Bien sûr, toutes et tous ne seront pas des fans aussi passionnés que ceux qui se réunissent à chaque match du FC Stade-Lausanne-Ouchy en bas à droite de la tribune principale de la Pontaise. Ceux-là sont indépassables pour ce qui est de la ferveur et de la connaissance du SLO. Mais le club vaudois aura tout de même droit à un certain soutien le 24 mai prochain à Berne, pour la finale de la Coupe de Suisse, puisqu'il annonce avoir vendu, ou offert, 7000 billets à ses sympathisants, plus ou moins éloignés. Certains assisteront à un match du SLO pour la toute première fois à cette occasion, mais, au moins, le bide est évité. Et plutôt largement.
Le geste de Pascal Roux a séduit
Le SLO avait en effet droit à 12'500 tickets pour cette finale, le même nombre que le FC Saint-Gall. Mais la ferveur populaire autour des deux clubs est bien sûr incomparable et le club vaudois a tout mis en oeuvre depuis sa qualification pour éviter que le Wankdorf soit 100% vert le 24 mai. Ainsi, Pascal Roux, sponsor et supporter du club, a-t-il décidé d'offrir de sa poche tous les billets pour les supporters âgés de 6 à 16 ans, tout en offrant t-shirts et drapeaux, mais aussi plusieurs billets, VIP ou non, à d'autres supporters. Un geste à plusieurs centaines de milliers de francs destiné à créer une véritable tribune rouge derrière le but de Leo Besson ou de Dany Da Silva le 24 mai.
En ce début de semaine, le SLO devait dire officiellement à l'ASF combien de billets il avait réussi à vendre ou à offrir. Et le chiffre que le club vaudois a communiqué est de 7000. 5500 billets ont ainsi été retournés à l'ASF.
«Nous avons 700 spectateurs de moyenne au stade. Donc en faire venir dix fois plus à Berne, c'est tout à fait acceptable. Je dirais même que c'est un très beau succès», estime Serge Duperret, vice-président du club vaudois. «Bien sûr qu'on aurait préféré avoir 12'500 supporters le 24, mais il faut être réaliste.»
L'opération initiée par Pascal Roux a-t-elle bien fonctionné? «Oui, surtout avec les clubs de l'arc lémanique, de Montreux à Nyon. Un peu moins au nord du canton», détaille-t-il. «On aurait aimé faire vivre une expérience comme ça à tout le canton, mais 7000, c'est déjà bien. Il ne faut pas être déçu de ce chiffre, au contraire.»
Les fans saint-gallois ont-ils été malins?
Reste une question: le SLO n'a-t-il pas peur que des fans saint-gallois se soient introduits dans cette opération «billet gratuit» pour les moins de 16 ans? «Non. Nous avons exigé une adresse dans le canton de Vaud. Et les billets sont à venir chercher à Lausanne cette semaine. Je n'exclus pas que certains Saint-Gallois aient trouvé un ami vaudois et nous aient berné, mais ce sera vraiment à la marge, pas un phénomène massif. On l'aurait remarqué», répond Serge Duperret. Reste à voir si ce bel optimisme est fondé ou représente ou non de la naïveté face à l'ingéniosité des fans saint-gallois pour trouver des billets et profiter de l'offre. Auquel cas le beau geste de Pascal Roux pourrait se retourner contre le SLO, ce que personne n'espère à Lausanne. Ni à l'ASF.
L'Association a d'ailleurs émis un communiqué ce mardi, rappelant que «l'accès aux tribunes réservées aux supporters n'est autorisé qu'aux personnes portant des articles aux couleurs de l'équipe concernée ou des vêtements neutres. Pour des raisons de sécurité, les personnes portant des articles aux couleurs de l'équipe adverse peuvent se voir refuser l'accès». Pour cette même raison, l'ASF ne vendra aucun billet elle-même dans la tribune réservée au SLO. Ainsi, les billets non vendus par le SLO derrière le but ne seront pas accessibles.
Par contre, l'ASF a annoncé avoir remis 2000 billets à la vente en tribunes latérales. Ceux-ci seront à disposition dès 12h mercredi sur www.ticketmaster.ch.
Le SLO pourra-t-il jouer à la Pontaise comme il l'espère?
En parallèle, les instances dirigeantes du SLO pensent aussi à l'après-finale et notamment à la qualification européenne qui s'ensuivrait. Dans la demande de licence simplifiée opérée par le club figurent deux stades: la Pontaise et la Tissot-Arena de Bienne. La priorité est bien évidemment de jouer à Lausanne, mais l'UEFA doit encore rendre son verdict concernant la mise aux normes du stade olympique. «A l’heure actuelle, nous attendons une réponse de leur part», confirme Myriam Pasche, cheffe du service des sports de la Ville de Lausanne.
Est-il raisonnable d'imaginer la Ville dépenser de l'argent pour remettre le stade olympique aux normes? «Pour rappel, le stade de la Pontaise va être transformé à terme et ne sera plus dédié à la pratique sportive. Dans cette perspective, la Ville n’a pas l’ambition d’avoir deux stades de niveau européen. Si le stade ne devait pas répondre aux normes de l’UEFA, des discussions seront menées avec le LS pour utiliser la Tuilière lors des matchs européens», répond-elle. En clair, la Ville de Lausanne ne veut pas d'un SLO à Bienne. Mais le SLO n'acceptera pas non plus de payer n'importe quel prix pour utiliser la Tuilière, si l'UEFA retoquait le stade de la Pontaise. Bref, le dossier s'annonce un brin compliqué, le cas échéant.
Ces discussions ne deviendront cependant intenses qu'après la finale, en cas de victoire. En attendant, la cheffe du service des Sports sera au Wankdorf le 24 mai, en compagnie de la municipale lausannoise Émilie Moeschler, pour soutenir les Lions et espérer les voir soulever le trophée en fin d'après-midi.