Un commentaire de Richard Werly
La Gen Z française nous dit m....

La colère des lycéens français, que personne n'avait anticipé, confirme la sécession et le ras-le-bol d'une partie de la jeunesse. Et pas seulement en France.
Richard Werly revient sur la colère des lycéens en France.
Photo: DR

En bref

Généré par l’IA, vérifié par la rédaction
  • La Génération Z française exprime sa colère dans les lycées, dénonçant les inégalités, les promesses non tenues et les réformes qui pourraient aggraver leur avenir.
  • Un enseignant affirme, dans «Le Grand continent» que l'interdiction des portables en classe est au cœur de cette frustration.
  • La Gen Z française, confrontée à un futur incertain marqué par l'IA et la précarité, demande des projets ambitieux et concrets. .
Richard Werly
Richard WerlyJournaliste Blick

Arrêtons de disserter. Pas la peine de se casser la tête. L'explosion de colère dans les lycées français n'est pas si différente des protestations massives de la Gen Z, cette «Génération Z», dans des pays aussi lointains que le Népal, Madagascar ou l'Indonésie.

Vous allez me dire que je déraille. Que le quotidien des lycées français, même lorsqu'ils sont abîmés ou qu'ils ont leurs toilettes bouchées, n'a rien à voir avec ce qui se passe sous ces latitudes. Certains ajouteront peut-être, vu de Suisse, que nos voisins ont, dès le plus jeune âge, l'explosion de colère et la revendication faciles. Soit. Mais prenons juste un peu de recul. Regardons les pancartes brandies, assez souvent, à côté de drapeaux palestiniens. Lisons les slogans, en oubliant les phrases insultantes pour Emmanuel Macron, cet ex-disrupteur détesté de la génération qui a grandi sous sa présidence. Que voyons-nous? Une liste d'accusations portées contre nous, parents ou grands-parents. Une liste de griefs contre nos aveuglements, notre incapacité à penser autrement, notre attachement à de grands principes d'égalité et de méritocratie – sans cesse répétés en France – bafoués par la réalité de tous les jours.

La Gen Z française est furieuse, affirme un enseignant anonyme dans «Le Grand Continent», parce qu'elle ne peut plus utiliser son téléphone portable en classe. Vraiment? Si c'est juste et que ce n'est pas une manière de discréditer cette mobilisation, alors réfléchissons. Le quotidien de ces lycéens est déjà dicté, dans les faits, par l'intelligence artificielle qui irrigue leurs appareils électroniques et leurs logiciels de travail, d'étude ou d'accession à l'université. Demain, l'IA transformera la plupart d'entre eux en travailleurs jetables, susceptibles à tout moment d'être remplacés par un programme plus rapide, plus compétent et bien moins fatigant à écouter.

Un second cerveau

Logique, dans ce contexte, de les voir considérer leurs portables comme un second cerveau. D'autant que ce cerveau électronique leur permet, en temps réel, de comptabiliser les promesses non tenues par les gouvernements, les patrons ou les enseignants, mais aussi de savoir – dans le cas français – combien d'argent est dépensé par les régions pour les lycées. Puis à s'interroger en conséquence sur l'état de ces derniers. Deux clics, et la question est évidente: a-t-on bien dépensé ces dizaines de milliards d'euros?

Emmanuel Macron aura été, plus que beaucoup d'autres, le président des promesses. Il promettait la rupture avec l'économie d'hier. Il promettait de rendre la France attractive (ce qu'il a partiellement fait). Il promettait de réformer le pays, enkysté dans un Etat-providence en faillite.

Champ de ruines

Le résultat? La Gen Z tricolore contemple un champ de ruines à la fin de son second mandat. Elle redoute que le ciel de réformes imposées par les créanciers de la France lui tombe sur la tête demain, après la présidentielle de mai 2027. Elle ne veut pas payer les pots cassés. Elle aimerait un projet d'avenir simple à comprendre et alléchant comme une vidéo TikTok. Elle n'en peut plus des médias traditionnels qu'elle ne regarde pas. Elle en a marre de nous écouter. Elle juge, malgré l'horreur terroriste du Hamas, que les Palestiniens sont broyés et méritent d'être défendus. Elle aime qu'on lui parle de combat contre les inégalités et de révolution (encore) possible.

Bref, elle nous dit m... Compris?

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