«Un stade à moitié rouge!»
Un cadeau à plusieurs centaines de milliers de francs pour le SLO

Pascal Roux, CEO de Cronos Finance, soutient le LHC et le Lausanne-Sport, mais aussi le FC Stade-Lausanne-Ouchy depuis peu. Ce passionné de sport a fait un cadeau de plusieurs centaines de milliers de francs au SLO avant sa finale de Coupe de Suisse.
Pascal Roux, sponsor du SLO, se réjouit du 24 mai.
Photo: VALENTIN FLAURAUD / VFLPIX.COM
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Tim GuilleminResponsable du pôle Sport

Pascal Roux est un amoureux du sport lausannois. Un vrai. Homme d'affaires avisé et patron de Cronos Finance, une société de gestion de patrimoine, cet énergique philanthrope soutient activement -et financièrement- le LHC et le Lausanne-Sport, mais aussi le FC Stade-Lausanne-Ouchy, depuis peu. L'Illustré et Blick l'avaient d'ailleurs rencontré voilà quelques mois dans les loges du LHC, un espace qu'il occupe à l'année pour inviter ses clients et amis à partager un moment festif pendant les matches des Lions. 

Un soutien de longue date de Serge Duperret

Aujourd'hui, c'est pour d'autres Lions, ceux du SLO, que le passionné de sport a décidé de faire un geste concret. Devenu ami avec Serge Duperret depuis leur rencontre au FC Le Mont, où son fils Marc a effectué ses juniors et sa formation de gardien de but, Pascal Roux l'a soutenu et suivi dans ses différentes étapes dans le football vaudois d'élite, que ce soit pour rendre possible l'aventure du club montain en Challenge League, mais aussi à Yverdon et désormais au SLO.

Serge Duperret, désormais vice-président du club lausannois, l'a d'ailleurs souvent déclaré: sans le soutien de l'homme d'affaires, arrivé en cours de route, Le Mont ne serait pas resté trois ans en deuxième division suisse. 

Mais Pascal Roux ne se contente pas de signer des contrats de sponsoring, il s'implique corps et âme lorsqu'il estime que le projet en vaut la peine. Et l'accession du SLO à la finale de la Coupe de Suisse ne le laisse pas insensible. «C'est un super succès sportif, qui fait honneur au sport lausannois et vaudois! Le dernier trophée soulevé par un club du canton, c'est le LS en 1999 et là, on est à 90 minutes de revivre un tel moment. C'est naturel que j'aie envie de m'impliquer», explique-t-il en toute simplicité, contacté par Blick. Son geste va toutefois lui coûter des centaines de milliers de francs, ce qu'il assume entièrement.

Un cadeau de 4000 billets à 40 francs

En clair, au vu des affluences dérisoires du SLO en Challenge League (les 700 spectateurs de moyenne indiqués sur le site de la Swiss Football League sont extrêmement généreux), et vu le contingent de places alloué par l'ASF pour la finale (12'500), le risque est grand que le SLO doive en rétrocéder une grande partie. «Et pas question de le faire sans avoir tout essayé», glisse Pascal Roux. Alors, il a décidé d'acheter et d'offrir un billet à tout jeune Vaudois de moins de 16 ans, en tablant sur 4000 demandes dans un premier temps. Le prix des billets étant de 40 francs, la première facture à sa charge est de 160'000 francs.

«Je me dis qu'en donnant cette impulsion, je peux convaincre des parents de venir. En offrant deux billets aux enfants, les parents n'ont plus que 60 francs à débourser pour un billet adulte, soit 120 francs pour un couple. Le trajet en train étant gratuit de Lausanne à Berne, aller voir la finale de la Coupe en famille coûte donc 120 francs, quatre tickets et déplacement inclus», détaille-t-il. 

Photo: VALENTIN FLAURAUD / VFLPIX.COM

Mais ce n'est pas tout. Puisqu'il ne veut pas voir le stade tout vert, la couleur de Saint-Gall («J'aime bien le vert, c'est la couleur du canton de Vaud, mais pas le 24 mai», sourit-il), il s'est également engagé à acheter 12'500 t-shirts et drapeaux aux couleurs du SLO et à les distribuer le jour de la finale. Sans connaître les coûts de production, difficile d'imaginer que le tout revienne à moins de 5 francs pièce.... De quoi enjoliver la facture, sans compter les billets VIP qu'il a déjà achetés. Et les nombreux tickets qu'il entend bien offrir aux fans du SLO les plus fidèles. Bref, la valeur du cadeau grimple à plusieurs centaines de milliers de francs. 

«C'est la finale du SLO dans son entier»

Reste une question: le peuple vaudois se mobilisera-t-il, même après ce cadeau très généreux? «Les premiers retours sont positifs», assure Serge Duperret. Les nombreux juniors du SLO (ils sont environ 600) seront en grande majorité de la partie avec leurs parents, même si, au club, le secteur professionnel et l'association qui chapeaute le secteur amateur sont séparés et entretiennent des relations, disons, assez fraîches. «On doit tous se mobiliser, c'est la finale du SLO dans son entier», enchaîne Serge Duperret. Et en ce qui concerne l'action de Pascal Roux? «On vient de débuter, mais on est déjà à 1000 demandes», explique-t-il.

Le directeur sportif Yagan Hiraç et Serge Duperret, vice-président du SLO.
Photo: Claudio de Capitani/freshfocus

Si le geste est magnifique, la logistique n'est pas simple, surtout pour le SLO, qui a énormément structuré son secteur sportif, mais n'est pas taillé en coulisses pour affronter le défi que représente l'organisation d'une finale de la Coupe de Suisse.

Une organisation très lourde

«Les gens qui travaillent dans les bureaux au SLO sont admirables, ils donnent tout et nous sommes reconnaissants de leur travail, mais ce n'est pas du tout la même chose d'organiser un match de Challenge League qu'une finale de Coupe de Suisse, la première de l'histoire du club. Nous sommes face à une montagne», reconnaît Serge Duperret.

Entre le transport, le ticketing, l'organisation générale, le SLO reçoit des nouveaux problèmes chaque jour et doit trouver le moyen de les résoudre. «Le but est que cela n'impacte pas l'équipe, ni le staff sportif», continue le vice-président du club lausannois, qui se réjouit de vivre sa première finale de Coupe de Suisse et est reconnaissant de l'aide apportée par son ami Pascal Roux.

Le SLO a désormais jusqu'au 11 mai pour faire savoir à l'ASF s'il utilise son contingent de 12'500 places en entier ou s'il en rétrocède à la Fédération suisse. Le FC Saint-Gall est impatient de connaître la réponse, car il ne fait aucun doute que les billets partiront extrêmement vite auprès de ses supporters. Même au vrai tarif. 

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