Protéger les enfants
L'Australie veut serrer la vis aux géants des réseaux sociaux

Le gouvernement australien a présenté jeudi une loi pour protéger les enfants en ligne. Facebook, TikTok et autres devront limiter l'accès des jeunes aux contenus dangereux et offrir une option contre les algorithmes imposés.
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Le gouvernement australien a présenté un projet de loi pour protéger les enfants en ligne.
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ATS Agence télégraphique suisse

Le gouvernement australien a présenté jeudi un projet de loi visant à contrer l'accès «sans limite» des géants de la technologie aux enfants et à permettre aux utilisateurs des réseaux sociaux de tenir à distance les puissants algorithmes.

Dans son projet de loi sur le «devoir de vigilance numérique», le gouvernement de centre-gauche souhaite que Facebook, TikTok ou Instagram, entre autres, soit tenus d'offrir aux internautes la possibilité de se soustraire aux algorithmes qui dictent le contenu qui s'affiche sur leurs fils d'actualité, afin qu'ils puissent davantage choisir ce qu'ils consultent.

Le texte entend que ces groupes seront également tenus directement pour responsable de la protection des moins de 18 ans contre la pornographie, le harcèlement en ligne, les contenus glorifiant la criminalité ou ceux encourageant les troubles du comportement alimentaire.

«Le problème, c'est qu'on a laissé les géants de la technologie tester leurs produits en conditions réelles sur les Australiens», a déclaré la ministre des communications, Anika Wells, au National Press Club de Canberra, après avoir présenté le projet de loi au Parlement.

Interdiction aux moins de 16 ans

Elle avance alors «un argument simple: si vous créez quelque chose, vous êtes responsables des risques que cela comporte». «Un jour [...] nous nous dirons: 'Je n'arrive pas à croire que nous ayons naguère laissé les géants de la technologie avoir un accès sans limite à nos enfants'».

L'Australie a instauré l'année dernière une législation alors inédite, interdisant aux enfants de moins de 16 ans d'accéder à un certain nombre de réseaux sociaux. Mais des données publiées en août ont révélé que cette tranche d'âge utilisait de plus en plus des plateformes comme Instagram ou TikTok, malgré l'interdiction.

«Nous n'hésiterons pas à demander des comptes aux entreprises de la technologie lorsque la sécurité de nos plus jeunes citoyens est en jeu», a assuré la ministre. La trajectoire législative du projet de loi est cependant incertaine: le parti travailliste aura besoin du soutien des Verts (gauche), pour le faire adopter par le Sénat.

L'opposition conservatrice s'est engagée à «lutter contre ce projet à chaque étape» et estime qu'il confère au gouvernement un pouvoir excessif en matière de contrôle de la liberté d'expression.

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