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Ali Kabacalman et Benjamin Kololli (à droite) se sont préparés en altitude à Crans-Montana pour préparer la nouvelle saison.
Photo: Claudio de Capitani/freshfocus

Les confessions d'Ali Kabacalman
«J'étais persuadé que j'étais capable de jouer en Super League»

Alors qu'il entrera sur la pelouse brassard au bras ce jeudi pour son tout premier match de Coupe d'Europe, Ali Kabacalman savoure sa satisfaction d'avoir réussi sa carrière sur le tard. A 30 ans, il donne enfin la pleine mesure de son potentiel. Interview.
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Alain Kunz

Le FC Sion entame sa campagne européenne ce jeudi face au BATE Borisov. Brassard au bras, Ali Kabacalman disputera à cette occasion son premier match sur la scène continentale à 30 ans, ce qui n'était de loin pas un scénario envisagé lorsqu'il a été contraint de quitter Yverdon Sport en 2023. Interview avec un joueur arrivé sur le tard en Super League, mais qui y a pleinement trouvé sa place.

Ali Kabacalman, comment abordez-vous cette saison dont l’objectif a déjà été atteint la saison précédente? Le FC Sion avait planifié l'Europe pour l'été 2027... et vous voilà déjà en Azerbaïdjan ce jeudi soir!
Ali Kabacalman:
En plaçant la barre un peu plus haut, tout simplement. Nous pouvons encore nous améliorer, que ce soit en championnat ou en Coupe. Nous voulons donc terminer parmi les trois premiers et remporter la Coupe. On connaît l’importance de la Coupe pour le Valais.

Comment abordez-vous ce match aller face au BATE Borisov?
Nous voulons absolument remporter ce match afin d’être en bonne position pour le match retour à Tourbillon. Et entre les deux, on pensera à YB. Un grand match nous attend, sur le terrain d'une équipe qui veut se racheter après une saison dernière ratée.

Ali Kabacalman en personne

Ali Kabacalman est né le 27 septembre 1995 à Lausanne, fils d'immigrés turcs d'origine kurde. Il a obtenu son diplôme de commerce à l'école de commerce. Il a fait ses débuts au groupement juniors Ouest Lausanne, puis à Stade-Lausanne-Ouchy. Il évolue ensuite à Monthey, à Azzurri 90 LS, au Lausanne-Sport, à Chiasso, à Rapperswil-Jona et à Yverdon, avant de rejoindre Sion en juillet 2023. Il est promu en Super League avec Lausanne et Yverdon, mais aucun des deux clubs ne lui propose de contrat pour cette division. Il est également promu avec Sion, où il obtient enfin sa chance en Super League. En mars 2025, il devient capitaine du FC Sion, succédant ainsi à Reto Ziegler, Numa Lavanchy et Joël Schmied. Il vit avec sa compagne au Bouveret et est père de deux jeunes enfants.

Ali Kabacalman, a prolongé son contrat avec le club valaisan jusqu'en 2028.
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Ali Kabacalman est né le 27 septembre 1995 à Lausanne, fils d'immigrés turcs d'origine kurde. Il a obtenu son diplôme de commerce à l'école de commerce. Il a fait ses débuts au groupement juniors Ouest Lausanne, puis à Stade-Lausanne-Ouchy. Il évolue ensuite à Monthey, à Azzurri 90 LS, au Lausanne-Sport, à Chiasso, à Rapperswil-Jona et à Yverdon, avant de rejoindre Sion en juillet 2023. Il est promu en Super League avec Lausanne et Yverdon, mais aucun des deux clubs ne lui propose de contrat pour cette division. Il est également promu avec Sion, où il obtient enfin sa chance en Super League. En mars 2025, il devient capitaine du FC Sion, succédant ainsi à Reto Ziegler, Numa Lavanchy et Joël Schmied. Il vit avec sa compagne au Bouveret et est père de deux jeunes enfants.

Sion reste sur une immense humiliation en Europe face à Suduva Marijampole en 2017. Blick a classé cette défaite à la première place des plus grandes humiliations du football suisse de ces 20 dernières années…
Je m’en souviens vaguement. Nous voulons réaliser une grande performance. Il n’y a pratiquement pas eu de changements dans notre équipe cet été, et nous nous connaissons tous. Nous savons exactement comment jouer. C’est un avantage.

L’entraîneur de l’époque, Paolo Tramezzani, avait déclaré que certains joueurs ne joueraient plus jamais sous ses ordres.
Sion était clairement le grand favori... et a perdu 3-0! Cela explique ce genre de réactions, je pense.

Lorsque vous êtes arrivé au FC Sion en 2023, Sion était un club instable, qui faisait le spectacle au mercato, mais était pitoyable sur le terrain...
Vu de l’extérieur, l’image était différente, c'est vrai. Mais la relégation a finalement fait du bien au club. Elle lui a permis de se restructurer et de gagner en stabilité. C’est un élément essentiel. On le constate aussi au plus haut niveau: le PSG conserve un effectif soudé et remporte deux Champions League de suite. À l’inverse, Liverpool bouleverse son effectif durant le mercato et passe de champion à cinquième. Le directeur sportif Barthélémy Constantin a énormément appris et a beaucoup progressé dans ses fonctions. Notre coach Didier Tholot incarne la continuité. Les joueurs aussi.

Et vous aussi! Parce que le FC Sion est devenu un club très sage depuis votre arrivée. Une simple coïncidence?
Peut-être (rires). Mais ce qui est bien plus important, c’est d’avoir recruté principalement des joueurs suisses qui partagent la même mentalité, le même état d’esprit. Auparavant, il y avait beaucoup d’étrangers qui, pour le dire de manière un peu exagérée, se moquaient des résultats.

Vous montez en Super League avec Yverdon... mais vous vous retrouvez mis à la porte! Un souvenir très douloureux?
Oui. Surtout que j'avais presque 28 ans. Mais la nouvelle direction ne voulait pas prolonger les contrats, ce qu’on nous a annoncé à la dernière minute.

On ne vous croyait pas capable de jouer un rôle dans l’élite.
Oui. C’était difficile mentalement. Et puis vous vous retrouvez à la rue et vous ne trouvez pas de club pendant des semaines…

Et puis vous atterrissez à Sion, vous enchaînez les matchs et, à 27 ans, vous devenez un titulaire incontestable et un leader en Super League. Alors que vous n'y aviez jamais joué!
J'étais persuadé que j’étais capable de jouer en Super League. L’occasion ne s’était tout simplement pas encore présentée. Mais très honnêtement, je trouve ce qu’a accompli Thoune bien plus fascinant que ma propre carrière. La majorité de l’équipe n’avait encore jamais joué en Super League – et voilà qu’ils deviennent champions! Ce qui prouve que lorsqu’on a la conviction nécessaire, tout est possible dans la vie.

Votre nouvelle vie à Sion semble vous convenir...
Oui. Lors de notre première saison en Super League après la montée, nous avons tout de même traversé une période compliquée. Les supporters sont exigeants, et le président n’hésite pas à dire franchement ce qu’il pense lorsque les choses ne vont pas. Il est donc préférable que ce genre de passage à vide ne s’éternise pas, car à la longue, cela finit par peser sur le moral.

Vous-même, vous n’êtes pas du genre exubérant...
Non. Je suis plutôt quelqu’un de calme et réservé. Dans l’équipe, il y a suffisamment de joueurs qui prennent volontiers la parole, comme Benjamin Kololli ou Numa Lavanchy. Mais eux non plus ne sont pas du genre à en faire trop. Pour ma part, je préfère montrer l’exemple sur le terrain. Et lorsque l’entraîneur préfère ne pas intervenir, je vais parler au joueur concerné. Je fais le lien entre le staff et l’équipe.

Vous avez tout de même fait les gros titres en ratant ce penalty à Thoune... Vous regrettez votre panenka?
On a beaucoup exagéré cette histoire et je trouve les critiques injustifiées. Si j’avais marqué ce penalty, nous aurions mené 2-0, d'accord, mais rien ne garantit que nous aurions gagné, comme je l'ai lu et entendu à tort. La preuve: les deux matches suivants, on menait 2-0... et on n'a pas gagné. Et puis, je n’ai pas tenté ce penalty par arrogance. J’étais simplement convaincu que cette manière de le tirer était la meilleure option.

Mais l’affaire s’est terminée dans le bureau du président.
Oui. Mais il n’était pas en colère, il s’est montré très correct. Et j’ai bien réagi. Cette discussion a été suivie d'effets positifs.

Tout de même, la saison dernière, vous n’avez converti que trois penalties sur six. Pas terrible...
C’est vrai, malheureusement. Mais je ne suis pas le seul tireur.

Quel événement vous a le plus marqué dans votre vie?
La naissance de mes enfants.

Quel âge ont-ils?
Deux ans et demi et un mois.

Vous dormez donc peu en ce moment?
C’est vrai. Mais en me levant au milieu de la nuit, je peux au moins regarder un match de Coupe du monde ou deux! C’est l’avantage (rires).

Le nom Kabacalman est unique dans le monde du football. D’où vient-il?
Mes parents sont kurdes de Turquie

Vous avez donc la double nationalité?
Oui. Je suis né et j’ai grandi à Lausanne.

Et vous avez donc appris l’allemand à l’école. A quel point est-ce nécessaire en tant que capitaine en Valais, un canton bilingue?
Ce n'est pas obligatoire (sourire). L'allemand n’est pas ma langue. Je l’ai apprise à l’école, mais j’ai tout oublié. C’est une langue difficile!

Et vos cinq petits mois à Rapperswil n’ont pas aidé non plus?
Non, il y avait trop de joueurs qui parlaient français.

Quoi qu’il en soit, vous avez prolongé votre contrat avec Sion jusqu’en 2028. La proposition est-elle venue du club?
Oui. Mais je voulais aussi rester. C’était logique dans la continuité de notre histoire commune.


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