En bref
- Le 17 octobre 2026, des manifestations contre la vie chère ont éclaté en France, en Belgique, en Italie, au Portugal et en Albanie, avec des violences marquées dans certains pays.
- Les autorités françaises ont attribué certaines violences à l'ultragauche, bien que cette affirmation ne soit pas confirmée par des preuves judiciaires. En Belgique et en Italie, des slogans antifascistes et des tactiques radicales ont été observés.
- 550 000 à 800 000 manifestants ont été recensés en France où 1 200 interpellations et 150 policiers blessés ont été signalés. En Italie, 35 des 62 interpellés à Milan et Turin étaient des mineurs.
La gauche radicale française en rêve. Après le désolant spectacle de chaos donné samedi 17 octobre par les émeutiers et les pillards à Paris et dans plusieurs grandes villes françaises, les ténors de La France insoumise (LFI) regardent tous vers les voisins européens pour justifier cette explosion de colère sociale. Le gouvernement français, qui dénonce le rôle de «l’ultragauche» dans les émeutes qui ont conduit à la destruction de plusieurs bâtiments publics – dont la mairie de Limoges, au centre du pays –, fait tout pour associer le parti de Jean-Luc Mélenchon aux scènes de violences urbaines.
Mais ce dernier, candidat à la présidentielle de 2027, a un argument en or pour riposter: le malaise qui met la France à terre existe aussi en Italie, en Belgique ou encore au Portugal. Un malaise alimenté partout par la baisse des crédits publics, par la hausse des prix de l'énergie, et par l'absence d'horizon pour une jeunesse prise dans l'étau de l'intelligence artificielle.
Vrai? Oui, en partie, mais pas dans les mêmes proportions. Il est vrai que la France, pays révolutionnaire par excellence, est scrutée par ses voisins. Il est vrai aussi que les mouvements de gauche radicale se coordonnent, sur fond de déprime sociale généralisée liée à la baisse du pouvoir d’achat et à la hausse des prix du carburant. Le samedi 17 octobre a ainsi été marqué par des manifestations contre la vie chère en Belgique, en Italie et au Portugal. Dans ces trois pays, des violences urbaines ont accompagné les cortèges, mais dans des proportions moindres qu’en France.
Pillages fréquents en France
Est-ce à dire que «l’ultragauche», désignée par le Premier ministre français comme la principale responsable des violences et des pillages, est à l’œuvre partout? Rien ne le prouve à ce stade. En France, la rapidité d’action des groupes de protestataires violents, la précision de leurs cibles et leurs attaques contre des édifices publics dans différentes villes portent la même marque opérationnelle.
A Milan, Turin et Bologne, une forte présence de mineurs a, en revanche, été recensée parmi les interpellés. A Milan, les violences se sont concentrées notamment dans le centre-ville, après une marche initialement pacifique. A Bologne, les heurts ont eu lieu aux abords de la gare. La présidente du Conseil italien, Giorgia Meloni (qui vient de l’extrême droite néofasciste), a riposté par un appel à «toutes les oppositions» pour qu’elles s’engagent à ne soutenir «que les manifestations pacifistes».
A Bruxelles, plusieurs centaines de personnes, principalement jeunes, ont à nouveau manifesté, après des jours de grabuge social à Liège. Les revendications concernaient notamment le coût des études supérieures et les réformes de l’enseignement.
Des manifestants masqués ont scandé des slogans antifascistes à Bruxelles. Des affrontements ont éclaté dans le centre-ville: jets de projectiles, voiture renversée, gaz lacrymogènes et canons à eau. Le ministre belge de l’Intérieur, Bernard Quintin, a dénoncé des violences organisées et répétées.
Le pays le plus calme, pour le moment, demeure le Portugal, où des manifestations ont dénoncé la hausse du coût de la vie, les faibles salaires et la crise du logement. L’intervention de la police y a toutefois été très ferme, avec des blessés à la clé.