Léon XIV arrive à Paris
5 polémiques sur la visite du pape en France

Le pape Léon XIV arrive à Paris ce vendredi 25 septembre pour une visite de trois jours qui le conduira aussi à Lourdes et à Metz. Mais au pays de la laïcité républicaine, sa visite très attendue fait aussi grincer des dents.
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Léon XIV sera protégé en France, comme durant tous ses voyages, par les Gardes suisses.
Photo: imago/ABACAPRESS
Richard Werly
Richard WerlyJournaliste Blick

Toutes les cloches des églises de France célébreront son arrivée sur le sol de la République. Lorsque son avion se posera à Paris ce vendredi 25 septembre, où il sera reçu à la descente de l’appareil par Emmanuel Macron et son épouse, Léon XIV pourra peut-être entendre la volée de cloches des églises voisines de l’aéroport. Un début très solennel pour une visite qui paralyse déjà la capitale française. Symbole de l’importance du cortège pontifical: l’autoroute qui relie la province à Paris sera coupée pendant plusieurs heures!

Comment comprendre cet engouement populaire, médiatique et politique pour la visite du chef de l’Eglise catholique, dans une République qui promeut la laïcité? La figure du pape, mais aussi la mobilisation des fidèles venus de toute la France, est bien sûr la première raison. Léon XIV se rendra dimanche au sanctuaire de Lourdes, au pied des Pyrénées, puis à Metz, la ville lorraine où il parlera d’Europe sur les traces de l’un des fondateurs de l’Union, Robert Schuman. Cela n’empêche pas les polémiques d’exister. En voici 5, qui ne sont pas éteintes.

Pourquoi bloquer Paris ?

La paralysie de la capitale française pour la visite du pape, qui célébrera samedi une messe géante devant près de 600'000 fidèles place de la Concorde, alimente le débat. Il s’agit, il faut dire, de la première visite officielle en France de ce souverain pontife élu en mai 2025 pour succéder au pape François, à qui beaucoup reprochent d’avoir négligé un pays souvent qualifié de «fille aînée de l’Eglise», même s’il s’était rendu trois fois en France. Léon XIV est le dixième pape à se rendre à Paris. Il démarrera sa visite par un volet diplomatique avec une réception au palais présidentiel de l’Elysée, puis à l’Unesco, l’agence des Nations unies pour l’éducation et la culture, où le Vatican porte le débat sur l’intelligence artificielle. La déambulation de Léon XIV en papamobile sur la rive gauche, à Montparnasse, va transformer le centre de Paris en bunker.

À Saint-Denis, pas de basilique

Une veillée de prière aura lieu ce vendredi 25 septembre en soirée au Stade de France, après un passage à Saint-Denis, la grande ville du nord de la capitale où l’élection, en mars 2026, d’un maire de La France insoumise (gauche radicale), Bally Bagayoko, a alimenté la controverse. Un problème à Saint-Denis? Non. Mais une partie des catholiques regrette que le pape ne se rende pas à la basilique royale, en cours de restauration (et qui a un grand besoin de sponsors), alors qu’il visitera Notre-Dame de Paris, sept ans après l’incendie des 15 et 16 avril 2019. Pour rappel, son prédécesseur, le pape François, ne s’était jamais rendu à Notre-Dame, où la célébration des vêpres aura lieu ce vendredi.

Emmanuel Macron en fait-il trop ?

Le président français recevra le pape à l’aéroport, puis à l’Elysée, où tous deux feront une déclaration. Il le rejoindra ensuite pour la fin de sa visite à Metz, placée sous le signe de l’Europe. Ce qui, pour un pape américain né à Chicago et connu pour ses désaccords avec Donald Trump, sera scruté de près. Reste la polémique: la laïcité, qui sépare depuis 1905 l’Eglise et l’Etat en France et tient les religions à l’écart de la politique, est-elle remise en cause par cette visite en grande pompe? La réponse est l’engouement populaire. Plus d’un million de personnes sont attendues à Paris, venues de toute la France.

Cette visite coûte (beaucoup) trop cher

La France n’a plus d’argent. Ce refrain est sans cesse entendu ces jours-ci et Emmanuel Macron l’a répété lors de son entretien télévisé jeudi 24 septembre, à propos du déblocage possible d’aides gouvernementales pour compenser la hausse des prix du carburant. Quels sont les chiffres connus? On connaît le budget de l’Eglise de France mobilisé pour ces trois jours: 27 millions d’euros pour l’accueil du public, la logistique, les aménagements des sites et les grandes célébrations. Environ six millions d’euros proviennent du mécénat. L’Etat, lui, assurera logiquement le coût de la sécurité, avec plus de quinze mille policiers supplémentaires déployés dans Paris. Fait intéressant: le cas de l’Alsace-Moselle est particulier en France. L’Eglise catholique y bénéficie d’un statut concordataire. Les ministres de tous les cultes y sont rémunérés par l’Etat.

Place de la Concorde ou de la discorde

La plus fameuse place de Paris sera submergée par la foule catholique ce samedi pour la messe pontificale prévue en début d’après-midi. Les Champs-Elysées seront eux aussi remplis de fidèles. Est-ce logique pour une place qui, édifiée sous le règne du roi Louis XV en 1755, fut ensuite la place de la Révolution, où la guillotine fut dressée? C’est là que la décapitation de Louis XVI et de son épouse Marie-Antoinette eut lieu en janvier 1793. La célébration papale sera évidemment un message de paix et de réconciliation. Place de la Concorde ou place de la discorde?

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