«Une violence débridée»
La police a arrêté 1949 personnes lors des blocages de lycées

En France, 1949 arrestations et 305 policiers blessés jeudi lors de blocages de lycées. Le ministre de l'Intérieur évoque des violences graves contre les forces de l'ordre.
1949 personnes ont été interpellées jeudi en France dans le cadre du mouvement de blocage des lycées
Photo: BES / 00772391_000001
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AFP Agence France-Presse

Près de 2000 personnes (1949) ont été interpellées jeudi en France dans le cadre du mouvement de blocage des lycées, essentiellement pour atteinte aux personnes dépositaires de l'autorité publique, violences et attroupements, a annoncé le ministère de l'Intérieur. Au cours de la journée, la place Beauvau a décompté 305 policiers et gendarmes blessés, le ministre Laurent Nuñez condamnant «une violence débridée».

Le nombre de blocages ou d'incidents autour du mouvement des lycées s'est accru pour atteindre jeudi le chiffre de «900 actions» recensées sur tout le territoire français, a-t-on appris jeudi de source sécuritaire.

Tous les départements sont concernés désormais et les services ont constaté depuis mercredi «une accentuation» du phénomène, «une bascule avec un changement de discours, plus radical» et «des violences urbaines aux abords des lycées», a-t-on ajouté de même source. Il y a eu jeudi des incidents dans toutes les grandes métropoles, a poursuivi la source sécuritaire qui s'attend, avec les étudiants qui ont rejoint le mouvement, à une très forte journée de mobilisation mardi prochain.

Plusieurs organisations étudiantes ont appelé massivement à manifester mardi. Les autorités relèvent que ce mouvement parti le 18 septembre du lycée Saint-Exupéry de Créteil (Val-de-Marne) s'est assez rapidement propagé à toute l'agglomération parisienne, avec la présence d'élus de la France insoumise ceints de leur écharpe tricolore et celle de collectifs d'extrême gauche et de gauche radicale.

«On rentre, on vole, on dégrade»

Le 25 septembre, dix départements étaient concernés, 24 l'ont été lundi, et jeudi tout le territoire était touché. Les autorités constatent depuis mercredi et ce jeudi particulièrement une accentuation des violences envers les forces de l'ordre, des personnels de l'Education nationale (enseignants et responsables) et des prises à partie des sapeurs-pompiers, des bus, à tout ce qui est «étatique». Comme ce qui s'est passé à Marseille. Elles relèvent la présence sur les lieux de blocage des lycées de profils de jeunes politisés avec des revendications sociétales, des lycéens en masse et des «perturbateurs» qui génèrent des incidents.

Elles notent l'utilisation massive des tirs de mortier d'artifice contre les forces de l'ordre, des «violences urbaines aux abords des lycées et en centre-ville», des dégradations, des vols et des incendies volontaires d'établissements scolaires. «On rentre, on vole, on dégrade», résume la source sécuritaire. D'ici à mardi, les autorités s'attendent à la poursuite des blocages vendredi, et redoutent une prolongation du mouvement au-delà du 6 octobre.

Environ 1800 personnes (1793) ont été placées en garde à vue depuis lundi à la suite d'interpellations par les forces de l'ordre, a annoncé jeudi soir la Chancellerie. Le ministre de la Justice français, Gérald Darmanin, a indiqué sur X avoir réuni dans l'après-midi les procureurs généraux en visioconférence «pour leur demander une grande fermeté dans la réponse pénale envers les auteurs ces faits inadmissibles».

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