Un atout stratégique à Paris
A Paris, le Centre culturel suisse rouvre après quatre ans de travaux

Rénové pour s’adapter aux enjeux contemporains, le Centre culturel suisse retrouvera son public le 26 mars. Entre modernisation, ouverture et liberté artistique, il réaffirme son rôle clé pour la scène suisse à l’international.
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Le CCS s’est imposé comme une vitrine de l’art contemporain helvétique à Paris (archives).
Photo: BENEDICTE LASSALLE
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ATS Agence télégraphique suisse

Après quatre ans de rénovation, le Centre culturel suisse (CCS) rouvre ses portes le 26 mars dans le Marais à Paris. Créé en 1985 pour promouvoir la création helvétique, ce lieu emblématique a aussi été marqué par des débats politiques. Installé dans un hôtel particulier du XVIIe siècle situé rue des Francs-Bourgeois, le Centre culturel suisse s’est imposé comme une vitrine de l’art contemporain helvétique à Paris.

Cette rénovation «était une nécessité pour moderniser les installations techniques et rendre le bâtiment accessible à tous», explique Jean-Marc Diébold, le directeur du Centre culturel suisse, à Keystone-ATS. Le CCS est la première antenne ouverte à l’étranger par Pro Helvetia et il n’avait jamais été rénové.

Accueillir tous les arts

Les travaux ont permis de repenser la circulation entre les espaces et de rendre les salles modulables. «Nous voulions un outil capable d’accueillir toutes les disciplines artistiques, de la musique au spectacle vivant, en passant par les arts visuels et la littérature», précise le directeur. Selon lui, ces espaces restent «petits mais performants», à l’image de la Suisse.

Sous la direction de Jean-Marc Diébold en poste depuis 2019, le centre avait déjà amorcé une transformation avant sa fermeture, notamment dans le développement de partenariats tous azimuts pour le faire sortir du Marais. Durant les années de rénovation, l’institution a poursuivi ses activités hors les murs dans plusieurs villes françaises, de Dunkerque à la Guadeloupe.

Un atout stratégique

Le CCS, sur un marché «ultra-concurrentiel» avec mille propositions artistiques chaque jour à Paris, constitue un atout stratégique pour tout le spectacle vivant helvétique, qu’il provienne de Suisse romande, alémanique ou tessinoise. «Si on ajoute le réseau constitué lors du On Tour et des initiatives comme la Sélection suisse à Avignon (théâtre), les artistes disposent de belles vitrines et de bons outils», estime le Franco-Suisse.

Cette mission s’étend aux arts visuels, à la musique et à la littérature. «Exister à l’international est une nécessité vitale pour les artistes suisses. Le marché et le réseau suisse sont trop petits. La Suisse doit se doter d’une politique culturelle internationale ambitieuse avec les moyens appropriés», estime-Jean-Marc Diébold. Depuis sa création, le centre n’a pas échappé aux controverses et aux provocations artistiques, qui accompagnent parfois l’art contemporain.

Blocher pointé du doigt

L'une des plus célèbres remonte à 2004 avec l’exposition «Swiss-Swiss Democracy» de Thomas Hirschhorn, qui critiquait l’élection au Conseil fédéral du leader de l’UDC Christoph Blocher. «A l’époque, Blocher avait publiquement critiqué l’exposition. Cela a montré combien il est important de préserver la liberté artistique face aux pressions politiques», souligne Jean-Marc Diébold. Le Parlement avait même décidé, dans la foulée du scandale, de réduire le budget de la fondation d’un million de francs pour l’année suivante.

Pour Jean-Marc Diébold, l'indépendance artistique du Centre culturel suisse est garantie par Pro Helvetia. «Nous ne dépendons pas du Département fédéral des Affaires étrangères. Cela nous assure une liberté de programmation et nous protège des influences politiques ou de stratégies de diplomatie culturelle», ajoute-t-il. «Et puis n’est-ce pas le rôle de l’art de bouger les lignes. La liberté de création est un principe fondamental pour moi», affirme le directeur.

Pour sa réouverture, le Centre culturel suisse organise une grande fête, du 26 au 29 mars, mêlant concerts, performances, projections et expositions. Un signal que «le CCS se veut un lieu d’art comme de vie au cœur de Paris, fréquenté de jour comme de nuit pour voir une exposition, écouter un concert ou simplement se retrouver dans la cour».

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