«Moi je soutiens Adolf»
Quentin Deranque publiait des messages racistes et antisémites

Des messages racistes attribués à Quentin Deranque, militant d'extrême droite tué en février, ont été révélés par Mediapart. Une minute de silence avait été tenue à l'Assemblée nationale, provoquant des réactions politiques vives.
Photo: AFP

Yaël Braun-Pivet est «bien évidemment choquée» après la révélation par Mediapart de messages racistes ou antisémites écrits par Quentin Deranque, a fait savoir vendredi l'entourage de la présidente de l'Assemblée nationale, où une minute de silence avait été observée après la mort violente du militant d'extrême droite radicale.

Selon Mediapart, Quentin Deranque a publié de nombreux messages sur la plateforme X via trois comptes anonymes, au moins ces deux dernières années, faisant tantôt l'apologie du nazisme, s'en prenant aux «millions d'Arabes et de Noirs présents sur le sol français», ou encore qualifiant l'ancienne ministre Simone Veil de «salope meurtrière» pour avoir fait voter la légalisation de l'avortement. «Moi je soutiens Adolf mais chacun son truc», écrit-il aussi par exemple en juillet 2024, selon le site d'information. L'AFP n'a pas été en mesure de vérifier indépendamment les propos attribués à Quentin Deranque.

Neuf personnes mises en examen

Face à ces propos, Mme Braun-Pivet est «bien évidemment choquée». Mais «rendre hommage à un jeune homme tué de manière violente ne veut pas dire que l'Assemblée» les «approuve», fait valoir l'entourage de la présidente. Une minute de silence avait effectivement été observée le 17 février dans l'hémicycle du Palais Bourbon, cinq jours après l'agression mortelle de Quentin Deranque. «Une décision collective, prise à l'unanimité par la conférence des présidents» de l'Assemblée, qui réunit notamment les présidents de groupes et de commission, à la suite d'une proposition du patron des députés UDR, Eric Ciotti, et «dans un contexte de grand émoi», a rappelé l'entourage de Braun-Pivet.

Neuf personnes ont depuis été mises en examen et écrouées dans cette affaire et sont, selon une source proche du dossier, «connues pour être soit membres, soit proches» de la Jeune Garde Antifasciste, un mouvement d'ultragauche fondé en 2018 par le député LFI Raphaël Arnault et dissous en juin. L'avocat de la famille de Quentin Deranque, Fabien Rajon, avait décrit l'homme de 23 ans comme «un militant nationaliste qui a toujours défendu ses convictions de manière non violente», «prônant un militantisme pacifique».

Proche d'un groupe nationaliste-révolutionnaire

Quentin Deranque a notamment fréquenté un temps la section locale de l'Action française, un mouvement d'extrême droite nationaliste et royaliste. Et il a été ensuite l'un des fondateurs du groupe nationaliste-révolutionnaire Allobroges Bourgoin. A Lyon, l'étudiant s'était rapproché d'un autre groupe nationaliste-révolutionnaire, Audace, avec lequel «il participait à de nombreux entraînements sportifs», comme de la boxe ou du footing, avait déclaré à l'AFP un porte-parole du groupuscule d'ultradroite, sous couvert d'anonymat.

«En démocratie, le débat politique ne devrait jamais conduire à la mort de quiconque, mais que la droite et l'extrême droite aient cherché à transformer en héros un jeune néo-nazi, raciste et antisémite au dernier degré, est une honte», a réagi jeudi le premier secrétaire du PS, Olivier Faure. «Quentin Deranque a été une victime mais il ne sera jamais un héros», a-t-il ajouté.

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