Et si la saison victorieuse du SLO avait véritablement débuté le 25 mai 2025? Ce jour-là, Grasshopper M21 se déplace à Meyrin pour le premier match des finales de 1re ligue et Hiraç Yagan se trouve aux Arbères. Comme d'habitude, le directeur sportif du SLO scrute tous les joueurs potentiellement susceptibles d'intéresser son équipe. Et il tombe sur le match du gardien de but zurichois, Laurent Seji, alors âgé de 20 ans. Contrairement à d'autres dirigeants du football suisse, Hiraç Yagan aime se déplacer dans les stades de séries intérieures et bien lui en a pris encore sur ce coup-là. Il note le nom du jeune gardien kosovar de GC, se renseigne les jours suivants, puis observe son évolution les mois suivants, notamment à Rapperswil. Et voilà quelques semaines, il passe à l'action et décide d'en faire le numéro 1 du SLO pour cette saison.
Quatre matches sans prendre de but
Ce choix, basé exclusivement sur le scouting, porte déjà ses fruits. Le Zurichois dégage un charisme impressionnant et, malgré son inexpérience, fait partie des hommes forts du SLO depuis le début de la saison de Challenge League. Le club vaudois atteint d'ailleurs cette trêve en position de leader, avec quatre victoires consécutives sans encaisser le moindre but! Deux fois de manière souveraine à la Pontaise (Carouge 3-0, Wil 4-0) et deux fois à l'extérieur (Kriens 2-0) et Yverdon (0-0). Laurent Seji a été impérial lors de ces matches, notamment dimanche dernier au Stade Municipal, mais aussi face à Carouge, où il repousse un penalty de Cleilton Itaitinga alors que le score est encore de 0-0 à ce moment-là. La série d'invincibilité est de 360 minutes, tout pile, car le SLO a encaissé le but du 1-1 dans les arrêts de jeu à Winterthour.
Si le SLO marche sur la Challenge League au terme de ce premier tour (six victoires, trois nuls, aucune défaite), il le doit à son impressionnant secteur offensif et à la vitesse qu'il met dans ses attaques. Le jeu collectif est rodé, les automatismes déjà là et les recrues bien intégrées. Mais derrière, le SLO est costaud aussi, et sa défense le prouve depuis le début de la saison. Trois buts encaissés en neuf matches, voilà une statistique qui a de l'allure.
Face à Yverdon, les Stadistes ont évolué à dix dès la 55e minute et l'expulsion justifiée de Théo Bouchlarhem. Mais ils ont tenu bon, leur 3-4-2-1 se transformant en 5-3-1, avec Bastien Conus passant dans le couloir gauche pour le boucler et une organisation solide. Issa Kaloga a suppléé le plus offensif Cobel Sow dans le couloir droit et le SLO a tenu bon pendant quarante minutes, ramenant au final un point très précieux pour rester invaincu avant la trêve et empêcher YS de revenir au classement. Un match nul qui pourrait peser lourd au décompte final, même si la ligne d'arrivée est encore très loin.
Un trio défensif très costaud
Si le SLO est discret médiatiquement, ce relatif anonymat n'empêche pas ses joueurs de se mettre en valeur aux yeux des observateurs les plus attentifs ou des fans les plus fidèles. Si les supporters stadistes connaissaient déjà Nicolas Sutter et Theo Barbet, les deux rugueux défenseurs centraux, ils ont découvert récemment Djamal Moussadek. Arrivé cet été, le musculeux Marocain, passé par Le Havre, Le Mans, Villefranche et Versailles notamment, fait très mal dans les duels et les attaquants adverses l'ont très vite repéré, eux qui évitent désormais de traîner dans sa zone (il joue central droit) autant que possible. Lavdrim Hajrulahu fait office pour l'heure de quatrième homme dans cette défense à trois et représente bien sûr un recours plus que crédible lorsque les inévitables suspensions et blessures vont arriver dans ce secteur de jeu très performant.
Et comme devant, Nehemie Lusuena et Bastien Conus courent pour quatre, le SLO peut se permettre d'avoir des ailes offensives. Elles sont pour l'heure occupées par Théo Bouchlarhem (qui sera suspendu lors du premier match après la trêve) et Cobel Sow, mais Issa Kaloga va vite redevenir un candidat crédible.
Dalibor Stevanovic, un coach convoité
A vrai dire, il existe aujourd'hui peu de raisons de douter de ce SLO sur le long terme, tant l'équipe est bien construite et le contingent équilibré. Les approches de clubs de Super League pour Dalibor Stevanovic peuvent-elles déstabiliser ce bel édifice? Hiraç Yagan et son entraîneur slovène en parlent régulièrement ensemble et, si l'intérêt supposé du FC Bâle repose plus sur des discussions entre agents que sur du concret, il se pourrait que Grasshopper passe lui rapidement (et véritablement) à l'action. Mais vaut-il mieux jouer la montée avec cet enthousiasmant SLO ou le maintien avec ce souffreteux GC? La question se pose peut-être et, si elle devait trouver une réponse positive pour les Sauterelles, alors le SLO pourrait avoir un problème. Mais ce sont bien là les seuls nuages -et encore, ils sont hypothétiques pour l'heure- qui pourraient venir assombrir un ciel tout bleu.
Équipe | J. | DB. | PT. | ||
|---|---|---|---|---|---|
1 | FC Stade-Lausanne-Ouchy | 9 | 14 | 21 | |
2 | FC Winterthour | 9 | 11 | 18 | |
3 | Yverdon Sport FC | 9 | 5 | 16 | |
4 | SC Kriens | 9 | 5 | 14 | |
5 | FC Aarau | 9 | -2 | 12 | |
6 | Neuchatel Xamax FCS | 9 | -5 | 12 | |
7 | FC Rapperswil-Jona | 9 | -1 | 10 | |
8 | Etoile Carouge FC | 9 | -4 | 9 | |
9 | FC Wil | 9 | -6 | 9 | |
10 | FC Stade Nyonnais | 9 | -17 | 2 |