne se reproduise.»
Un avenir en pointillé
Après l’implantation de son défibrillateur en 2021, Eriksen n’avait plus été autorisé à poursuivre sa carrière en Italie, où la réglementation est particulièrement stricte. En revanche, des championnats comme ceux d’Angleterre ou d’Allemagne lui avaient permis de continuer à jouer au plus haut niveau. Aujourd’hui sous contrat avec VfL Wolfsburg, récemment relégué de Bundesliga, le Danois venait tout juste de franchir le cap symbolique des 150 sélections avec son pays. Son effondrement est survenu lors de sa 151e apparition sous le maillot national.
Reste désormais à savoir si ce match marquera simplement un nouvel épisode difficile dans sa carrière ou, au contraire, la dernière apparition de l’un des joueurs les plus marquants du football danois moderne.