Une directrice démissionne
La fameuse ONG environnementale WWF accusée d'être «raciste»

La directrice du WWF France, Alexandra Palt, a annoncé sa démission après sa participation à un rassemblement antiraciste appelé par LFI. L’affaire relance les critiques autour de l’apolitisme revendiqué par l’ONG.
Alexandra Palt, ancienne directrice du WWF France.
Photo: Capture d'écran / Photo de profil LinkedIn
LUISA_FACE.jpg
Luisa GambaroJournaliste

La fameuse ONG WWF est sous le feu des critiques. La directrice de son antenne française, Alexandra Palt, a annoncé sa démission dans un post LinekdIn le 28 mai, anticipant une procédure de destitution à son encontre. En cause: sa participation à un rassemblement antiraciste à Paris après l'appel du parti La France Insoumise (LFI) le 4 avril. 

Après sa participation, Alexandra Palt dit avoir été contactée par Antoine Housset, membre du conseil d’administration, et Isabelle Autissier, navigatrice de renom et présidente d'honneur du WWF France. Dans leur message, ils expliquent que l'ONG se bat pour son apolitisme depuis sa création et que «son objet social n’intègre pas la lutte contre le racisme». 

Ils ajoutent que cette manifestation organisée par LFI est d'autant plus problématique que le parti a souvent été «critiqué pour son attitude à l’égard des juifs qui (...) font partie de nos donateurs». Une explication pas assez convaincante pour Alexandra Palt, qui décide de prendre le conseil d'administration de vitesse et d'annoncer sa démission. 

Une réaction «hypocrite»?

«Nos concitoyens juifs, comme tous nos concitoyens, ne sauraient être réduits à des catégories de donateurs ou d’intérêts. La lutte contre l’antisémitisme mérite infiniment mieux», déclare-t-elle dans sa publication LinkedIn. De son côté, le WWF France dit prendre acte de sa démission dans un communiqué, invoquant des «dysfonctionnements managériaux» et des «prises de position personnelles contraires au principe d’apolitisme de l’organisation». 

Interrogé par le média spéicialisé dans l'écologie Reporterre, l'historien français Guillaume Blanc dénonce une «hypocrisie». Il affirme que l'ONG est «née du racisme» après avoir financé des exactions commises sur des populations autochtones par des forces paramilitaires au Népal, révélées par le média BuzzFeed en 2019. Le WWF aurait aussi soutenu et dissimulé des viols collectifs et des actes de torture opérés par des gardes forestiers dans un parc national au Congo. 

Articles les plus lus