Accusé d'antisémitisme
Après avoir ironisé sur le nom d'Epstein, Mélenchon récidive avec Glucksmann

Jean-Luc Mélenchon, leader de La France insoumise, suscite une vive polémique après des propos jugés antisémites. Critiqué par la gauche, il est comparé à Jean-Marie Le Pen, notamment par Raphaël Glucksmann et Jérôme Guedj.
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Jean-Luc Mélenchon a plaisanté sur la prononciation de Glucksmann, après avoir ironisé sur Epstein.
Photo: AFP
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AFP Agence France-Presse

Un «naufragé volontaire», un «Jean-Marie Le Pen», une dérive dans «les eaux brunes de l'antisémitisme». Jean-Luc Mélenchon, qui a remis une pièce dans la machine en plaisantant sur la prononciation du nom de Raphaël Glucksmann, s'est attiré des critiques sévères, y compris de la gauche.

«Il s'exclut lui-même de la gauche»

Le leader de La France insoumise «s'exclut lui-même de la gauche et de la République», a tancé lundi Raphaël Glucksmann, eurodéputé social-démocrate et candidat potentiel comme Jean-Luc Mélenchon à l'élection présidentielle de l'an prochain. «Il est devenu ce mélange de trublion et de clown qui joue avec les pires codes de l'extrême droite française et de l'antisémitisme», a-t-il dit, le qualifiant de «Jean-Marie Le Pen de notre époque».

Lors d'un meeting à Perpignan, le leader de La France insoumise a dit: «Monsieur Glucksman et je ne sais qui encore, Glucksmann pardon..., après j'en ai pour des heures». Dans la première référence au nom de l'eurodéputé, Jean-Luc Mélenchon prononce «Glucksman» et la seconde fois, lorsqu'il se reprend, il prononce «Glucksmane».

Le député socialiste Jérôme Guedj a lui aussi comparé Jean-Luc Mélenchon à Jean-Marie Le Pen, un rapprochement également fait par l'ancien Premier ministre Gabriel Attal ou le candidat de centre-droit à la mairie de Paris Pierre-Yves Bournazel.

«Durafour crématoire»

Le défunt fondateur du Front national avait été condamné à plusieurs reprises par la justice pour des propos sur les Juifs ou la Seconde guerre mondiale. Il avait notamment suscité l'indignation avec un jeu de mot resté célèbre, «Durafour crématoire», associant en 1988 le nom du ministre Michel Durafour aux camps de la mort nazis.

Quelques jours plus tôt, Jean-Luc Mélenchon avait déjà été accusé d'antisémitisme, ce dont il se défend, pour avoir ironisé sur le nom à consonance juive de Jeffrey Epstein, en se demandant si la prononciation «Epstine» ne visait pas à le russifier. LFI traverse une tempête politique depuis la mise en cause de collaborateurs de son député Raphaël Arnault dans l'enquête sur la mort du militant d'extrême droite Quentin Deranque à Lyon.

Le mouvement de gauche radicale s'est arc-bouté sur ses positions, choisissant de pousser sa radicalité face aux critiques, quitte à creuser le fossé avec les autres partis de sa famille politique. Un choix qui comporte des risques, à quelques semaines d'élections municipales vues comme un test pour la présidentielle de 2027. Le parfum de scandale qui entoure LFI pourrait saborder les potentielles alliances au second tour.

«Stratégie»

Pour l'instant, le PS et les Ecologistes n'ont pas complétement fermé la porte à des rapprochements avec LFI, «au cas par cas», entre les deux tours des élections municipales des 15 et 22 mars. Même si des voix à gauche, comme celles de Raphaël Glucksmann ou de l'ancien président socialiste François Hollande, appellent à couper les ponts.

Malgré ces critiques, dans certaines villes comme Toulouse, les listes de gauche pourraient avoir bien du mal à faire sans les Insoumis. «Honte à tous ceux qui portent l'étiquette LFI, les acceptent sur leurs listes ou envisagent une alliance au nom de prétendues 'circonstances locales'», a néanmoins estimé la ministre Aurore Bergé.

«Tout ça finira mal»

Le Premier secrétaire du PS, Olivier Faure, réagissant aux dernier propos de Jean-Luc Mélenchon, a estimé que «tout ça finira mal». «Je ne peux m'empêcher de penser à toutes celles et ceux qui ont suivi sincèrement La France insoumise et qui ne souhaitent pas être entraînés dans ce qui n'est plus un dérapage mais une stratégie qui dérive sur les eaux brunes de l'antisémitisme», a-t-il dit sur X.

La députée du mouvement de gauche L'Après et ex-Insoumise Clémentine Autain a elle estimé que Jean-Luc Mélenchon «est désormais un naufragé volontaire» et que «la soumission des dirigeants insoumis est assourdissante». Jérôme Guedj a aussi exprimé sa «solidarité» envers le collectif «Nous vivrons», créé après les attaques du Hamas du 7-Octobre 2023 pour lutter contre l'antisémitisme, qualifié dimanche par Jean-Luc Mélenchon de «petite bande fasciste soutenue par le PS parisien».

«Déformé par erreur»

Jean-Luc Mélenchon a réaffirmé dimanche qu'il n'est «pas antisémite», accusant ses détracteurs de se discréditer en l'attaquant sur ce terrain et en établissant eux-mêmes «le rapprochement entre Epstein et sa religion».

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Lundi, le leader de La France insoumise s'est dit «désolé» d'avoir «déformé par erreur» plusieurs noms lors d'un discours à Perpignan. Sur X, il a reconnu s'être trompé notamment sur ceux de Donald Trump, de Mickaël Idrac et de Raphaël Glucksmann, assurant avoir rectifié immédiatement et promettant de ne plus recommencer.


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