321 matches avec le Servette FC, 26 buts, 37 passes décisives et... 48 cartons jaunes. Voici les chiffres officiels de la fiche de statistiques de Timothé Cognat depuis son arrivée à Genève en 2018 et ce tout premier match, une victoire 2-0 à Aarau. Le premier carton jaune est lui survenu à son troisième match, à Wil. Pourquoi parler de cette donnée maintenant? Tout simplement car elle représente une partie de l'explication concernant le capitanat désormais attribué à l'emblématique milieu de terrain du Servette FC!
La nouvelle n'est en effet pas passée inaperçue cet été à la Praille: le «C» a quitté le bras de Steve Rouiller pour rejoindre celui de Timothé Cognat, ce qui a surpris beaucoup d'observateurs du club genevois. S'agit-il d'une concession faite au Français pour le convaincre de rester à Servette, lui qui ne cache pas ses envies de départ? L'explication est tentante, mais est réfutée tant par le joueur lui-même que par son entraîneur Jocelyn Gourvennec.
«Il sait très bien ce que le club pense de lui»
«Le brassard, ce n'est pas une manière de le séduire. Il n'a pas besoin de ça. Il sait très bien ce que je pense de lui, ce qu'au club on pense de lui, ce que les fans pensent de lui... et même vous les journalistes», assure le coach du SFC. Pas de séduction, donc, mais une volonté de le «responsabiliser encore davantage au coeur du jeu», selon les propres termes de Jocelyn Gourvennec.
«Et ça lui donne de la légitimité auprès du corps arbitral, parce que jusqu'à présent, à chaque fois qu'il parlait avec l'arbitre, il prenait un carton, parce qu'il n'y a que le capitaine qui a le droit de le faire», enchaîne le Breton, en référence à la saison dernière.
Trop de jaunes pour protestation
Suspendu pour deux rencontres pour accumulation de jaunes, Timothé Cognat en a reçu neuf au total. Six pour des fautes, un pour conduite anti-sportive et deux pour réclamations. «Avoir le brassard lui permet de s'exprimer et ça change beaucoup de choses pour lui, il peut échanger avec l'arbitre de manière officielle, il ne peut plus être sanctionné pour donner son avis. Je ne dis pas qu'il n'a pas exagéré parfois par le passé, mais je pense qu'il y a aussi eu un peu d'abus de l'autre côté.» Ce qui ne l'a pas empêché de déjà prendre un jaune cette saison, pour une faute en deuxième mi-temps contre Grasshopper.
Mais désormais, les choses sont cadrées, la légitimité de Timothé Cognat assurée. Y compris avec les adversaires, d'ailleurs. «L'idée, c'est aussi de créer la relation dans les matches avec Anto Grgic, Leonardo Bertone, Xherdan Shaqiri, tous ces capitaines qui sont au coeur du jeu. Comme Timo désormais. Pour moi, ce n'est pas un détail», estime Jocelyn Gourvennec.
Un bon match contre GC avant la Coupe
Après un début de saison poussif contre Bâle et à Zurich, Timothé Cognat est monté d'un cran contre Grasshopper, ce qui réjouit son entraîneur. Au-delà de ses deux passes décisives, qui ne sont pas anecdotiques, le Lyonnais est apparu plus concerné et plus impactant. «Il est monté d'un cran, je suis d'accord, il a vraiment pris les choses en main au coeur du jeu avec Pedro Naressi.» Et chaque jour qui passe l'éloigne d'un départ.

