Plusieurs dizaines de milliers de personnes, drapeau arc-en-ciel en main et colliers de fleurs autour du cou ont défilé samedi à Paris pour défendre les droits des personnes LGBT+, inquiètes face à la montée de l'extrême droite.
Alors que la candidate du Rassemblement national (RN, extrême droite), Marine Le Pen, est la favorite des sondages pour l'élection présidentielle de 2027, nombreux étaient les participants à brandir des pancartes comme «Ces fachos me font chier»; «Fuck RN» ; «- de RN + de Lesbiennes».
«Dans la lutte et maintenant dans la marche, aux urnes citoyens et citoyennes !», a harangué avant le top départ du cortège, Alexandre Schon, coprésident de l'Inter-LGBT, qui rassemble une cinquantaine d'associations et organise la manifestation parisienne. «Notre colère doit se transformer en victoire car les discours de haine et de discrimination se multiplient envers les personnes trans, de même sexe et les travailleuses du sexe», a-t-il déclaré.
«Je suis hétéro mais je veux les soutenir», dit à ses côtés Aurélie Féru, rejointe par Célestin Raby qui lui aussi «veut montrer que les personnes LGBT ne sont pas qu'entre elles» et peuvent compter sur les personnes qui «ne sont pas touchées par les discriminations».
Crainte pour les prochaines élections
«C'est important d'être visible avant une période qui va être compliquée pour nous, avec l'extrême droite en France, mais aussi en Allemagne, en Angleterre, en Espagne, au Portugal, avec comme point commun de s'attaquer aux personnes trans pour essentialiser les femmes», confie également à l'AFP, Anaïs Perrin-Prevelle, présidente d'OUTrans, association de défense des personnes transgenres.
Plusieurs personnalités politiques de gauche ont été aperçues, dont le maire socialiste de Paris Emmanuel Grégoire, la députée écologiste de la capitale Sandrine Rousseau et des figures de La France insoumises (LFI, gauche radicale), dont son candidat à la présidentielle, Jean-Luc Mélenchon.
Les marches des fiertés sont organisées localement par des associations partout en France, souvent en juin, en lien avec les émeutes de Stonewall, mobilisation fondatrice du mouvement LGBT+, qui a eu lieu dans la nuit du 27 au 28 juin 1969, à New York. L'an dernier, la manifestation parisienne avait rassemblée 500'000 participants selon les organisateurs, moins de 100'000 selon la police.