La chronique de Quentin Mouron
Iran: Un mois de mensonges impérialistes

Un mois après le début de la guerre en Iran, le chaos s'installe et Trump cherche désormais un interlocuteur dans le régime qu'il prétendait abattre. Derrière les mensonges, c'est la logique même de l'impérialisme qu'il faut interroger, selon l'écrivain Quentin Mouron.
Derrière les mensonges de Trump, c'est la logique profonde de l'impérialisme qu'il faut interroger, estime Quentin Mouron.
Quentin Mouron
Quentin MouronEcrivain

L’Empire n’a jamais tort. Ou alors pas longtemps. «L’Irak? La Libye? L’Afghanistan? D’accord. Mais cette fois-ci ce sera différent.» Cette fois-ci, ce devait être en Iran. Cela devait durer que quelques jours. C’est la guerre depuis un mois. «C’est bientôt fini», assure le président américain. «Cela durera longtemps», disent des responsables israéliens. Résultat: le chaos, des victimes par centaines, des pluies de missiles et de drones, une crise énergétique en vue, un désastre écologique; un régime iranien qui s’est encore durci. 

Cela, c’est l’impérialisme. Soit l’extension par la conquête militaire du capitalisme le plus échevelé, au mépris de l’histoire, au mépris des peuples. Le président américain avait tablé sur une solution à la vénézuélienne. Il avait pensé qu’exhiber son porte-avion suffirait à provoquer terreur et confusion chez les Gardiens de la révolution. Il s’est trompé. Les bombes continuent à pleuvoir au hasard des IA, détruisant parfois des sites de lancement, et parfois des petites filles dans une école. Pourtant, l’Iran accuse le coup et continue de viser les pays voisins, alliés des Etats-Unis. 

Il n’est plus question de renverser le régime. Les tirades sur la liberté du peuple iranien ne sont plus de mise, même si le fils du dernier Shah a pu faire un dernier tour de piste, la semaine dernière, lors d’une conférence des conservateurs américains. Tout le monde sait que le régime n’est pas sur le point de tomber. Trump annonce clairement qu’il cherche un interlocuteur dans son appareil. Ce n’était pas seulement prévisible, c’était inévitable. 

L'impérialisme est un système

Donald Trump n’a pas de plan. Ses mensonges sont si énormes que ses propres services de renseignement refusent de les confirmer, tandis qu’un ancien directeur de la CIA, John Brennan, affirme croire plutôt la partie iranienne que le président des Etats-Unis. Personne ne sait comment finir cette guerre.

Certains éditorialistes ou politiques continuent de relayer le discours israélo-américain sur la menace imminente d’une attaque iranienne. Cependant, le réel commence à reprendre ses droits. Même sur les chaînes d’information en continu, traditionnels bastions atlantistes, on commence à s’interroger sérieusement sur les intentions réelles du président américain. 

Cela vient tard. Et c’est momentané. Lors de la prochaine guerre américaine, on les retrouvera prêts à brandir le prétexte de la libération des peuples, de la chute des tyrans ou de la guerre contre le terrorisme. Car l’impérialisme est un système. Et son fonctionnement dépend certes d’un complexe militaire et industriel, mais également de la production massive de récits. Ces derniers n’ont pas besoin d’être convaincants. Il suffit qu’ils soient répétés souvent. Aucun crâne n’est assez dur pour éviter que n’y entre une histoire que l’on martèle. 

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