Dominatrice, l'équipe de Suisse s'est inclinée 2-1 dans l'anonymat de l'Estadio municipal de Chapin vendredi soir contre une Belgique ultra-opportuniste pour la première de son nouvel entraîneur Rafel Navarro. A l'issue de la rencontre, le constat était unanime du côté des joueuses de la Nati: la copie était bonne, le résultat non.
«C'est embêtant de perdre, bien sûr», a grincé Ana-Maria Crnogorcevic, alignée piston droit, tandis qu'Alisha Lehmann parlait elle de «buts évitables». La joueuse de Côme a égalisé à la 64e et elle était bien la seule Suissesse à avoir fait preuve d'efficacité vendredi soir. «C'est bien pour moi, mais ce n'est pas si important», a-t-elle évacué à l'heure de l'interview. La cause de la défaite suisse est clairement identifiée: une attaque pas assez percutante et deux buts sur lesquels Livia Peng (les deux fois) et Viola Calligaris (sur le deuxième) auraient dû mieux faire. Voilà pour le côté négatif.
La Nati a une nouvelle identité
Pour ce qui est des points positifs, la qualité de jeu et la possession de balle ont été relevées par les joueuses de la Nati. «On a une nouvelle identité», s'est réjouie Ana-Maria Crnogorcevic. «Nous voulons jouer de manière agressive et offensive. On voit déjà le chemin que l'on veut prendre», a-t-elle ajouté, rejointe par Coumba Sow. «On a du plaisir à l'entraînement, c'est intense et exigeant.» Même opinion chez Alisha Lehmann: «Ce nouveau système est intéressant», a assuré la Bernoise.
Sydney Schertenleib au coeur du jeu
Concrètement, la Suisse a joué en 3-4-2-1, avec Iman Beney et Ana-Maria Crnogorcevic sur les flancs, ainsi que Riola Xhemaili et Smilla Vallotto en soutien d'une avant-centre (la très décevante Svenja Fölmli en première période, Aurélie Csillag après la pause). L'innovation du jour a été la présence de Sydney Schertenleib au coeur du jeu et l'intuition a été la bonne, tant la joueuse du FC Barcelone a été impressionnante de facilité.
«Elle a joué là parce que Lia Wälti était indisponible. Je la préfère un cran plus haut, plus près du but adverse, et on connaît ses qualités. Pour moi, ce n'est pas une surprise, je l'ai déjà vue jouer à ce poste à Barcelone. Elle a fait un super match et elle peut aussi s'exprimer à mi-terrain», l'a complimentée Rafel Navarro.
Pourrait-ce être une solution d'avenir pour la Nati? «Sincèrement, non. Je la préfère vraiment un cran plus haut. Mais par contre, quand il y a besoin, elle peut faire un super boulot à ce poste comme ce soir.» Le message est clair. Et une chose apparaît déjà évidente: Sydney Schertenleib aura un énorme rôle à jouer dans les prochains mois avec la Nati de Rafel Navarro.
Un sélectionneur très communicatif
Le nouveau sélectionneur semble d'ailleurs déjà plaire à ses joueuses. «Il est communicatif et ouvert. Il vit le football», a assuré Ana-Maria Crnogorcevic. Et le principal intéressé, au fait, que pense-t-il de sa première?
«Ce n'était pas le résultat que l'on voulait. Dans le processus de progression que l'on veut pour cette équipe, le résultat est important. Mais on a bien joué ce soir, on a déjà vu un peu de ce que l'on voulait faire. La manière de perdre a été bonne, parce qu'elle reflète la manière dont nous voulons jouer», estime celui qui a perdu sa voix en cours de match à force de crier. «Oui, je veux être actif et proche de mes joueuses, parce que j'ai l'impression que c'est ce dont elles ont besoin en ce moment.» Il s'est ainsi montré très communicatif sur plusieurs sorties de balles très réussies, applaudissant ses joueuses et les félicitant de manière d'autant plus audible au vu du nombre de spectateurs (85).
Rafel Navarro reviendra lundi
Alors oui, la Suisse a montré de belles intentions ce vendredi, mais s'est tout de même inclinée et a peiné à se montrer percutante parfois. «On a gardé le ballon et on a eu la possession, c'est vrai, mais ce n'est pas tout ce qu'on veut, il faut être clair là-dessus. On veut être agressives, récupérer les ballons, marquer et gagner les matches. Ce soir, on a eu plus d'actions que la Belgique, mais on apprend chaque jour», a-t-il encore commenté, avant de quitter le camp d'entraînement de la Nati. Son père est en effet très souffrant et il va se rendre auprès de lui jusqu'à lundi, veille de match face au Pays de Galles.