L'ONG Reporters sans frontières a estimé mardi que le chef de la gauche radicale en France Jean-Luc Mélenchon porte «atteinte au droit à l'information des citoyens» en voulant choisir les journalistes qui suivent ses conférences de presse.
Le leader de La France insoumise (LFI) a critiqué avec virulence lundi le traitement médiatique réservé à la mort du militant d'extrême droite radicale Quentin Deranque et les mises en cause de son mouvement qui ont suivi, lors d'une conférence de presse «réservée aux médias numériques alternatifs». «Nous invitons qui nous voulons», a-t-il assumé.
Les Insoumis ont été dans la tempête politique et médiatique la semaine dernière après l'arrestation et l'inculpation pour «complicité de meurtre» de Jacques-Elie Favrot, qui était, au moment de la mort de Quentin Deranque, collaborateur parlementaire du député LFI Raphaël Arnault.
Mais d'après Thibaut Bruttin, directeur général de RSF, «permettre à un responsable politique de choisir les journalistes autorisés à couvrir un événement d'intérêt général, c'est directement porter atteinte au droit à l'information des citoyens».
«Une information libre et pluraliste»
«Quels que soient les griefs contre tel ou tel média formulés par Jean-Luc Mélenchon, une seule boussole doit prévaloir: celle du journalisme – son honnêteté, son indépendance, son pluralisme», a-t-il prôné dans une déclaration transmise à l'AFP. Ainsi RSF «appelle l'ensemble des forces politiques à respecter sans réserve le travail des journalistes et l'accès, pour toutes et tous, à une information libre et pluraliste».
Mardi lors du point presse hebdomadaire du groupe des députés LFI, Louis Boyard a insisté: «Vous passez votre temps à exclure le peuple français des médias», a-t-il lancé aux journalistes présents. «Nous, on organise des espaces qui nous permettent de parler à ces nouveaux médias qui incarnent le peuple. Et on continue dans le même temps à parler à l'officialité médiatique», a lancé le parlementaire.
Les conférences de presse réservées à des «médias numériques alternatifs», «c'est un nouveau format qu'on installera tout au long de la présidentielle» de 2027, d'après Louis Boyard. Il souhaite que les «nouveaux médias de droite» – «sauf l'extrême droite» – y participent car «cela donne de la crédibilité». «On n'attend pas que les gens posent uniquement des questions qui font plaisir», a assuré le député.