Le 'pride game', ou 'match des fiertés' en français, avait été annoncé depuis des mois, mais ce vendredi à Seattle, il fallait pourtant bien le chercher aux alentours du stade. La ville du nord-ouest des Etats-Unis accueille pourtant la gay pride ce week-end et, avant le tirage au sort, le comité d'organisation avait décidé que la rencontre du vendredi serait associé aux festivités. Le tirage au sort, ce coquin, avait réservé l'Iran et l'Egypte aux organisateurs, ce qui ne les a pas fait reculer, mais tout de même jeté un certain froid tant les gouvernements de ces deux pays ne sont pas à la pointe de la tolérance dans le domaine.
Les drapeaux LGBT étaient acceptés dans le stade
Les deux délégations avaient d'ailleurs prévenu la FIFA: pas de «signe ostentatoire» dans le stade, sans quoi elles se disaient prêtes à quitter l'enceinte aussi sec, ce qui restait encore à voir. Mais Gianni Infantino a rassuré tout ce petit monde: ce n'était pas la FIFA qui organisait ce 'match des fiertés', mais bien le comité local. Et celui-ci n'a aucune influence sur le protocole de ce qui se passe dans le stade. En dehors, par contre, dans l'espace public, chacun fait ce qu'il veut dans le respect de la loi. Dans le stade, les drapeaux LGBT étaient cependant acceptés, même sans appellation officielle de 'match des fiertés'.
Alors, bien sûr, il était particulièrement intéressant de se rendre assez tôt au match pour se rendre compte par soi-même de ce que cet événement allait donner. Et là, il faut bien le dire, le 'match des fiertés' s'est dégonflé. Si la gay pride était bien visible dans le reste de la ville, les alentours du stade n'avaient rien d'arc-en-ciel, ou si peu. Quelques drapeaux LGBT étaient accrochés à des barrières, et des poignées d'hommes et de femmes l'arboraient sur les épaules, c'est à peu près tout. Les supporters égyptiens et iraniens passaient à côté dans une indifférence polie. «Je suis né à Téhéran, je suis arrivé à Los Angeles voilà dix ans. Si notre peuple était homophobe, on aurait un gros problème en vivant aux Etats-Unis», sourit Madjeed, qui n'a aucun problème à aborder le sujet.
«Chacun son combat»
«Je pense que le régime iranien est très fâché par cette opération et ils sont sérieux quand ils disent que le match sera interrompu s'il y a des démonstrations LGBT dans le stade. Mais je dis cette phrase cent fois par semaine: le peuple iranien, ce n'est pas son gouvernement.» Se verrait-il porter le drapeau LGBT? «Ce n'est pas mon combat. Chacun le sien. Moi je combats le régime iranien. Je ne soutiens pas la cause homosexuelle, mais je ne la combats pas non plus. J'y suis indifférent», lâche-t-il sans sourciller.
Autour de Madjeed, une bonne centaine d'Iraniens se sont réunis. Comme lors des deux premiers matches à Los Angeles, ils sont vêtus d'un t-shirt représentant le drapeau iranien avec le lion et le soleil, c'est-à-dire l'emblème en vigueur avant la révolution islamique. Avec véhémence, ils dénoncent le régime des mollahs, responsable selon eux de plus de 40'000 morts, au bas mot. Nadia fait partie de la foule, elle ne veut pas dire où elle habite, mais elle est citoyenne américaine, née en Iran. «D'habitude je porte le voile. Mais aujourd'hui, non. Pas quand je proteste contre le régime. Je n'ai même pas de billet pour le match, le football ne m'intéresse pas. Mais chaque occasion est bonne pour rappeler que ces gens sont des terroristes.»
L'hymne national iranien sera passablement sifflé avant le match, comme à Los Angeles, mais les joueurs seront eux acclamés, même s'ils sont les visages sportifs du régime. Toute l'ambivalence est là, assumée par les supporters iraniens en exil.
Devant le stade, toujours aussi peu de drapeaux LGBT à l'horizon, mais, à quelques dizaines de mètres de l'une des entrées, voilà un homme très revendicatif. Bible à la main, il proclame que «l'homosexualité est un péché» et appelle à la «guérison». Plusieurs personnes passant à côté l'insultent et lui proposent de se la coincer, sans aller au contact physique. La plupart des spectateurs s'éloignent sans un mot, gênés. On essaie d'engager la conversation. Impossible. L'homme continue de prévenir les homosexuels de l'enfer qui les attend aprs leur vie. La police locale le surveille de loin, sans intervenir. On leur pose la question concernant la teneur des propos de l'homme. «Liberté d'expression», nous répond le «cop», d'humeur pas très causante après avoir vu l'accréditation «médias» autour de notre cou.
Des fans égyptiens passent devant l'homme, sans le regarder. On leur pose la question de ce 'match des fiertés'. «Ce n'est pas un débat pour nous. Nous sommes établis aux Etats-Unis», expliquent ces trois amis, qui ont environ entre trente et quarante ans. «Posez la question aux officiels. Nous, en ce qui nous concerne, tout le monde est le bienvenu dans les stades»., évacuent-ils. Une pancarte associant le drapeau LGBT à celui de l'Egypte fera elle le tour de la planète un peu plus tard, après avoir été captée par des photographes.
A quelques pas de ce petit groupe, des supporters égyptiens et des badauds non identifiés brandissent le drapeau de la Palestine et crient «Free Gaza», juste devant un stand promettant «les meilleurs hot-dogs de Seattle». Les fans des Pharaons, très bruyants et fervents, se sont cependant bien plus fait remarquer pour leurs encouragements envers leur équipe que pour leurs combats politiques ce vendredi. L'ambiance mise dans le Lumen Field a été impressionnante par moment, les fans de «Masr» étant une bonne dizaine de milliers.
Au final, chacun avait ses revendications et ses combats, ce vendredi en marge de ce match entre l'Egypte et l'Iran. Elles se sont croisées, se sont superposées parfois, mais sans jamais s'affronter. Ah, et il y a eu un match de foot, au passage. Score final, 1-1.
Équipe | J. | DB. | PT. | ||
|---|---|---|---|---|---|
1 | Mexique | 3 | 6 | 9 | |
2 | Afrique du Sud | 3 | -1 | 4 | |
3 | République de Corée | 3 | -1 | 3 | |
4 | République Tchèque | 3 | -4 | 1 |
Équipe | J. | DB. | PT. | ||
|---|---|---|---|---|---|
1 | Suisse | 3 | 4 | 7 | |
2 | Canada | 3 | 5 | 4 | |
3 | Bosnie-Herzégovine | 3 | -1 | 4 | |
4 | Qatar | 3 | -8 | 1 |
Équipe | J. | DB. | PT. | ||
|---|---|---|---|---|---|
1 | Brésil | 3 | 6 | 7 | |
2 | Maroc | 3 | 3 | 7 | |
3 | Écosse | 3 | -3 | 3 | |
4 | Haïti | 3 | -6 | 0 |
Équipe | J. | DB. | PT. | ||
|---|---|---|---|---|---|
1 | Etats-Unis | 3 | 4 | 6 | |
2 | Australie | 3 | 0 | 4 | |
3 | Paraguay | 3 | -2 | 4 | |
4 | Turquie | 3 | -2 | 3 |
Équipe | J. | DB. | PT. | ||
|---|---|---|---|---|---|
1 | Allemagne | 3 | 6 | 6 | |
2 | Côte d´Ivoire | 3 | 2 | 6 | |
3 | Equateur | 3 | 0 | 4 | |
4 | Curaçao | 3 | -8 | 1 |
Équipe | J. | DB. | PT. | ||
|---|---|---|---|---|---|
1 | Pays-Bas | 3 | 6 | 7 | |
2 | Japon | 3 | 4 | 5 | |
3 | Suède | 3 | 0 | 4 | |
4 | Tunisie | 3 | -10 | 0 |
Équipe | J. | DB. | PT. | ||
|---|---|---|---|---|---|
1 | Belgique | 3 | 4 | 5 | |
2 | Egypte | 3 | 2 | 5 | |
3 | Iran | 3 | 0 | 3 | |
4 | Nouvelle-Zélande | 3 | -6 | 1 |
Équipe | J. | DB. | PT. | ||
|---|---|---|---|---|---|
1 | Espagne | 3 | 5 | 7 | |
2 | Cap Vert | 3 | 0 | 3 | |
3 | Uruguay | 3 | -1 | 2 | |
4 | Arabie Saoudite | 3 | -4 | 2 |
Équipe | J. | DB. | PT. | ||
|---|---|---|---|---|---|
1 | France | 3 | 8 | 9 | |
2 | Norvège | 3 | 1 | 6 | |
3 | Sénégal | 3 | 2 | 3 | |
4 | Irak | 3 | -11 | 0 |
Équipe | J. | DB. | PT. | ||
|---|---|---|---|---|---|
1 | Argentine | 3 | 7 | 9 | |
2 | Autriche | 3 | 0 | 4 | |
3 | Algérie | 3 | -2 | 4 | |
4 | Jordanie | 3 | -5 | 0 |
Équipe | J. | DB. | PT. | ||
|---|---|---|---|---|---|
1 | Colombie | 3 | 3 | 7 | |
2 | Portugal | 3 | 5 | 5 | |
3 | République Démocratique du Congo | 3 | 1 | 4 | |
4 | Ouzbékistan | 3 | -9 | 0 |
Équipe | J. | DB. | PT. | ||
|---|---|---|---|---|---|
1 | Angleterre | 3 | 4 | 7 | |
2 | Croatie | 3 | 0 | 6 | |
3 | Ghana | 3 | 0 | 4 | |
4 | Panama | 3 | -4 | 0 |


