Un «entrepôt humain»?
La France bat son record de surpopulation carcérale

Avec une densité carcérale de 141,6 %, les prisons françaises battent un triste record en août 2026. Le Conseil de l'Europe alerte sur des conditions proches d'un «entrepôt humain».
Un détenu dans sa cellule à la prison de Gradignan, près de Bordeaux, le 3 octobre 2022. (Image d'illustration)
Photo: AFP
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AFP Agence France-Presse

Les prisons françaises comptaient 89'668 détenus au 1er août, un nouveau record, dans un contexte de surpopulation carcérale chronique, selon les statistiques officielles du ministère de la Justice. Le nombre de détenus a augmenté de 6,5% sur un an, alors que le nombre de places opérationnelles était au 1er août de 63'303 (+1,5% sur un an), et celui de matelas posés au sol, faute de lits, s'est établi à 7956, en hausse de 43,5% par rapport au 1er août 2025.

Le Conseil de l'Europe avait dénoncé en début d'année l'état des prisons françaises, alertant dans un rapport sur le risque d'une évolution vers un «entrepôt humain». Surpopulation, insalubrité et violences y sont particulièrement pointées du doigt.

La France est l'un des plus mauvais élèves en Europe en matière de densité carcérale, ex-aequo avec la Turquie (131 personnes détenues pour 100 places), devant la Croatie (123) et l'Italie (121) notamment, selon les chiffres de 2025 du Conseil de l'Europe. La densité carcérale était de 175% dans les maisons d'arrêt, où sont détenues les personnes condamnées à de courtes peines ou celles en attente de jugement et donc présumées innocentes. Le taux de sur-occupation globale était de 141,6%.

«Mesure d'envergure nationale»

La contrôleure générale des lieux de privation de liberté, Dominique Simonnot, avait déploré en juillet l'absence de «mesure d'envergure nationale» pour enrayer la surpopulation carcérale, dans un avis publié au Journal officiel. Le ministère de la Justice entend ouvrir 3000 places supplémentaires dans des prisons modulaires, réputées moins chères et plus rapides à construire, dont la moitié dès 2027, alors que moins d'un tiers des 15'000 places de prison additionnelles prévues dans un plan national lancé en 2018 ont été livrées.

«La construction de nouveaux établissements ne saurait constituer une réponse pertinente: au regard du rythme actuel de progression de la surpopulation, il conviendrait, pour l'absorber, de mettre en service un centre pénitentiaire toutes les six semaines», alertait cependant Dominique Simonnot dans son avis. «Les dispositifs d'aménagement de peine et les alternatives à l'incarcération, bien qu'indispensables, demeurent sous-utilisés ou entravés par des conditions de mise en oeuvre restrictives», ajoutait-elle.


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