Juillet 2026: De Kiev à Gaza, l’humanité s’entretue. Quand la planète ne brûle pas, elle surchauffe ou s’assèche. Notre époque semble s’effondrer sous le poids des démons qu’elle a créés (ci-après, du moins au plus grave): le fric, le patriarcat, l’équipe d’Argentine.
Le monde va mal mais peu importe, puisque C’EST PALÉÉÉOOOO! Bamboulé et chapeaux Cardinal, goodies Migros et plein de bouffe. Et des concerts aussi (il paraît). Parce qu’au fond, qu’est-ce que la fin du monde face au stand «vaisseau spatial» de la HES·SO, ou la possibilité de polémiquer sur le retour du magret de canard à Paléo?
Et puis, il faut le dire: l’actualité ne fait pas le poids. C’est quand même plus fun d’aller picoler à Nyon que de faire semblant de savoir placer le détroit d’Ormuz sur une carte.
Les mondanités d’abord
Il n’est pas 16h (30°C, 0 bière dans le sang) que l’espace presse est plein. Après avoir fait des articles sur la météo caniculaire de ce premier jour de festival, tous les journalistes sont surpris par la météo caniculaire de ce premier jour de festival. C’est pas cette semaine que quelqu’un va gagner un Pulitzer.
Mais pas le temps de se plaindre qu’il est 17h30 (28 °C, deux panachés) et le début de l’apéritif d’ouverture du festival, avec le Tout-Paléo («partenaires, médias, ami-es et collègues»). Malheureusement, ce gratin n’était pas si croustillant que cela. Est-ce qu’un apéro mondain l’est encore quand aucun invité n’a été mentionné dans les Epstein Files? Des fois on croit qu’on est importants mais en fait: on est juste Suisses romands.
Puis Suzane, avec un seul «n» (parce que la haine, c’est mal)
Cela dit, ça valait la peine d’y aller. Car l’apéritif m’a amené à 18h45 (et 15 coupes de bulles en plus). Pile l’heure d’aller écouter Suzane. Aka Eddy de Pretto avec un vagin et une frange.
Sur Wikipédia, on lit que ses influences sont notamment: «Edith Piaf, Francis Cabrel, Barbara et Daniel Balavoine.» Mais face au concert on se dit notamment: «tout ça pour ensuite faire du Suzane, c’est dommage.»
Et on se dit surtout que la grande scène l’est un peu trop pour le show prévu par Suzane, sans groupe mais avec quatre danseuses. Certainement une réponse à Nolan et ses films deux fois trop grands pour nos cinémas. Mais vu que Christopher n’est a priori pas venu à Paléo, ça n’a servi à rien.
Bref, après ce concert où on a bien dénoncé notre société («Vivez votre life pas celle des autres» ; «mettez des fleurs dans les fusils» ; donnons-nous toustes la main, sauf les manchots) direction le concert de SKÁLD pour du neo-folk viking. En moins pompeux, ça veut dire des paroles écrites en CAPS LOCK et des sons gutturaux qui évoquent les chants mongols (et je ne parle pas de la BO d’«Un p'tit truc en plus»).
Bref: on ne comprend pas ce qu’il se chante et pour ce concert-là c’est dommage. Impossible donc de vous dire de quoi ça parlait. Quoique je suis assez sûr que ça ne dénonçait pas une époque déshumanisante ; l’ambiance était plus à aller piller le Wessex pour Thor.
Et finalement, le rêve de fièvre
Cut to 23h (18 °C et un Nørdic Mule, soit le cocktail du village du monde dont la recette reste la même chaque année, il y a juste le nom qui change). Concert de Witch Club Satan.
Enfin… concert: c’est un rêve de fièvre. A ce niveau-là de WTF, c’est plus de la musique de niche c’est juste un panier: Poème récité a cappella, départ des musiciennes, flashs stroboscopiques, retour des musiciennes, seins nus et culottes couleur chair, CRI DANS LES MICROS. Bref, vous l’aurez compris: à Lausanne ça aurait été subventionné.
Finalement, le rêve de fièvre redevient simple concert de métal. Sympa mais pas ma came. Si j’avais voulu me faire hurler dessus à Paléo, j’aurais fait bénévole. Dans le public, tout le monde fait ce truc avec les doigts, poings fermés mais index et auriculaire tendus (le signe du métal dans les concerts ou des femmes fontaines dans les pornos).
Ce moment hors du temps/AVC m’aura fait rater l’Israélien Asaf Avidan. Pas grave puisqu’au pire je pourrais dire que c’est en soutien à Gaza. Il ne me restait donc qu’à aller voir le concert en hommage au 11 septembre (21 Pilots) et rentrer avant la fin de Perceval, parce que je suis trop vieux pour les horaires des shows de la génération TikTok. J’ai presque l’âge de placer le détroit d’Ormuz sur une carte.