Sion balayé par l'Ajax
«On a appris que le foot est très difficile à ce niveau»

Éliminé par l’Ajax après avoir encaissé neuf buts en deux matches, le FC Sion mesure le chemin qui le sépare du très haut niveau. Didier Tholot envisage déjà une adaptation tactique.
Battu à Amsterdam, Sion ne jouera pas la phase de ligue de la Conference League.
Photo: IMAGO/ANP
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Bastien FellerJournaliste Blick

«On a appris que le foot est très difficile à ce niveau. Tu arrives deux mètres en retard et c’est fini. Même un mètre ou trente centimètres, c’est déjà trop. Ils exploitent immédiatement les failles. Tu as l’impression de maîtriser et de ne pas être en danger, puis, en deux passes, ils se retrouvent avec un joueur seul à l’entrée des seize mètres et c’est but. C’est très difficile à défendre», explique Numa Lavanchy, résigné, dans les travées de la Johan Cruijff ArenA, après le revers 5-3 du FC Sion face à l’Ajax, synonyme d’élimination des Coupes d’Europe.

À Amsterdam, les Sédunois ont rapidement été menés. Trop rapidement même, puisque les Ajacides étaient déjà devant au score après 35 secondes. La suite de la rencontre a été marquée par une nette domination néerlandaise (26 tirs à 11, 15 cadrés à 4) et quatre autres réussites. De quoi porter le total à neuf sur l’ensemble de la double confrontation et, surtout, à 20 toutes compétitions confondues depuis le début de la saison. Un mal récurrent, en somme.

Didier Tholot doit-il «sacrifier» un attaquant?

«Je pense que nous sommes un peu trop gentils. Nous avons été aspirés et nous nous sommes fait prendre dans notre dos. Il y a pas mal de choses que nous devons analyser. Mais tout n’est pas à jeter dans ce match. Il faut qu’il nous serve pour la suite. Nous sommes tombés sur une équipe qui, à mon avis, ne sera peut-être pas loin d’aller très loin dans cette compétition. Nous avons réussi à lui marquer cinq buts, mais nous en avons encaissé beaucoup trop», regrette Didier Tholot, qui laisse ouverte la possibilité d’une adaptation tactique afin de rendre son équipe moins friable défensivement. Face à l’Ajax, un adversaire évidemment supérieur à ceux qu’il rencontre habituellement, son milieu de terrain a pris l’eau, un peu de la même manière qu’à Berne en première période (4-2), à la fin du mois de juillet.

Photo: keystone-sda.ch

«Cela ne résoudra pas tout, mais un milieu à trois peut entrer dans la réflexion. Il y a également eu de très bonnes entrées en fin de match. Je pense que Fodé (Sylla) a réalisé une très bonne entrée, tout comme Donat (Rrudhani). Cela devra en tout cas être pris en compte», explique-t-il, ouvrant ainsi la porte à la sortie du onze de l’un de ses deux attaquants: Winsley Boteli ou Rilind Nivokazi. Reste à voir si la venue de Lugano, dimanche à Tourbillon, apportera un premier élément de réponse, même si se passer du premier nommé semble osé au vu de sa forme actuelle.

«Il y a deux ans et demi, nous allions à Schaffhouse et à Baden»

Cette élimination n’est donc pas une tragédie pour le club valaisan, qui était loin de partir favori. «Il ne faut pas oublier qu’il y a un peu plus de deux ans et demi, nous allions à Schaffhouse et à Baden (ndlr: Sion s’y était encore imposé 0-3 en avril 2024 avec six joueurs titulaires à Amsterdam). Aujourd’hui, nous affrontons l’Ajax. Cela signifie que ce club progresse», poursuit le Bordelais. L’objectif du club est désormais de revivre les mêmes émotions la saison prochaine.

«C’est pour cela que nous jouons au football et que nous voulons être professionnels: pour évoluer dans de tels stades, connaître de telles ambiances et nous mesurer à ce genre de joueurs», lance Numa Lavanchy. Pour espérer revivre ces soirées, Sion devra toutefois commencer par retrouver une solidité défensive. Dès dimanche contre Lugano, à Tourbillon.

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