«Un système insupportable»
Des enfants ukrainiens doivent fuir pour éviter l'endoctrinement russe

De jeunes ukrainiens fuient les régions occupées par la Russie pour échapper à «l’éducation patriotique» imposée par Moscou. Selon des enquêteurs mandatés par l’ONU, ces départs les exposent à des difficultés et à des risques sécuritaires importants.
Photo: Anadolu

Des enfants ukrainiens fuient, souvent seuls, les régions contrôlées par la Russie pour éviter «l’éducation patriotique» imposée par Moscou. Ils font face à des difficultés et menaces sécuritaires «considérables», selon les enquêteurs onusiens.

Depuis le début de la guerre, la Russie a renforcé les cours patriotiques, y compris dans les régions de l’est de l’Ukraine qu’elle contrôle. Des enfants dès 3 ans doivent les suivre, a affirmé lundi à Genève la Commission d’enquête internationale sur l’Ukraine, qui ne s’exprime pas au nom de l’ONU mais est mandatée par le Conseil des droits de l’homme.

Formation militaire pour les ados

Les Ukrainiens sont menacés ou sanctionnés s’ils refusent cette éducation. Dès 14 ans, des formations militaires et à l’emploi des armes sont également obligatoires. Des organisations de jeunesse soutenues par l’État russe renforcent encore cette approche.

Des enfants «trouvent ce système insupportable», ajoutent les trois enquêteurs. Ils choisissent de se rendre, souvent seuls, vers les régions contrôlées par Kiev. Dans un précédent rapport, la Commission avait dit que le transfert forcé d’enfants ukrainiens vers la Russie ou la région contrôlée par ce pays en Ukraine équivalait à des crimes contre l’humanité.

Détenus forcés d'aller au combat

Autre inquiétude, la Commission réitère sa préoccupation sur les attaques contre les infrastructures énergétiques, alors que l’hiver approche. De même que sur la situation des ressortissants étrangers enrôlés par la Russie pour combattre en Ukraine après avoir été attirés sous de faux prétextes d’emplois civils.

Des détenus d’autres pays retenus par Moscou ont également été contraints de participer à la guerre. De nombreuses personnes sont décédées peu après leur arrivée dans les combats, sont portées disparues ou ont été capturées par l’armée ukrainienne, insiste la Commission. Leurs proches ne savent pas où elles se trouvent, dit-elle.

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