«Même à 0-7 on serait venus»
Quinze heures de bus pour croire en l’exploit du FC Sion

Plus de 800 supporters du FC Sion sont attendus ce jeudi soir à Amsterdam. Dix ans après leur dernière épopée européenne, les Valaisans veulent croire à l’improbable face à l’Ajax.
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Nolan et Dany vivent leur premier déplacement européen avec le FC Sion.
Photo: DR
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Bastien FellerJournaliste Blick

Les supporters du FC Sion prennent peu à peu leurs quartiers à Amsterdam. Depuis mercredi, ils affluent par centaines vers la capitale néerlandaise. Ils devraient être plus de 800, ce jeudi soir, dans les travées de la Johan Cruijff ArenA pour pousser Didier Tholot et ses joueurs vers un improbable exploit. D’ailleurs, y croient-ils malgré leur retard de deux buts à la suite du match aller?

«On a tout à gagner, répond Olivier, venu de Morgins, via Genève, ce jeudi matin. On n’a plus rien à perdre. Même à 0-7 on serait venus. Mais on sait jamais, on va essayer, on va tenter. Je pense que si Sion marque d’entrée de jeu, il pourrait créer des doutes dans la tête des Néerlandais, qui pensent avoir déjà obtenu leur qualification avant même de jouer.»

«C’est exceptionnel de se dire qu’on est là»

Même son de cloche chez son cousin Pierre, lui aussi habitué à suivre le FC Sion à travers l'Europe. «Cela fait dix ans qu’on attend ce moment. On était à Bordeaux, à Braga, à Liverpool, à Marseille. Dès que Sion est en Europe, on est au taquet. On va donc revivre ça. Ce ne sera peut-être qu’un match, alors on va profiter de ce dernier match. Et si l’aventure continue, on profitera aussi des prochains.»

Olivier et Pierre retrouvent avec joie les déplacements européens avec le FC Sion.

Avec eux, Olivier et Pierre ont emmené la nouvelle génération de supporters du FC Sion, celle qui vit son premier déplacement européen. C’est le cas, entre autres, de Nolan et Dany. «C’est assez exceptionnel de se dire qu’on est là, à Amsterdam, avec toute l’équipe de Sion. C’est assez difficile à croire, mais c’est cool», sourit le premier nommé, un maillot des années 90 sur les épaules. «Même si on a perdu le match chez nous, cela fait quand même plaisir d’être là. Avant, c’était par exemple mon père qui faisait les déplacements européens. Maintenant, c’est mon tour. Il y a de la fierté: c’est mon club et mon canton.»

Dix ans après

Les deux amis ont fait quinze heures de bus pour rejoindre les Pays-Bas et repartiront directement après le coup de sifflet final. «Après la victoire face au FC Noah, on s’est dit qu’on allait regarder comment organiser ça. Au début, on voulait prendre l’avion. Puis, quand on a vu les prix, on s’est dit qu’on allait peut-être laisser tomber», rigole Dany, qui a tout de même trouvé le moyen de rejoindre Amsterdam sans trop se ruiner. «Finalement, on a vu que des bus étaient organisés pour moins cher. On s’est dit: “Allez, c’est parti!” Cela nous fera une expérience et il faut en profiter.»

Sur la place du Dam, les maillots rouges, encadrés par un important dispositif policier visant à empêcher une échauffourée comme celle survenue à Sion jeudi dernier, continuent d’affluer à mesure que la rencontre approche. «C’est un peu comme lorsque l’on était à Bordeaux, se souvient Pierre, un drapeau valaisan sur les épaules. Je pense que l’on était 1500 là-bas. Les gens ont envie de revivre ça. Ils se disent que cela fait dix ans qu’ils attendent de retrouver l’Europe et que, tout à coup, on y est.» À eux, désormais, de tout donner depuis les tribunes pour aider leur FC Sion à prolonger l'aventure européenne.

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