Nos voisins lui disent merci
La recette miracle du pape pour relancer la France

Pour la dernière journée de sa visite en France, le pape Léon XIV a lancé un appel à l'Europe à Metz, en Lorraine. Mais depuis son arrivée, ce qui ressort est un miracle: Léon XIV a redonné le moral aux Français si déprimés.
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Samedi 26 septembre, la messe pontificale place de la Concorde a réuni 800'000 personnes.
Photo: IMAGO/Bestimage
Richard Werly
Richard WerlyJournaliste Blick

Léon XIV a une recette pour relancer la France, en sérieuse panne politique, économique, sociale et budgétaire à huit mois de l’élection présidentielle d’avril-mai 2027. Cette recette? Aller à la rencontre des gens, leur consacrer du temps, parler de l’avenir et miser sur le goût des Français pour l’histoire.

A Metz, en Lorraine, où il a achevé sa visite pontificale entamée vendredi 25 septembre, le chef de l’Eglise catholique a lancé un appel à l’Europe pour qu’elle retrouve ses racines sans les transformer en verrou identitaire. La veille, son aparté de deux heures à Lourdes avec sept Français victimes de violences sexuelles de la part de prêtres a été salué par ces derniers pour l’attention qu’ils ont reçue.

Un pape à l’écoute. Un pape qui n’exhorte pas mais cherche à comprendre, tout en restant ferme sur les valeurs de l’Eglise. Au final, la recette a fonctionné. Les 82% de Français qui affirmaient, avant sa visite, avoir «confiance» dans ce pape né aux Etats-Unis puis envoyé comme missionnaire au Pérou n’ont pas eu à regretter leur choix.

La ferveur est la clé

Le mot qui revient le plus souvent à propos de la visite papale? La ferveur. «Il a redonné le moral aux Français», commentent, ce lundi 28 septembre, la plupart des médias hexagonaux. Son «aura» a de loin dépassé le cercle des catholiques. Même si ceux-ci étaient ultra-majoritaires dans les cortèges et dans la foule massée à Paris, sur les Champs-Elysées, pour la messe du samedi 26 septembre, les curieux étaient nombreux aussi.

L’exemple le plus frappant de cette ferveur a été la veillée destinée aux jeunes qui s’est tenue la veille, vendredi 25 septembre, au Stade de France. «Léon XIV a rempli le Stade de France plus vite que Jul», décrit «Le Monde», parlant «d’une jeunesse enthousiaste, avec une ambiance plus proche par moments d’un grand concert que d’un rassemblement religieux traditionnel».

Le pape François préconisait la rupture. Des réformes. Un grand coup de balai, y compris au sein de la Curie romaine. Son successeur évite de choquer. Il sait se faire respecter. Il n’inspire ni la crainte ni le rejet. «C’est un pape que les gens aiment», peut-on lire dans les colonnes du Monde.

Son image personnelle explique en partie cette popularité: 79% des Français le trouvaient sympathique et simple avant son arrivée à Paris, 76% le jugeaient proche des gens et 74% capable de rassembler. Selon l’institut Odoxa, là est la recette miracle: «Dans le contexte politique français actuel, l’image du pape paraît beaucoup moins polarisée que celle des responsables politiques nationaux», affirme une note de l’institut de sondage.

Référence morale

Le contenu de ses propos a fait le reste. Selon l’institut Verian, 48% des Français voient en Léon XIV une référence morale et 42% le considèrent comme un porte-parole des personnes oubliées ou vulnérables. Surtout, interrogés sur la personnalité ou l’institution la plus légitime pour porter un message «d’espérance, de paix et d’unité», 30% désignent le pape, devant les associations (21%) et les responsables politiques nationaux (20%).

Le grand succès de cette visite pontificale témoigne donc moins d’un regain religieux au pays de la laïcité que d’une demande de parole rassembleuse extérieure au champ politique.

Carton plein, toutefois, pour les thèmes évoqués par le souverain pontife. 53% des Français souhaitaient qu’il porte un message sur la paix dans le monde, loin devant la lutte contre la pauvreté et l’exclusion (32%) et la transmission des valeurs aux jeunes générations (27%).

C’est chose faite puisqu’il a même repris la devise républicaine, «Liberté, Egalité, Fraternité», et appelé les responsables politiques à retrouver un «esprit d’unité». Avec comme exemple la reconstruction collective de Notre-Dame de Paris, souvent évoquée par Emmanuel Macron pour signifier qu’en France « tout est possible ».

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