Mort de Lyhanna
Les USA avaient signalé l'attitude suspecte en ligne de Jérôme B. à la France en 2023

Alors que les obsèques de la petite Lyhanna se déroulent ce vendredi 12 juin 2026 dans le Gers, les révélations sur le passé de Jérôme B. alourdissent encore plus l'affaire. En 2023, des signaux d'alerte avaient été transmis par les Etats-Unis.
Un agence anti-pédocriminalité américaine avait pisté les dérives de Jérôme B. bien avant la mort de Lyhanna.
Photo: IMAGO/IP3press

En bref

Généré par l’IA, vérifié par la rédaction
  • Le principal suspect du meurtre de Lyhanna avait été signalé dès 2023 à la police française par un organisme américain anti-pédocriminalité.
  • L'Office national des mineurs (Ofmin) reçoit près de 200'000 signalements annuels mais le cas de Jérôme B. n'a pas été priorisé.
  • Les forces de l'ordre locales n'ont pas demandé les informations techniques nécessaires à temps pour identifier le suspect.
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Mathilde JaccardJournaliste Blick

Jérôme B. aurait-il pu être stoppé à temps? Selon les révélations du «Monde» jeudi 11 juin, le principal suspect du meurtre de Lyhanna, enterrée ce vendredi dans le Gers, avait été repéré bien avant le drame par les services anti-pedocriminalité américains.

Le National Center for Missing and Exploited Children (NCMEC), l’organisme de référence outre-Atlantique, avait en effet transmis plusieurs signalements concernant le comportement suspect sur Internet du père de famille l'Office national des mineurs en France (Ofmin). Malheureusement, ces fiches d'alerte ont été ignorées, enfouies dans les bases de données informatiques abyssales. Elles n'ont été ressorties par les forces de l’ordre françaises qu’après le drame.

Le NCMEC, c'est quoi?

Le NCMEC remplit la mission d’agréger les données des fournisseurs d’accès et des géants du Web comme Google, TikTok ou Snapchat pour traquer les activités pédocriminelles. L’objectif est de cibler les échanges de contenus illicites et les tentatives d’extorsion sexuelle sur mineurs.

Si l'une des alertes de l'agence américaine ciblant le suspect daterait de 2023, son identité complète n'y figurait sûrement pas. Ces rapports automatiques ne transmettent souvent que des données techniques, telles que des adresses IP, des pseudonymes ou des numéros de téléphone. Et ce, parce que cela demanderait d’importantes investigations pour remonter jusqu’à l'identité réelle d’un utilisateur.

Un service submergé par le flux

L'absence de poursuites dès 2023 de Jérôme B. est le triste résultat de la saturation des services spécialisés dans les délits pédocriminels sur Internet. En effet, l'Ofmin reçoit chaque année un volume colossal de près de 200'000 signalements en provenance des Etats-Unis. Avec un effectif de 53 enquêteurs en 2025, la structure ne peut que traiter qu’environ 1% de ces dossiers, priorisant les réseaux de diffusion de vidéos d’abus en live, précise le journal français.

Si ces alertes du NCMEC atterrissent systématiquement sur les bureaux de l’Ofmin, elles sont également à la disposition des forces de l’ordre locales. Seule condition: que ces dernières effectuent une demande administrative de criblage technique dès qu’ils repèrent un suspect. Mais dans le cas de Jérôme B., «Le Monde» révèle que «cela ne semble pas avoir été fait par les gendarmes chargés des premières plaintes visant le père de famille».

Depuis la mort de l’enfant de 11 ans, l’analyse du téléphone portable du suspect a révélé qu’il utilisait plusieurs comptes sur les réseaux sociaux pour s’abonner à de nombreux profils de très jeunes filles.

Violences contre les femmes: besoin d'aide?

Vous, ou l'une de vos proches, êtes victime de violences de la part d'un partenaire ou d'un proche? Voici les ressources auxquelles vous pouvez faire appel.

En cas de situation urgente ou dangereuse, ne jamais hésiter à contacter la police au 117 et/ou l'ambulance au 144.

Pour l'aide aux victimes, plusieurs structures sont à votre disposition en Suisse romande, et au niveau national.

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