Un reportage jugé partial
CNews épinglée pour «manque d'honnêteté» sur Rachida Dati

L'Arcom a mis en demeure CNews pour un reportage sur Rachida Dati jugé partial, diffusé avant le second tour des municipales de mars 2026. La chaîne est sommée de respecter ses obligations légales.
Rachida Dati quitte le palais de l'Élysée à Paris après la réunion hebdomadaire du cabinet, le 25 février 2026.
Photo: AFP
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AFP Agence France-Presse

Le régulateur de l'audiovisuel, l'Arcom, a mis en demeure CNews pour un reportage et un débat sur la campagne de Rachida Dati à Paris, à deux jours du second tour des municipales en mars, qui manquaient de «mesure» et d'«honnêteté», selon une décision publiée jeudi.

Cette soirée sur la chaîne du groupe Canal+ a «donné lieu à l'expression de points de vue largement convergents», avec «des appréciations positives voire laudatives» sur la candidate de l'opposition de droite et du centre, et «de vives critiques à l'égard des autres» postulants à la mairie de Paris, relève l'Arcom.

L'autorité indépendante considère ainsi que le reportage grand format «Rachida Dati à la conquête de Paris» et les échanges qui ont suivi lors d'une émission en plateau «présentaient un manque de mesure et d'honnêteté dans les commentaires et présentations de la campagne, caractérisant un manquement de la chaîne à ses obligations».

CNews, dans le giron du milliardaire conservateur Vincent Bolloré, est «mise en demeure de se conformer» à ses obligations à l'avenir. Dans l'échelle des interventions de l'Arcom auprès des chaînes, la mise en demeure, qui a valeur d'avertissement, précède toute sanction, notamment financière.

Aucun parti pris

Première chaîne info en part d'audience en 2025, CNews a été devancée par BFMTV entre mars et juin. Dans une tribune publiée jeudi sur le site du Figaro, Martin Ajdari, président de l'Arcom, affirme que celle-ci «applique la loi, sans parti pris».

«Souhaitons-nous 'fermer' CNews, comme on l'entend à chaque rappel à l'ordre? Au contraire, elle doit pouvoir contribuer à la diversité des chaînes d'information disponibles par voie hertzienne et exprimer sa ligne éditoriale – ce n'est pas interdit et c'est précisément l'intérêt d'avoir quatre chaînes d'information. Mais dans le respect de la loi», explique-t-il.

«Des courants de pensée»

Par ailleurs l'Arcom, qui a publié jeudi son rapport sur le traitement des élections municipales, salue «un respect global des règles» par les médias audiovisuels. Concernant les plateformes en ligne qu'elle contrôle aussi, le régulateur estime que la «coopération» avec les autorités et administrations «devra être renforcée en amont de l'élection présidentielle de 2027».

L'Arcom a récemment annoncé qu'elle allait se doter à la rentrée d'une «veille» sur le respect du pluralisme sur les quatre chaînes info de la TNT (BFMTV, CNews, LCI, franceinfo), avec 2027 en ligne de mire. Mi-juin, le régulateur, qui répondait à une saisine de l'organisation Reporters sans frontières (RSF), a mis plus largement en demeure CNews de mieux respecter la diversité «des courants de pensée et d'opinion», sous peine d'ouvrir la voie à des sanctions, notamment financières.


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