Servette au menu samedi!
Bekim Uka aura-t-il droit à un exploit pour ses quinze ans au FC Bavois?

En poste depuis 2011 au FC Bavois, Bekim Uka a connu deux montées avec le club nord-vaudois, qu'il a solidement établi en Promotion League. Le Servette FC va-t-il passer à la trappe samedi pour fêter les quinze ans du coach à la tête du club des Peupliers?
Bekim Uka a pris le FC Bavois en 2e ligue inter en 2011 et l'a fait monter en 1re ligue, puis en Promotion League, sans jamais redescendre.
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Tim GuilleminResponsable du pôle Sport

431 matches! Bekim Uka est devenu entraîneur du FC Bavois, en 2011. Le club des Peupliers se trouvait alors en 2e ligue inter. La montée en 1re ligue est survenue en 2013 et celle en Promotion League en 2016 après d'inoubliables finales face à Münsingen et Baden. Voilà donc dix ans que le FC Bavois, ce club d'un village de 1000 habitants, évolue sans interruption en troisième division du football suisse, ce que l'on peut aisément qualifier de miracle permanent.

Durant ces dix ans, Bâle et Bekim Uka ont affronté et battu des clubs issus d'agglomérations bien plus importantes comme Bienne, Rapperswil, Bellinzone, Kriens, Yverdon, Nyon, La Chaux-de-Fonds et Bulle, pour ne citer que ces quelques exemples-là, ce qui produit toujours son petit effet, même si le club nord-vaudois fait désormais partie du paysage, et bien plus, en Promotion League. Le voyage aux Peupliers est devenu une tradition autant qu'un passage obligé et les équipes adverses découvrent un club qui n'est de loin pas le plus riche de la division, mais arrive à attirer des joueurs notamment par le biais de places de travail dans l'entreprise du président Jean-Michel Viquerat.

De la confiance plutôt que de la pression

A Bavois, les joueurs sont également assurés de trouver une certaine stabilité puisqu'il n'a jamais été question pour le président de mettre un terme au contrat qui le lie à son entraîneur. Même lorsque le FC Bavois s'est retrouvé sous la barre, ce qui est arrivé à quelques reprises lors de ces dix ans, le président n'a pas mis une pression excessive à son coach, lequel à de son côté à chaque fois procédé à la remise en question nécessaire et indispensable pour aller chercher (et parfois arracher) le maintien.

Le bilan de ces dix saisons? Dans l'ordre: 14e, 13e, 8e, 14e, 6e, 7e, 14e, 11e, 11e et 5e la saison dernière. Jamais tout devant, jamais relégué: telle est la vie du FC Bavois dans cette ligue semi-professionnelle. Et à force, son entraîneur s'est bâti une compétence particulière et pour tout dire assez bluffante pour qui parle avec lui: il connaît, littéralement et sans exagérer, tous les joueurs de toutes les équipes de Promotion League, ainsi que de celles romandes de 1re ligue et de 2e ligue inter, des titulaires aux remplaçants, CV intégral compris. Impossible de lui parler d'un jeune joueur du Meyrin FC ou du SC Brühl sans qu'il connaisse son parcours, avec qui il a joué, et quelle est sa position préférée.

La lumière sans la chercher

Titulaire de la licence UEFA-Pro depuis 2018, Bekim Uka n'a jamais reçu d'offre venue du monde professionnel, celle qui aurait pu le faire hésiter à quitter son travail pour tenter la grande aventure du football professionnel. Cet équilibre lui convient et, ce samedi, il a une occasion de faire connaître son nom au-delà du cercle des initiés. Quelle plus belle exposition qu'éliminer l'un des clubs les plus prestigieux de Suisse? Lui, Bekim Uka, l'homme qui préfère faire parler ses actes plutôt que lui-même, pourrait entrer dans la lumière, sans l'avoir vraiment cherchée.

Il permet à Yverdon de monter en LNA, puis quitte le club dans la foulée

Un peu comme lorsqu'il était joueur d'ailleurs, lui qui est entré dans l'histoire d'Yverdon Sport le 2 juin 1993 en inscrivant un retentissant triplé à Schaffhouse lors du match qui a permis au club nord-vaudois d'accéder à la LNA pour la première fois de son histoire... alors qu'il avait été remplaçant toute la saison! Il n'a pas eu l'occasion d'accompagner Yverdon en première division et n'y officiera jamais comme entraîneur, ce qu'il accepte sans frustration. Ce qui ne veut pas dire qu'il n'a pas l'ambition de battre Servette ce samedi aux Peupliers.

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