La chronique d'Yvan Pahud
Le déni a assez duré, votons la réalité!

Pour sa première chronique, le conseiller national UDC (VD) Yvan Pahud défend l'initiative durabilité. Il assure que cette dernière aborde la question de l'immigration avec pragmatisme et responsabilité.
Photo: Blick
Yvan Pahud
Yvan PahudConseiller national & Chroniqueur Blick

La Suisse traverse une période où la question de l’immigration doit être abordée avec pragmatisme et responsabilité. Il ne s’agit pas de fermer notre pays, mais de retrouver une maîtrise raisonnable de la croissance démographique afin de préserver notre qualité de vie, notre cohésion sociale et nos ressources.

Chaque année, la Suisse accueille près de 100'000 habitants supplémentaires, soit l’équivalent de la population du canton du Jura. Une telle croissance exerce une pression croissante sur le logement: les loyers augmentent, l’offre peine à suivre la demande et la classe moyenne en paie directement le prix.

Cette pression s’exerce également sur notre territoire. Chaque seconde, un mètre carré de terre agricole disparaît sous le béton. Tous les deux jours, c’est l’équivalent d’une exploitation agricole qui est sacrifiée. Peu à peu, nos paysages, nos espaces verts et nos terres cultivables cèdent la place à une urbanisation toujours plus dense.

Logements, écoles et transports sous pression

On nous parle de pénurie de main-d’œuvre et de la nécessité d’accueillir davantage de travailleurs étrangers. Pourtant, le marché de l’emploi envoie des signaux inquiétants. Près de 260'000 personnes sont aujourd’hui à la recherche d’un emploi. Les jeunes peinent à entrer dans la vie professionnelle, tandis que de nombreux travailleurs de plus de 50 ans rencontrent d’importantes difficultés à retrouver un poste après un licenciement. Dans ce contexte, il est légitime de valoriser l’emploi local et de faire des travailleurs résidant en Suisse une priorité.

Parallèlement, cette croissance démographique exige toujours plus de logements, d’écoles, de transports, d’hôpitaux et de prestations publiques. Ces investissements massifs exercent une pression croissante sur les finances publiques et, en fin de compte, sur les contribuables.

Le secteur des soins illustre parfaitement les limites de la politique actuelle. On affirme souvent que l’immigration est indispensable pour combler la pénurie de personnel soignant. Pourtant, parmi les quelque 100'000 nouveaux arrivants chaque année, seuls 1000 travaillent dans ce domaine, alors que cette même croissance démographique génère un besoin estimé à 2500 soignants supplémentaires. Autrement dit, l’immigration ne résout pas le problème: elle contribue aussi à l’alimenter. C’est une spirale sans fin.

Garantir à la population la sécurité

La sécurité constitue également une préoccupation légitime. Depuis 2019, la criminalité a fortement progressé en Suisse: +48% d’homicides, +43% de violences graves, +106% de viols, +50% de vols à l’étalage et +76% de cambriolages de véhicules. En seulement quelques années, le sentiment de sécurité de nombreux citoyens s’est dégradé.

Rappelons également que plus de 70% des détenus dans les prisons suisses sont de nationalité étrangère. Sans tomber dans les amalgames ni les généralisations, il serait irresponsable d’ignorer les défis qu’une immigration importante et insuffisamment maîtrisée peut engendrer en matière de sécurité. Une politique migratoire responsable doit tenir compte de cette réalité afin de garantir à la population la sécurité à laquelle elle a droit.

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Au fond, la question est simple: voulons-nous continuer à maîtriser notre avenir ou subir une croissance que nous ne contrôlons plus?
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Face à ces enjeux, l’initiative pour la durabilité propose de retrouver une croissance démographique compatible avec les capacités réelles d’accueil de notre pays. Environ 40'000 personnes par an pourraient continuer à s’installer en Suisse, permettant ainsi de répondre aux besoins de l’économie tout en préservant nos infrastructures, notre environnement et notre qualité de vie.

Subir une croissance que nous ne contrôlons plus?

Une croissance durable suppose des limites raisonnables. La Suisse doit pouvoir déterminer elle-même le rythme de son développement en fonction de ses capacités et de ses intérêts à long terme. Préserver notre prospérité, notre cohésion sociale, notre sécurité et nos paysages, c’est préserver ce qui fait la force de notre pays.

Car au fond, la question est simple: voulons-nous continuer à maîtriser notre avenir ou subir une croissance que nous ne contrôlons plus?

Ne rien faire aujourd’hui, c’est programmer le chaos de demain! Pour préserver durablement la Suisse que nous aimons, votons oui à l’initiative pour la durabilité.

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