Avec l’Initiative sur la neutralité, l’UDC agite l’un de ses fétiches favoris. Derrière la colombe des affiches, il y a les intérêts des marchands de gaz et de pétrole. Ceux-ci pleurent la fin du commerce du brut et des matières première russes à Genève et à Zoug. Pour contourner les sanctions internationale, l’UDC veut la neutralité de grand-papa qui durant des décennies a amené la Confédération à soutenir des régimes sanguinaires.
Revenons sur la neutralité. La Constitution fédérale ne la définit pas. Le droit international n’est pas plus loquace. Le seul fait certain, c’est qu’elle interdit à la Suisse d’envoyer des troupes faire la guerre à l’étranger. Pour le reste, le concept a varié au fil du temps, selon les lignes dictées par les secteurs les plus puissants de l’économie.
Grosso modo, avant 1945, la neutralité ne devait pas empêcher les principales entreprises de vendre fusils et canons à tous les pays en guerre en Europe. Après la Seconde Guerre mondiale, la Suisse s'est placée sous le patronage de la puissance dominante, les Etats-Unis. Le but était de protéger les investissements du Capital suisse non seulement aux USA, mais dans toutes les régions sous protectorat américain. Cette neutralité allait de pair avec un anticommunisme agressif. La Suisse était liée au programme d’armée secrète Gladio (P-26).
La neutralité comme «business model»
Cette ligne politique est toujours en place, avec le soutien du Conseil fédéral – bon gré mal gré depuis la décision sur les droits de douane – aux politiques de l’administration Trump et de son allié Netanyahou. L’affaire des F-35 illustre la quasi-intégration de la Suisse à l’OTAN. En 2022, l’armée suisse a d’ailleurs participé à des exercices organisés par celle-ci. Depuis 1993, la neutralité a évolué pour permettre l'adhésion à l'ONU et également la reprise des sanctions contre l'Irak et la Serbie (neutralité active).
Dans le contexte de la guerre en Ukraine, l’UDC s’attaque aux sanctions contre le régime de Poutine. Elle entretient certes des rapports complaisants avec ce dernier. Mais à l'UDC, l'étoile Polaire est toujours et d'abord les intérêts des patrons et des actionnaires. La neutralité perpétuelle de l’UDC, c'est le «business model» des industriels et des banquiers. C'est la garantie de réaliser des affaires avec tous les pays, même ceux sous sanctions économiques.
Défendre les intérêts de grandes entreprises
Les relations de la Confédération avec l’apartheid en Afrique du Sud entre les années 1960-1980, illustre l’objectif à peine caché de l’Initiative sur la neutralité. Alors que le régime de Pretoria massacrait sa population noire et que des sanctions internationales étaient prises, la Suisse collaborait avec l’apartheid pour préserver les intérêts de Schmidheiny (ciment et Eternit), Nestlé, Roche, Sulzer ou Brown Boveri. Il s’agissait aussi du commerce international de l’or sud-africain. Les banques suisses ont massivement importé or et diamants extraits sous le régime de l’apartheid (PNR 42+ «Les relations entre la Suisse et l'Afrique du Sud»).
Derrière le mythe agité par les blochériens, il y a la défense jusqu’au-boutiste d’intérêts économiques de grandes entreprises. A l’UDC, le patriote se confond avec le businessman, au mépris de la paix et des droits humains. Le 27 septembre, votons «NON» à l’Initiative sur la neutralité.