Si le début de saison du FC Sion peut facilement être qualifié de réussi, tant en championnat (six points sur neuf) que dans les différentes coupes (qualification pour les barrages de Conference League et pour le 2e tour de la Coupe de Suisse), il l'est moins dans la manière dont les Valaisans abordent leurs rencontres. En cause: la tendance des Valaisans à être davantage dans la réaction que dans l'action.
Menés 1-0 à Sumgayit face au BATE Borisov, ils reviennent à 1-1. Menés 2-0 par Young Boys après 40 minutes lors de la première journée, ils recollent à 2-2 avant de finalement s'incliner 4-2. Vaduz prend deux fois l'avantage à Tourbillon, mais Sion s'impose à la 94e. Face au FC Noah, même scénario: les Sédunois sont menés à deux reprises, à l'aller comme au retour, avant d'arracher un nul (2-2), puis une victoire (2-1). Même en Coupe de Suisse face à Chiètres, les joueurs de Didier Tholot ont dû réagir après l'égalisation surprise des joueurs de deuxième ligue.
Un problème mental?
«C’est peut-être un problème mental», se demandait Ali Kabacalman, capitaine du FC Sion, après la victoire face aux Arméniens jeudi dernier. «Cette saison, c’est vrai qu'on a pratiquement été menés lors de tous les matches. À part contre Lucerne et le BATE Borisov au retour. C’est un truc qu’on doit corriger et qu’on doit améliorer.»
«On a peut-être besoin d’être un peu provoqués par l’adversaire. Je ne sais pas», se demandait quant à lui Jan Kronig quelques minutes plus tard. Ce qui est certain, c'est qu'un faux départ face à l'Ajax jeudi à Tourbillon pourrait coûter très cher. «Le caractère, c'est bien, mais cela ne suffirait pas», lançait le défenseur central. Et justement, ce mercredi, en conférence de presse d'avant-match, Didier Tholot relevait entre autres une qualité des Néerlandais: leur capacité à bien commencer les rencontres. Affronter un adversaire de ce calibre peut-il justement pousser les Valaisans à être pleinement dans leur match dès la première minute?
«Si on avait la recette magique...»
«Non, peu importe l'adversaire, on se prépare pour être prêts dès la première minute. L'histoire des matches veut que, de temps en temps, on prend un but au début. On essaie de l'éviter, mais c'est comme dans tout, si tu essaies absolument d'éviter quelque chose coûte que coûte, peut-être que tu vas quand même le subir et tu ne pourras pas l'expliquer. Si on avait une recette magique pour bien commencer les matches et marquer après cinq minutes, je pense qu'on serait champions depuis un bon moment», souligne Numa Lavanchy.
Pour Didier Tholot, ces entames de rencontre ratées tiennent davantage à des faits de match. «Ce n'est pas forcément qu'on a mal débuté les matches, mais plutôt qu'on a parfois connu des éléments contraires. Peut-être que le surplus de motivation, de concentration et de détermination lié à un grand match peut justement permettre d'éviter certaines situations. Parfois, ça tient à un petit geste qui fait qu'au lieu de finir au fond, le ballon termine à côté», souffle-t-il, lui qui estime que son équipe devra être à «120 ou 130% pour passer ce tour».
Face à l'Ajax, les Valaisans seraient donc bien inspirés de ne pas attendre d'être dos au mur pour montrer leur meilleur visage.
