Son 250e match avec le SLO
Dalibor Stevanovic, l’ascension maîtrisée

Dalibor Stevanovic va fêter son 250e match sous les couleurs du FC Stade-Lausanne-Ouchy ce vendredi face à Xamax. Son directeur sportif Hiraç Yagan dévoile les dessous d’une reconversion réussie pour l’ancien milieu de terrain, devenu d’abord assistant, puis coach principal.
Le Slovène compte 82 matches comme entraîneur principal du SLO, lui qui a appris son métier successivement avec Meho Kodro, Anthony Braizat et Ricardo Dionisio Peireira.
Photo: keystone-sda.ch
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Tim GuilleminResponsable du pôle Sport

250 matches, dont une finale de Coupe de Suisse! Dalibor Stevanovic est arrivé à l’été 2020 au FC Stade-Lausanne-Ouchy, à l’initiative du directeur sportif Hiraç Yagan, lequel se rappelle parfaitement du premier contact. «On cherchait un entraîneur pour succéder à Andrea Binotto et Meho Kodro était un profil idéal. Je l’avais eu comme coach à Servette et j’avais beaucoup aimé son approche, même s’il ne me faisait pas jouer», se remémore l’ancien défenseur dans un sourire.

Après en avoir parlé avec le big boss Vartan Sirmakes, il décide alors de l’appeler, mais demande à Dalibor Stevanovic, son ancien coéquipier à Nyon, de faire le lien, principalement en raison de la langue. «C’est exactement ce qui s’est passé. Je ne parlais pas bien espagnol, une langue que Dalibor et Meho ont en commun, en plus de venir tous deux d’ex-Yougoslavie. L’idée qu’ils travaillent ensemble, avec Meho comme coach principal, est venue très vite, mais il fallait que tout le monde soit convaincu, Vartan y compris. ‘Dado’ était encore joueur à Nyon et il fallait bien gérer cette fin de carrière et être sûr que ça colle entre eux.»

Tout s’est très vite et très bien passé, le Slovène et sa maîtrise du français déjà très correcte, faisant le lien entre le vestiaire et le technicien bosnien dans le vestiaire. Et lui, Dalibor Stevanovic, apprenant le métier d’entraîneur dans l’ombre d’un grand monsieur du football.

Trois entraîneurs avec des profils différents

«C’était sa première expérience sur un banc et il a beaucoup appris. Sur lui-même aussi. Mais il a beaucoup pris de Meho aussi», assure Hiraç Yagan, très content de son idée. L’ancien avant-centre du Barça était le patron, mais ‘Dado’ joue son rôle, tout comme il le fera avec les deux coaches suivants, Anthony Braizat et Ricardo Dionisio Pereira. «Il a aussi beaucoup appris avec eux. L’avantage, c’est que ce sont trois techniciens avec des profils différents. Il a pu prendre ce qui lui plaisait, et aussi remarquer ce qui lui plaisait moins, pour se forger sa propre personnalité», continue Hiraç Yagan.

Photo: Pius Koller

Alors, quand au sortir d’une défaite à Bellinzone en septembre 2024, Ricardo Dionisio Pereira profite du long trajet de retour pour faire son introspection et décider que l’heure est venue de tourner la page et de rentrer au Portugal, le directeur sportif estime que l’heure est venue de nommer le Slovène en tant que numéro 1. «J’avais le sentiment qu’il était prêt et Vartan aussi. Dalibor le sentait également. C’était le moment juste.» Les premiers résultats donnent raison au duo arménien à la tête du SLO et l’évidence est là: Dalibor Stevanovic n’est plus l’adjoint idéal, mais un entraîneur principal prêt à exercer dans un club professionnel.

«Avec le recul, c’était une bonne idée, bien sûr. Mais il fallait passer par ces quatre ans comme adjoint, même si on peut penser que c’était long dit comme ça. Dalibor a eu un parcours de joueur riche en expériences dans plusieurs pays, mais il devait se construire comme entraîneur. Il a eu le temps de le faire en quatre saisons, il a eu le temps de trouver son style», enchaîne Hiraç Yagan, lequel aime donner du temps à ses entraîneurs, selon une philosophie propre au SLO. Et surtout, à la Pontaise, tout n’est pas remis en cause après une défaite, ni même trois ou cinq. Le temps long importe plus à Vartan Sirmakes que le court terme, ce qu’il a souvent prouvé.

La remise en question tactique

Ainsi, la saison dernière, alors que le SLO marchait sur tout le monde en Coupe de Suisse (trois Super League éliminées: Winterthour, Lucerne et GC) et battait régulièrement les équipes de tête en Challenge League (Vaduz, Aarau, Yverdon), mais que le club lausannois peinait face aux équipes de bas de tableau, perdant beaucoup trop de points contre les équipes classées de 6 à 10, pas question de mettre la pression sur l’entraîneur. «On a beaucoup parlé avec ‘Dado’ et avec le président, on a cherché les causes de ce manque de constance et de percussion contre les équipes a priori à notre portée. Et on en est arrivés à la conclusion que plusieurs joueurs arrivaient en fin de cycle, froidement. Cela a été dur émotionnellement de devoir nous séparer de plusieurs d’entre eux, mais on avait besoin de rafraîchir l’effectif.» Changer les joueurs plutôt que le coach, soit à peu près tout le contraire de ce que fait une équipe d’habitude. La preuve qu’au SLO, un entraîneur a le temps de travailler.

Photo: keystone-sda.ch

«Mais attention, il s’est remis en question aussi. A trois matches de la finale de la Coupe de Suisse contre Saint-Gall, il a décidé de changer complètement de système tactique et de passer à trois défenseurs centraux. C’était un vrai risque. Il en est arrivé en partie à cette conclusion à cause de blessures de joueurs majeurs, mais aussi parce qu’il en ressentait le besoin. Et depuis, pas grand monde ne l’a remarqué, mais on n’a plus perdu un seul match, à part la finale de la Coupe!», fait observer Hiraç Yagan. Les trois derniers matches de la saison dernière, plus les douze de celle en cours, Coupe compris: le SLO n’a en effet plus connu la défaite depuis quinze rencontres, Saint-Gall mis à part bien sûr.

«Un jour, il sera amené à partir»

Alors que son nom circule dans de nombreux clubs depuis plusieurs semaines (Celje, Bâle, Lucerne, Lausanne, GC), à des degrés plus ou moins concrets ou fantaisistes selon les cas, le Slovène est bel et bien toujours fidèle au SLO, où il fêtera ce vendredi face à Xamax son 250e match, dont 83 comme coach principal (41 victoires, 19 nuls, 22 défaites, 1,73 point de moyenne). «Un jour, il sera amené à partir et il subira plus de pression ailleurs, que ce soit de la part du public, de l’environnement et de ses dirigeants, c’est une évidence», admet Hiraç Yagan. Sera-t-il prêt à le faire ? «Oui, sans aucun doute. De par son parcours de joueur et de coach, de par son caractère et par où il est passé au niveau privé, qui l’a endurci, il est prêt, je n’ai aucun doute. Et on sera très fiers de lui.» Mais avant, il y a un boulot à finir au SLO, que ce soit en championnat en mai prochain ou en Coupe de Suisse dans un avenir proche, avec ce très excitant huitièmes de finale face à Sion au mois de décembre.

Challenge League 2026/27
Équipe
J.
DB.
PT.
1
FC Stade-Lausanne-Ouchy
FC Stade-Lausanne-Ouchy
10
17
24
2
Yverdon Sport FC
Yverdon Sport FC
10
7
19
3
FC Winterthour
FC Winterthour
10
8
18
4
SC Kriens
SC Kriens
10
5
15
5
Neuchatel Xamax FCS
Neuchatel Xamax FCS
10
-2
15
6
FC Aarau
FC Aarau
10
-3
12
7
FC Rapperswil-Jona
FC Rapperswil-Jona
10
-4
10
8
FC Wil
FC Wil
10
-6
10
9
Etoile Carouge FC
Etoile Carouge FC
10
-6
9
10
FC Stade Nyonnais
FC Stade Nyonnais
10
-16
5
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