Le FC Stade-Lausanne-Ouchy a choisi Bienne et son terrain synthétique pour se préparer à affronter Saint-Gall dimanche au Wankdorf. «Les deux terrains sont presque similaires», explique Hiraç Yagan, le directeur sportif du SLO. Alors que les employés du club lausannois s’activent en coulisses pour distribuer les milliers de billets vendus ou offerts par le sponsor Pascal Roux, les joueurs et le staff ont eux quitté toute l’agitation de la Pontaise pour se préparer au calme, loin de toutes sollicitations.
Combien de fans saint-gallois «infiltrés»?
Le SLO a en effet énormément de travail pour satisfaire aux exigences de l’ASF et la vente des billets a été très loin d’être un fleuve tranquille. Afin d’éviter que le stade soit vert ce dimanche, Pascal Roux a décidé de faire un (très gros) geste et d’offrir des milliers de billets, mais la logistique n’a pas été évidente à mettre en place et il se pourrait bien que des malins fans saint-gallois en aient profité, même s’il fallait une adresse vaudoise et se déplacer à la Pontaise pour venir chercher le ticket. «Mais c’est marginal, j’en suis sûr», contre le vice-président Serge Duperret. A voir dimanche. Le SLO s’active d’ailleurs toujours pour distribuer un dernier contingent de billets et remplir au maximum son secteur.
L'horaire des entraînements a été décalé
Loin de cette agitation, les joueurs et le staff s’habituent donc au synthétique sur la pelouse de la Tissot-Arena et se sont mis «en mode finale» depuis jeudi. Une mise au vert de trois nuits, avec un dernier entraînement samedi au Wankdorf avant la grande finale de dimanche, dès 14h. Dalibor Stevanovic, qui craignait un peu cet horaire inhabituel, a d’ailleurs décalé les entraînements ces dernières semaines, les faisant passer du matin à l’après-midi pour que les organismes de ses joueurs s’habituent à produire leur effort à ce moment de la journée. Et pour les motiver encore plus, un son très réussi vient les accompagner sur le chemin de la finale.
Ces mêmes joueurs s’apprêtant pour la plupart à vivre leur premier très grand événement sportif en carrière, décision a été prise de les mettre dans les meilleures dispositions possibles, alors que leurs collègues de Challenge League sont déjà en vacances. Le président et propriétaire Vartan Sirmakes passera leur dire bonjour d’ici à dimanche, mais sans en faire trop. «Je ne veux pas être pesant», glisse-t-il, lui qui n’était pas au stade lors de la demi-finale victorieuse face à GC (2-0). «J’avais un repas avec des clients à Genève. Mais je me tenais au courant du score, j’avais le téléphone sur la table, mes invités étaient très compréhensifs», sourit-il. Lorsqu’il a vu que le SLO tenait la victoire, il a foncé à Lausanne pour aller féliciter les joueurs. «Je suis arrivé à temps pour les saluer, vu que les supporters de GC avaient retardé les festivités», sourit-il. Très très loin d’être un président interventionniste, l’Arménien sera avec sa famille au Wankdorf ce dimanche, mais il n’y a aucune chance de le voir aller aux vestiaires pour mettre la pression à son staff ou aux joueurs. «Vous me connaissez bien mal si vous imaginez ça», éclate-t-il de rire.
Si le SLO a déjà éliminé trois Super League (Lucerne, Winterthour, GC), il n’a échappé à personne du côté des Lions que Saint-Gall est d’un calibre largement supérieur aux trois formations battues à la régulière. Deuxièmes de Super League, les hommes d’Enrico Maassen ont déjà réussi leur saison, mais veulent évidemment remporter la Coupe. «Ils l’ont déjà perdue deux fois, donc deux proverbes s’opposent. D’un côté, on dit ‘Jamais deux sans trois’. J’espère que ce proverbe-là va l’emporter. Parce que l’autre c’est ‘Alle gute Dinge sind drei’ et cela voudra dire qu’on a battu trois équipes de première division, mais pas une de plus», fait remarquer Vartan Sirmakes, très attentif à ces signes du destin.
Le retour de l'Europe à la Pontaise?
En ce qui concerne la suite, c'est-à-dire la qualification pour le deuxième tour de l'Europa League en cas de victoire ce dimanche, des dispositions pour jouer à la Pontaise ont déjà été prises. Si l'UEFA demande des travaux pour le mettre aux normes et que la Ville de Lausanne en juge le coût prohibitif, alors il faudra songer à l'exil. La Ville de Lausanne aimerait que ce soit à la Tuilière, Hiraç Yagan préférerait Bienne. Evidemment, pas question de s'énerver avant la finale pour une question qui reste hypothétique... mais qui deviendrait bien concrète à 16h ou 17h dimanche.
3-4-3 ou 4-3-3?
Dans l’idéal, Dalibor Stevanovic aurait abordé cette finale dans son 4-3-3 habituel, celui qui lui a permis de performer contre les équipes de Super League en Coupe, mais aussi de battre les meilleures équipes de Challenge League en championnat (Vaduz, Aarau, Yverdon). Mais voilà, Johan Nkama s’est blessé. «Et je n’ai personne pour le remplacer poste pour poste au même niveau de qualité», indique le Slovène, qui a donc décidé de changer de système à l’approche de cette finale. Le SLO a disputé ses derniers matches en 3-4-3, avec le surpuissant Issa Kaloga au poste de piston droit. Saint-Gall l’a bien sûr noté, mais Dalibor Stevanovic garde le mystère pour la finale. «Nous pouvons jouer aussi bien à quatre qu’à trois», fait-il remarquer pour brouiller les pistes. Vivement dimanche!