Primaire socialiste française
Ségolène Royal est de retour (et Glucksmann peut s'inquiéter)

Le premier débat télévisé entre candidats à la primaire socialiste française aura lieu ce mercredi 23 septembre. Or voilà qu'une revenante veut casser la baraque: l'ancienne ministre et candidate Ségolène Royal. Avec un adversaire dans son viseur: Raphaël Glucksmann.
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Ségolène Royal a été candidate à la présidentielle française en 2007, face à Nicolas Sarkozy.
Photo: imago/ABACAPRESS

En bref

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  • Le premier tour de la primaire de la gauche socialiste et démocratique se tiendra les 10 et 18 octobre 2026, avec cinq candidats en lice : Raphaël Glucksmann, Olivier Faure, Ségolène Royal, Jérôme Guedj et Emmanuel Maurel.
  • Raphaël Glucksmann bénéficie d'une popularité nationale, notamment grâce à ses prises de position fermes contre LFI et son soutien à l'Ukraine, mais fait face à des critiques sur son absence d'appartenance au PS.
  • Dans les sondages, Glucksmann est crédité de 11,5 % à 13,5 % des intentions de vote pour la présidentielle, contre 4,5 % à 5,5 % pour Faure. Ségolène Royal, elle, mise sur son expérience et sa notoriété, bien qu'elle ait été rappelée à l'ordre pour des attaques personnelles.
Richard Werly
Richard WerlyJournaliste Blick

Elle se voit déjà reprendre son aventure présidentielle avortée de 2007. Il y a vingt ans, Ségolène Royal avait échoué à conquérir la présidence de la République. Son adversaire de droite, Nicolas Sarkozy, l’avait emporté au second tour avec 53,06 % des voix. Une victoire nette pour le camp conservateur. Et une défaite cinglante pour celle qui incarnait alors l’espoir d’un renouveau pour les sociaux-démocrates.

Son retour est-il possible, avec pour point de départ le premier débat télévisé de la primaire du PS français en soirée, ce mercredi 23 septembre? En tout cas, Ségolène Royal y croit, avec pour armes principales son culot, sa capacité à retenir l’attention des médias, son expérience de candidate à la présidentielle, de parlementaire, d’ancienne présidente d’une région française (Poitou-Charentes)… et les fragilités de ses principaux adversaires.

L’espoir d’un candidat chamboule-tout

Le ring électoral, cette fois, n’est pas encore national. Il s’agit d’une bataille pour la candidature du Parti socialiste à l’Elysée. Le PS, qui a occupé la fonction suprême entre 1981 et 1995 avec François Mitterrand, puis entre 2012 et 2017 avec François Hollande, est pour le moment largué dans les sondages. Seule issue possible: désigner en son sein un candidat capable de bousculer les choses, alors que les deux favoris des enquêtes d’opinion sont Marine Le Pen pour le Rassemblement national (RN, droite nationale populiste) et Jean-Luc Mélenchon pour La France insoumise (LFI, gauche radicale). La méthode choisie a été celle d’une «primaire» semi-ouverte pour les militants et les sympathisants. Ils devraient être environ 100'000 à voter au premier tour pour départager les cinq candidats, puis au second tour pour choisir entre les deux finalistes.

Qui, donc, pour tout chambouler? Le mieux placé dans le camp social-démocrate, pour l’heure, est le député européen Raphaël Glucksmann, crédité dans les sondages d’environ 12% des intentions de vote. Glucksmann n’est pas membre du Parti socialiste. Il a constitué une plateforme, Place publique. Il a pour lui d’avoir mené avec succès une liste commune avec le PS aux élections européennes de juin 2024 (13,8%, presque ex aequo avec la liste centriste pro-Macron).

Problème: cet homme politique est souvent plus connu, en France, pour être le compagnon de la présentatrice du journal télévisé de France 2, Léa Salamé (qui s’est mise en congé le temps de la campagne présidentielle). Il a aussi beaucoup louvoyé. Et, crime absolu pour Ségolène Royal: il soutenait son adversaire Nicolas Sarkozy en 2007, saluant à l’époque «l’ouverture» de celui qui allait devenir président.

Créer la surprise

Ségolène Royal, pour sa part, aura beaucoup de mal à créer la surprise. Elle tire en effet derrière elle beaucoup de boulets politiques et personnels. Elle a été la compagne de l’ancien président François Hollande, avec lequel elle a eu quatre enfants. Elle est associée à la génération des socialistes des années 1980-1990, souvent qualifiés en France de «gauche caviar».

Elle a ensuite été plusieurs mois ministre, y compris sous la présidence Hollande, ce qui alimente les accusations de conflits d’intérêts. Raphaël Glucksmann, d’ailleurs, s’est engouffré dans la brèche, lui reprochant son carriérisme politique. Alors qu’elle n’a pas hésité à traiter son benjamin de «stagiaire», à l’opposé de son «expérience» personnelle.

Mélenchon et Hollande en embuscade

Royal-Glucksmann: le duel est annoncé et les deux candidats l’ont anticipé. A priori, celui qui risque d’en faire les frais est l’actuel patron du Parti socialiste français, Olivier Faure, également candidat à la primaire. Pour ce dernier, se retrouver éliminé serait un échec flagrant. Mais deux autres personnalités de gauche regardent ce scrutin avec attention. Le premier est le candidat le mieux placé dans les sondages: Jean-Luc Mélenchon, crédité de 13 à 16% des suffrages et résolu à faire l’union de la gauche autour de sa ligne radicale et très anticapitaliste.

Le second est l’ancien président François Hollande (2012-2017), qui avait renoncé à se représenter pour un second mandat en décembre 2016. Même s’il n’a pas déclaré sa candidature, l’ex-chef de l’Etat est en embuscade. Il multiplie les interventions dans les médias. Il affirme vouloir être candidat, comme un «recours» contre les extrêmes. Ironie cruelle des circonstances: si elle devait sortir victorieuse de la primaire du PS, son ex-compagne Ségolène lui barrerait la route. Une sacrée revanche pour celle que beaucoup de caciques de son parti ne prenaient pas au sérieux, s’interrogeant publiquement sur «qui va garder les enfants» au sein de ce couple aussi politique qu’atypique.

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