«Vivement que le match soit passé»
Bavois accueille Servette entre excitation et inquiétude

Le FC Bavois rêve d'éliminer le grand Servette ce samedi aux Peupliers. Mais la semaine de préparatifs n'a pas été simple dans le Nord vaudois. Le président Jean-Michel Viquerat espère que tout se passe bien, à tous les niveaux. Et ne pas perdre d'argent, si possible.
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Tim GuilleminResponsable du pôle Sport

«Ça devrait être beau, ça devrait être une fête immense. Mais on ne fait que résoudre des problèmes...» Jean-Michel Viquerat était un peu (voire même très) désabusé lorsque Blick a rendu visite au FC Bavois cette semaine, alors que le club nord-vaudois préparait la réception du Servette FC. Ce n'est pas de passer du temps au terrain des Peupliers qui embête le président, bien au contraire, mais bien toutes les chicanes administratives qui accompagnent l'organisation de ce premier tour de la Coupe de Suisse.

Aux Peupliers, c'est peu dire que Jean-Michel Viquerat est chez lui. Le FC Bavois fête son 85e anniversaire cette année et «JMV» en est le président depuis... 35 ans! Mieux: son père Jean-Pierre l'a été durant 26 ans. Et la suite est déjà réglée puisque le fiston Michael, déjà très actif au club, est plus que pressenti pour prendre la succession.

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Si Jean-Michel Viquerat confond «FC Servette» et «Servette FC», ce n'est pas cette petite erreur qui va l'empêcher de dormir. En trois décennies, il en a vu d'autres, lui qui a amené son club de la 3e ligue à la Promotion League, où il se maintient depuis dix ans maintenant. Un exploit colossal pour le club d'un village de 1000 habitants, qui améliore ses installations chaque année et qui s'est imposé comme un acteur incontournable du football vaudois, voire même romand, depuis plusieurs années.

Mais voilà, le FC Bavois, s'il peut compter sur un comité costaud et un nombre impressionnant de personnes qui gravitent autour du club, a fort à faire avec toutes les contraintes liées à la Coupe. Un comité «ad hoc» s'occupe de la manifestation, mais le président est bien sûr au centre de toutes les décisions. Et c'est peu dire qu'il est chafouin cette semaine.

Les 40'000 francs de la Gendarmerie, il ne les paiera pas

Le premier objet de sa frustration, qui est également un élément d'inquiétude: la question liée aux supporters du Servette FC et à la facture de sécurité qui va avec. «La Gendarmerie m'a adressé un devis de 40'000 francs. Et je peux vous le dire, cela peut être écrit dans le journal, je l'assume: je ne paierai pas cette somme», assure-t-il. Ses deux comités et lui ont passé la semaine à installer des barrières, avec l'aide de plusieurs joueurs du club, actifs comme vétérans. La configuration particulière des Peupliers, où l'on peut accéder de tous les côtés par les champs, oblige à créer des périmètres élargis de sécurité. Cela a un coût, humain et financier. Et Jean-Michel Viquerat ne se sent soutenu ni par le Canton de Vaud, ni par l'ASF.

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Il a déjà activé plusieurs relais politique et portera sa voix personnelle lors de la prochaine réunion de la 1re ligue, l'entité qui regroupe les troisièmes et quatrièmes divisions suisses. Mais en attendant, c'est le FC Bavois qui transpire devant les contraintes jugées démesurées et l'inquiétude générées par les fans du Servette FC. «De toute façon, j'ai déjà averti tout le monde. Si ça se passe mal, s'il y a le moindre incident, je fais arrêter le match. On organise une belle fête, on se donne beaucoup de peine. Si c'est pour que tout soit démoli par des spectateurs adverses, c'est exclu.»

Le coup d'envoi était initialement prévu à 14h

Beaucoup de choses embêtent le président du FC Bavois dans cet avant-match, du manque de soutien aux demandes de la télévision en passant par l'horaire du match. «On voulait jouer à 17h. Au début, le coup d'envoi a été fixé à 14h. Un samedi... On a réussi à repousser à 15h après une semaine de mails. Ensuite, on voulait construire la tour pour la télévision en face de la tribune principale, ce qui aurait été le plus simple. Mais ça ne va pas à cause de la lumière... Des frais supplémentaires, encore.» Sans oublier l'arbitrage.

Alors, le FC Bavois va-t-il au moins rentrer dans ses frais, ce qui serait le minimum au vu des efforts engagés? «On verra. Si on a 2000 personnes et que tout se passe bien, peut-être. Mais je vous dirai ça samedi après le match.» Là, c'est sûr: que le FC Bavois ait gagné ou perdu contre Servette, Jean-Michel Viquerat sera surtout soulagé que cette semaine de folie soit terminée.

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