Le commentaire de Myret Zaki
Trump a échoué à la pompe. Et c'est fatal

L'échec, pour Donald Trump est d'avoir laissé les prix de l'essence flamber durant huit mois, estime notre journaliste Myret Zaki. Pour les Américains, c'est impardonnable. Au président le plein de superlatifs, aux Américains les réservoirs et portemonnaies à sec.
Donald Trump a plombé le porte-monnaie des Américains, notamment à la pompe, selon notre journaliste Myret Zaki.
Photo: BLICK
DSC03380.png
Myret ZakiJournaliste Blick

Il avait annoncé la fin des guerres. Promis le retour des usines. Et surtout, juré de rendre aux Américains leur pouvoir d'achat. Avec Donald Trump, la réalité a été repeinte en superlatifs.

Mais la peinture s'est écaillée au contact du réel. Le boom manufacturier américain se fait toujours attendre. Le monde connaît un record de conflits armés. Et autant la victoire éclatante claironnée par Trump en Iran prête à discussion, autant la flambée des prix du carburant, elle, est bien réelle.

Seul le pouvoir d'achat ne s'est pas envolé

Depuis le déclenchement de la guerre en Iran, fin février 2026, l'essence a flambé de 40% aux Etats-Unis. Après avoir franchi les 4 dollars le gallon en avril, elle est restée à des niveaux élevés pendant près de huit mois. Début novembre, les automobilistes américains payaient encore leur carburant 43% plus cher qu'avant la guerre. Mais c'est aussi le prix du logement, de l'électricité et de l'alimentation qui s'est envolé. Seul le pouvoir d'achat, lui, est cloué au sol.

Ceci dit, pas tout le monde ne s'est appauvri en Amérique. Les plus fortunés ont bénéficié des politiques économiques de Trump et de l'envolée boursière. Donald Trump lui-même en a profité pour améliorer sa situation: selon Forbes, sa fortune personnelle a gonflé de 2,7 milliards de dollars depuis 2024 à la faveur de la présidence. A défaut de faire ruisseler la richesse, il lui a fait remonter le courant jusqu'à lui.

Le problème du 47e président américain, c'est que plus personne ne le croit. Y compris certains de ses fidèles de la première heure. Désormais, plus de la moitié des électeurs déclarent que leurs finances personnelles se sont détériorées depuis son retour à la Maison Blanche.

Le président qui fait boum, et puis pschiiit

Sa parole s'est déconnectée des réalités jusqu'à rompre avec elle. Un peu comme les actions hautement spéculatives qui explosent en bourse, avant le krach, Trump a fait boum, et puis pschiiit.

Mais c'est bêtement à la pompe à essence que les promesses du président sont le plus spectaculairement parties en cendres. Car une dernière étincelle d'espoir pouvait encore rallumer la flamme de sa popularité en voie d'extinction: la promesse de faire baisser le prix du carburant.

Seulement voilà: en allant craquer son allumette en Iran, le président a mis le feu au marché pétrolier. Et voilà que l'homme qui promettait de faire le plein de prospérité doit expliquer pourquoi faire le plein coûte si cher. Lui qui se rêvait en pompier du pouvoir d'achat, il en devient le pyromane.

Bref, le président aura beau souffler sur les braises, ses superlatifs partent en fumée, surtout face à la froide réalité de la station-service. Là, seuls parlent les chiffres qui défilent au compteur. A Trump le plein de superlatifs, aux Américains le réservoir (et le portemonnaie) à sec.

Articles les plus lus