Le buteur au cœur de l'ouragan
Folarin Balogun n'est citoyen américain que par hasard

Contrairement à Donald Trump et Gianni Infantino, l'attaquant américain gracié Folarin Balogun n'est pas un homme aux grandes phrases. Voici pourquoi il se voit lui-même comme un cosmopolite et pourquoi il n'est né à New York que par hasard.
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Balogun, le meilleur attaquant américain, ouvre le score face à la Bosnie...
Photo: IMAGO/ZUMA Press Wire
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Stefan Kreis

Chaque fois que Donald Trump (80 ans) et Gianni Infantino (56 ans) se retrouvent ensemble, la scène tourne à la parodie. C'était déjà le cas juste après l'attribution de la Coupe du monde aux États-Unis, quand les deux hommes rivalisaient de superlatifs pour se féliciter mutuellement de leur «grandeur». Trois semaines après le coup d'envoi du tournoi, rien n'a changé. Et cette fois, c'est la grâce présidentielle accordée au meilleur attaquant américain, Folarin Balogun (25 ans), qui marque le nouveau sommet de ce spectacle involontairement comique.

Balogun, principal intéressé dans cette affaire, doit lui-même avoir du mal à y croire. Formé au centre de formation d'Arsenal, il joue au football depuis l'enfance et connaît la règle: un carton rouge entraîne automatiquement une suspension pour le match suivant. Pourtant, grâce à l'intervention de Trump, il pourra bel et bien disputer la rencontre de cette nuit, à 2 heures, face à la Belgique.

Balogun n'est Américain que par un coup du sort

Ironie de l'histoire: Balogun n'est citoyen américain que par hasard. Peu avant sa naissance, ses parents, Ben et Florence, se rendent à New York. Mais au moment de repartir, la compagnie aérienne refuse d'embarquer Florence, alors en fin de grossesse. Le couple est donc contraint de rester sur place, et c'est ainsi que Folarin naît à Brooklyn. Or, aux États-Unis, toute personne née sur le sol américain obtient automatiquement la nationalité du pays, quelle que soit celle de ses parents. C'est cette même règle — le fameux «droit du sol» — que Trump souhaite justement abolir.

Pour Florence Balogun, cette naissance relève du destin. Elle confie à ESPN que ce séjour aux États-Unis et la naissance de son fils là-bas l'ont profondément marquée, à tel point qu'elle avait déjà décidé, bien avant que Folarin ne soit en âge de choisir lui-même un pays, qu'il porterait un jour le maillot américain.

Balogun aurait pourtant pu représenter deux autres nations: le Nigeria, pays d'origine de ses parents, ou l'Angleterre, où il a porté le maillot des Three Lions de la catégorie M17 à la catégorie M21. Mais depuis juin 2023, il évolue bien sous les couleurs des États-Unis. Dès son deuxième match international, il devient un héros national en inscrivant le but de la victoire contre le Canada, en finale de la Ligue des nations de la CONCACAF.

Lors des seizièmes de finale de cette Coupe du monde contre la Bosnie, c'est encore lui qui met les États-Unis sur la voie du succès. Mais il est expulsé en cours de match après avoir touché, avec beaucoup de force mais sans intention de blesser, la cheville d'un adversaire. Ce carton rouge n'est que le troisième de la carrière du joueur — un joueur pourtant peu réputé pour son manque de fair-play, lui qui, sous le maillot de l'AS Monaco, avait déjà fait de l'ombre à un certain Breel Embolo. Une expulsion qui, elle, fera sans doute encore parler d'elle dans dix ans.

Pas un homme de grandes déclarations

Contrairement à Infantino et Trump, Balogun n'est pas du genre à se mettre en avant. Sur son compte Instagram, il n'est question que de football: le joueur de 25 ans protège scrupuleusement sa vie privée, et même dans ses rares interviews, il ne parle pratiquement que de son métier. Interrogé sur la question de savoir s'il se sent anglais, nigérian ou américain, il répond simplement: «Cosmopolite». Autrement dit: citoyen du monde.

Une réponse qui tranche nettement avec la vision nationaliste et isolationniste de Donald Trump. Et c'est bien là toute l'ironie de cette histoire: le président américain vient de gracier, au nom du football national, un joueur qui ne se reconnaît lui-même dans aucune nation en particulier. Une contradiction qui résume, à elle seule, le côté absurde de cette Coupe du monde.

Coupe du monde 2026 – Groupe A
Équipe
J.
DB.
PT.
1
Mexique
Mexique
3
6
9
2
Afrique du Sud
Afrique du Sud
3
-1
4
3
République de Corée
République de Corée
3
-1
3
4
République Tchèque
République Tchèque
3
-4
1
Playoffs
Groupe B
Équipe
J.
DB.
PT.
1
Suisse
Suisse
3
4
7
2
Canada
Canada
3
5
4
3
Bosnie-Herzégovine
Bosnie-Herzégovine
3
-1
4
4
Qatar
Qatar
3
-8
1
Playoffs
Groupe C
Équipe
J.
DB.
PT.
1
Brésil
Brésil
3
6
7
2
Maroc
Maroc
3
3
7
3
Écosse
Écosse
3
-3
3
4
Haïti
Haïti
3
-6
0
Playoffs
Groupe D
Équipe
J.
DB.
PT.
1
Etats-Unis
Etats-Unis
3
4
6
2
Australie
Australie
3
0
4
3
Paraguay
Paraguay
3
-2
4
4
Turquie
Turquie
3
-2
3
Playoffs
Groupe E
Équipe
J.
DB.
PT.
1
Allemagne
Allemagne
3
6
6
2
Côte d´Ivoire
Côte d´Ivoire
3
2
6
3
Equateur
Equateur
3
0
4
4
Curaçao
Curaçao
3
-8
1
Playoffs
Groupe F
Équipe
J.
DB.
PT.
1
Pays-Bas
Pays-Bas
3
6
7
2
Japon
Japon
3
4
5
3
Suède
Suède
3
0
4
4
Tunisie
Tunisie
3
-10
0
Playoffs
Groupe G
Équipe
J.
DB.
PT.
1
Belgique
Belgique
3
4
5
2
Egypte
Egypte
3
2
5
3
Iran
Iran
3
0
3
4
Nouvelle-Zélande
Nouvelle-Zélande
3
-6
1
Playoffs
Groupe H
Équipe
J.
DB.
PT.
1
Espagne
Espagne
3
5
7
2
Cap Vert
Cap Vert
3
0
3
3
Uruguay
Uruguay
3
-1
2
4
Arabie Saoudite
Arabie Saoudite
3
-4
2
Playoffs
Groupe I
Équipe
J.
DB.
PT.
1
France
France
3
8
9
2
Norvège
Norvège
3
1
6
3
Sénégal
Sénégal
3
2
3
4
Irak
Irak
3
-11
0
Playoffs
Groupe J
Équipe
J.
DB.
PT.
1
Argentine
Argentine
3
7
9
2
Autriche
Autriche
3
0
4
3
Algérie
Algérie
3
-2
4
4
Jordanie
Jordanie
3
-5
0
Playoffs
Groupe K
Équipe
J.
DB.
PT.
1
Colombie
Colombie
3
3
7
2
Portugal
Portugal
3
5
5
3
République Démocratique du Congo
République Démocratique du Congo
3
1
4
4
Ouzbékistan
Ouzbékistan
3
-9
0
Playoffs
Groupe L
Équipe
J.
DB.
PT.
1
Angleterre
Angleterre
3
4
7
2
Croatie
Croatie
3
0
6
3
Ghana
Ghana
3
0
4
4
Panama
Panama
3
-4
0
Playoffs
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