Le candidat LR à la présidentielle, Bruno Retailleau, a exprimé mardi ses craintes que les commerçants ne basculent dans l'autodéfense lors des prochaines manifestations, après avoir entendu des restaurateurs prêts à défendre eux-mêmes leur établissement samedi pour éviter qu'il ne soit pillé.
«Si l'État ne parvient pas à protéger les Français, malgré la somme astronomique de la dépense publique, mais aussi des impôts, certains d'entre eux auront la tentation de se défendre par eux-mêmes», a prévenu le président de LR lors d'une visite de boutiques vandalisées dans le VIIIe arrondissement de Paris.
L'ancien ministre de l'Intérieur, qui s'est rendu auprès des commerçants pillés comme son rival du bloc central Edouard Philippe plus tôt dans la journée, a aussitôt rappelé que l'Etat a «le monopole de la violence légitime» et prévenu que «ce serait terrible» si les commerçants prenaient la décision de se défendre eux-mêmes.
«Ne faites pas ça»
Des déclarations émises après avoir écouté un couple de restaurateurs, ayant souhaité rester anonymes, raconter qu'ils se tenaient prêts à défendre samedi leur commerce contre un éventuel pillage. «Si le rideau de fer est levé, on a des couteaux», a affirmé la restauratrice. «Et pas que...», a enchaîné son époux avant d'ajouter : «Personne ne détruira ce que nous avons bâti».
«Il ne faut surtout pas faire ça», a répondu Bruno Retailleau. Ce dernier a dénoncé «défaillance» d'un État qui «ne protège pas ce que j'appelle la France des honnêtes gens», après avoir entendu un voisin du quartier déplorer que les forces de l'ordre aient «tardé trois heures» à intervenir samedi contre les pilleurs.
«Il faut que l'État soit suffisamment fort et accepte d'imposer cette force», a martelé le candidat LR, qui a réitéré son appel au président de la République, Emmanuel Macron, à «déclarer l'Etat d'urgence». «En montrant sa faiblesse, l'Etat pourrait inciter ces barbares, cette racaille, l'extrême gauche, à recommencer», a-t-il ajouté.