«Une décision inique, sans précédent et inacceptable qui jette le discrédit sur le football africain.» La Fédération sénégalaise n'avait pas attendu pour critiquer la décision du jury d'appel de la Confédération Africaine de Football de retirer, deux mois après la finale de la CAN, le titre gagné par les Lions de la Teranga pour l'attribuer au Maroc. Cette décision, qui sera contestée devant le TAS, a fait couler beaucoup d'encre, notamment dans la presse sénégalaise.
«Scandaleux» et «Ri-di-cule» sont des mots qui reviennent souvent dans la Une des journaux locaux. «Le Quotidien», lui, avance: «La CAF a les pieds dans le tapis vert». «La Blague du siècle», dénonce le journal «Le Soleil», tandis que «Walf Quotidien» parle d'une «grosse farce continentale». De son côté, RTS Sénégal rend hommage à ses champions. «Hier, certains ont voulu réécrire l’histoire, mais la vérité reste gravée à jamais. Ce sacre, nous l’avons vécu, ressenti, célébré.»
«Ce n'est pas le 1er avril»
La presse étrangère était aussi très surprise par cette décision. «Incroyable! Non, ce n'est pas le 1er avril, mais le 17 mars. Ce n'est pas une blague», écrit «La Gazzetta dello Sport». «Les conséquences tombent deux mois plus tard », souligne le journal allemand «Spiegel». En Angleterre, BBC Sport commente: «Le football africain est plongé dans le chaos, transformant la finale en bataille de juristes.»
Autre son de cloche dans la presse marocaine. «La CAF rend justice au Maroc et sauve le football africain de la réédition de comportements anti-jeu, écrit site le360 Sport. Plus qu’un simple verdict, il s’agit d’un signal fort adressé à l’ensemble du continent.» Certains supporters sont ainsi descendus dans la rue pour célébrer le titre.
«Infantino se permet tout»
Ancien sélectionneur du Sénégal, Claude Le Roy se lâche. «Derrière tout ça, il y a plein de magouilles, plein de tambouilles. confie-t-il à «L'Equipe». C'est pitoyable pour l'image que donne encore la CAF. Mais je crois que cette décision, hélas pour ce continent que j'aime tant, va faire rire toute la planète football.» Et le consultant de la chaîne L'Equipe de poursuivre: «J'ai souvent parlé d'Infantino qui se considère comme le Trump du football africain, qui pense qu'il a tous les droits, qu'il dirige les phases finales. En Afrique, il se permet tout.»
Dans les rues de Dakar, c'était bien évidemment la colère qui prédominait. «C'est une honte. Une CAN, ça se gagne sur le terrain et on l'a gagnée, on l'a méritée. A aucun moment le Maroc n'a marqué un but», fulmine une assistante comptable de 25 ans, interrogée par l'AFP. «C'est une sacrée gifle, renchérit Marc Diop, 50 ans, employé dans une banque. Tout le monde a constaté que sur le terrain, c'est une victoire nette et sans bavure du Sénégal.» «La corruption a fini par l'emporter», conclut un supporter sénégalais.