En bref
- Le principal suspect du meurtre de Lyhanna avait été signalé dès 2023 à la police française par un organisme américain anti-pédocriminalité.
- L'Office national des mineurs (Ofmin) reçoit près de 200'000 signalements annuels mais le cas de Jérôme B. n'a pas été priorisé.
- Les forces de l'ordre locales n'ont pas demandé les informations techniques nécessaires à temps pour identifier le suspect.
Jérôme B. aurait-il pu être stoppé à temps? Selon les révélations du «Monde» jeudi 11 juin, le principal suspect du meurtre de Lyhanna, enterrée ce vendredi dans le Gers, avait été repéré bien avant le drame par les services anti-pedocriminalité américains.
Le National Center for Missing and Exploited Children (NCMEC), l’organisme de référence outre-Atlantique, avait en effet transmis plusieurs signalements concernant le comportement suspect sur Internet du père de famille l'Office national des mineurs en France (Ofmin). Malheureusement, ces fiches d'alerte ont été ignorées, enfouies dans les bases de données informatiques abyssales. Elles n'ont été ressorties par les forces de l’ordre françaises qu’après le drame.
Le NCMEC, c'est quoi?
Le NCMEC remplit la mission d’agréger les données des fournisseurs d’accès et des géants du Web comme Google, TikTok ou Snapchat pour traquer les activités pédocriminelles. L’objectif est de cibler les échanges de contenus illicites et les tentatives d’extorsion sexuelle sur mineurs.
Si l'une des alertes de l'agence américaine ciblant le suspect daterait de 2023, son identité complète n'y figurait sûrement pas. Ces rapports automatiques ne transmettent souvent que des données techniques, telles que des adresses IP, des pseudonymes ou des numéros de téléphone. Et ce, parce que cela demanderait d’importantes investigations pour remonter jusqu’à l'identité réelle d’un utilisateur.
Un service submergé par le flux
L'absence de poursuites dès 2023 de Jérôme B. est le triste résultat de la saturation des services spécialisés dans les délits pédocriminels sur Internet. En effet, l'Ofmin reçoit chaque année un volume colossal de près de 200'000 signalements en provenance des Etats-Unis. Avec un effectif de 53 enquêteurs en 2025, la structure ne peut que traiter qu’environ 1% de ces dossiers, priorisant les réseaux de diffusion de vidéos d’abus en live, précise le journal français.
Si ces alertes du NCMEC atterrissent systématiquement sur les bureaux de l’Ofmin, elles sont également à la disposition des forces de l’ordre locales. Seule condition: que ces dernières effectuent une demande administrative de criblage technique dès qu’ils repèrent un suspect. Mais dans le cas de Jérôme B., «Le Monde» révèle que «cela ne semble pas avoir été fait par les gendarmes chargés des premières plaintes visant le père de famille».
Depuis la mort de l’enfant de 11 ans, l’analyse du téléphone portable du suspect a révélé qu’il utilisait plusieurs comptes sur les réseaux sociaux pour s’abonner à de nombreux profils de très jeunes filles.
Vous, ou l'une de vos proches, êtes victime de violences de la part d'un partenaire ou d'un proche? Voici les ressources auxquelles vous pouvez faire appel.
En cas de situation urgente ou dangereuse, ne jamais hésiter à contacter la police au 117 et/ou l'ambulance au 144.
Pour l'aide aux victimes, plusieurs structures sont à votre disposition en Suisse romande, et au niveau national.
- Solidarité Femmes Bienne
032 322 03 44
9-12h et 14-20h
Mercredi: 14-20h
Samedi: 10-12h
Dimanche: 17-20h - Solidarité Femmes et Centre LAVI Fribourg
info@sf-lavi.ch
026 322 22 02 9-12h et 14h-18h
Ligne de nuit 19h-7h
Weekends et jours fériés: 11–17h - AVVEC Genève
info@avvec.ch
022 797 10 10 - Au cœur des Grottes, Genève
022 338 24 80
Lu-Ve 8h30-12h - Ligne d’écoute en matière de violence domestiques Genève
0840 11 01 10 - Centre d’accueil Malley Prairie, Lausanne
021 620 76 76
Non—stop - Maison de Neuchâtel SAVI
savi.ne@ne.ch
032 889 66 49 - SAVI La Chaux-de-Fonds
savi.cdf@ne.ch
032 889 66 52 - Unité de médecine des violences (UMV)
Consultation médico-légale - Bureau fédéral de l’égalité
- LAVI. Aide aux victimes d’infractions
- Fédération solidarité femmes Suisse
- Brava – ehemals TERRE DES FEMMES Schweiz
076 725 91 21
Lundi à Mercredi 14h-16h
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