Peut-on parler d’accord quand, à l’arrivée, presque tout le monde y perd? C’est le cas de l’accord de libre-échange agricole conclu avec les pays du Mercosur. La forêt amazonienne y perd. Les agricultrices et agriculteurs y perdent. Le climat y perd. Les consommatrices et consommateurs y perdent. Les animaux y perdent.
La forêt amazonienne est vitale: c’est le poumon de notre planète. Elle absorbe du CO2 et produit de l’oxygène. Elle abrite des communautés autochtones ainsi qu’une grande diversité de plantes et d’animaux. Pourtant, elle est au bord de l’effondrement. Un effondrement aux conséquences graves pour le climat, la planète et nous toutes et tous. En cause: l’agriculture massivement industrialisée.
La déforestation avance, les coupes à blanc et les incendies se succèdent. Des milliers de vaches sont entassées dans des espaces exigus et traitées aux hormones et aux antibiotiques. Les animaux sont nourris avec du maïs et du soja issus de monocultures, qui sont pulvérisées avec des pesticides toxiques par des travailleurs mal protégés.
Cette agriculture ne respecte pas les normes suisses pour protéger les animaux, les sols, l’eau et la santé des travailleuses et travailleurs, comme celle des consommatrices et consommateurs.
Et ce sont précisément les produits issus de cette agriculture qui devraient bénéficier d’avantages pour pénétrer le marché suisse, par la baisse et même la suppression des frais de douane. Concrètement, cela signifie de la viande de mauvaise qualité à des prix cassés sur les étals des magasins et dans nos assiettes. Et des millions de bouteilles de vin inondant un marché déjà saturé. Conséquence: les prix sont tirés vers le bas. Une menace directe pour l’agriculture suisse.
Référendum lancé
Même le Conseil fédéral reconnaît que cet accord accélérerait la déforestation et donc la destruction de la forêt amazonienne. Il a pourtant refusé d’inclure des mesures contraignantes pour l'empêcher, contrairement à ce qu’a fait l’Union européenne. Nous écopons donc d'un moins bon accord que l’UE, mais la droite l’a approuvé sans broncher au parlement.
Après un été aussi dévastateur, adopter cet accord est tout simplement irresponsable. Cela revient à favoriser la production industrielle de viande bon marché en sacrifiant la forêt amazonienne, à la transporter par avion au-dessus de l’Atlantique et à mettre ainsi l’agriculture suisse sous une pression supplémentaire. Ce modèle économique n’a pas d’avenir.
Le Mercosur nuit à la Suisse. Et il nuit aux populations locales dans les pays du Mercosur. Le commerce international, c’est une coopération pour un avenir meilleur. Non du dumping.
C’est pourquoi nous lançons le référendum. Nous pouvons empêcher cet accord néfaste.