M6 assume... et s'excuse
Les révélations choc sur Dupont de Ligonnès attaquées et démenties

Coup de projecteur sur le fiasco de l’émission «Appel à témoins». L'évêque de Carcassonne, Mgr Bruno Valentin, a démenti tout accord donné à un «prêtre» ayant affirmé sur M6 détenir les aveux de Xavier Dupont de Ligonnès.
L’autorité ecclésiastique de l’Aude fustige une mise en scène mensongère et saisit le gendarme de l'audiovisuel.
Photo: imago images/IP3press

Le prétendu rebondissement historique dans l’affaire Xavier Dupont de Ligonnès sur M6 n’aura tenu que quelques heures. Monseigneur Bruno Valentin, évêque de Carcassonne et Narbonne, a fermement et catégoriquement démenti ce mercredi 3 juin 2026 dans une vidéo publiée sur Facebook avoir donné son accord à un prétendu prêtre pour rompre le secret de la confession.

L’ecclésiastique fustige une séquence télévisuelle qu’il qualifie de «trompeuse pour le public», relate BFM. Il annonce son intention de saisir l’Arcom pour dénoncer les méthodes de la chaîne de télévision.

Le suspect en larmes

Pour rappel, la veille au soir sur le plateau de M6, un intervenant se faisant appeler «père Marc» affirmait avoir hébergé le fugitif le plus recherché de France durant quatre jours en 2022. Face à Julien Courbet, cet homme prétendait avoir recueilli les aveux du suspect en larmes, avant que ce dernier ne prenne la fuite vers Grasse.

Pour justifier sa prise de parole publique, le témoin avait assuré avoir obtenu l’aval exprès de sa hiérarchie diocésaine afin de profiter de la visibilité de l’émission pour «dénoncer» ces faits.

Un «manque de rigueur»

La réponse de l’évêque, diffusée en vidéo, démonte point par point ce scénario. Mgr Bruno Valentin affirme n’avoir jamais été contacté par l’intervenant, ni même par les équipes de production de M6 avant la mise à l’antenne.

Déplorant un manquement déontologique flagrant de la part du diffuseur, le prélat remet directement en cause la crédibilité d’une émission qui s’est construite sur du vent. Le doute plane désormais intégralement sur l’identité réelle de ce prétendu religieux et sur la véracité même de cette prétendue piste dans le sud de la France.

«Dans la gueule»

Dans la foulée, M6 a présenté «sans réserve» ses «excuses» à Mgr Valentin: «Les investigations que nous avons lancées dès hier (mardi) soir, ainsi que le démenti formulé ce (mercredi) matin par l'évêque de Carcassonne, nous ont permis d'établir qu'il s'agissait d'un faux témoignage». «J'assume», a pour sa part déclaré le présentateur d'«Appel à témoins», Julien Courbet, dans son autre émission, «ça peut vous arriver». L'animateur a fait valoir qu'«Appel à témoins», qui recueille des témoignages téléphoniques pour relancer des affaires policières non élucidées, comportait, de par son principe même, le «risque de se faire rouler»: «Hier, on l'a pris et ça nous est revenu dans la gueule.»

Contacté par le média Tribune chrétienne, un responsable du monastère Saint-Pierre de la Communauté de l'Agneau à Plavilla a lui aussi démenti ces propos: «Il n'y a jamais eu de frère Marc chez nous. C'est une affaire montée de toutes pièces.» Dans «ça peut vous arriver», le rédacteur en chef d'«Appel à témoins» a indiqué que le témoignage semblait d'abord «crédible».

«Ça m'a pris énormément de temps avant de me rendre compte qu'en fait, il nous mentait», a déclaré Stan Vignon, rédacteur en chef de l'émission, en ajoutant avoir eu le soi-disant prêtre au téléphone «tout au long de la nuit»: «Je le travaille et, là, il finit effectivement par me confesser qu'il n'est pas prêtre, qu'il a d'autres informations à me donner».

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