Deux personnes ont été interpellées
Plus de 1900 hectares sont partis en fumée à Fontainebleau

L'incendie qui frappe la forêt de Fontainebleau, près de Paris, a déjà ravagé plus de 1900 hectares un peu plus de 24 heures. Deux personnes soupçonnées d'être à l'origine du sinistre ont été interpellées, a annoncé le ministre de l'Intérieur.
L'incendie qui ravage le poumon vert de Paris est l'un des trois plus importants du nord de la France en vingt ans.
Photo: keystone-sda.ch
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AFP Agence France-Presse

L'incendie en forêt de Fontainebleau près de Paris, qui continue sa progression lundi soir, a parcouru plus de 1900 hectares en 24 heures, ont indiqué les pompiers de Seine-et-Marne. 

Ce chiffre, qui date du milieu de la nuit, devrait évoluer dans la journée, alors que le feu continue de progresser, a déclaré à l'AFP le commandant Paul-Edouard Laurain, porte-parole du service départemental d'incendie et de secours (Sdis). Les quelque 850 pompiers en lutte contre les flammes espèrent fixer le feu dans la journée, a-t-il précisé.

Deux personnes suspectées d'en être à l'origine ont été interpellées, a pour sa part annoncé le ministre de l'Intérieur. Ce dernier avait d'abord évoqué un chiffre de 1300 hectares plus tôt dans la journée. «Le foyer principal», qui a commencé à brûler dimanche en fin de journée, a ravagé «1200 hectares» et le deuxième foyer, qui s'est déclenché lundi un peu avant 15h, dans le secteur de la Faisanderie, à proximité de la ville de Fontainebleau et ses 15'000 habitants, a lui «déjà parcouru une centaine d'hectares», avait détaillé Laurent Nuñez sur France 2.

Poumon vet de Paris

Cet incendie, qui frappe le poumon vert de Paris d'une exceptionnelle biodiversité, est l'un des trois plus gros qu'a connus la moitié nord du pays en 20 ans. «Tout le monde travaille avec un seul objectif: fixer ce feu», a affirmé lundi après-midi le préfet de Seine-et-Marne Pierre Ory devant la presse à Noisy-sur-Ecole, où le poste de commandement des opérations est installé.

Son ampleur exceptionnelle a rendu indispensable l'engagement de quatre Canadair, une première en région parisienne, mais aussi de deux Dash et trois hélicoptères bombardiers d'eau. Au total, «187 largages» d'eau ont été effectués dans la journée, a indiqué sur place lundi soir le commandant des opérations de secours, Jean-Marc Sicard.

Une origine volontaire?

A la nuit tombée, quelque 600 pompiers restent mobilisés et vont se relayer pour combattre les flammes au sol, a-t-il ajouté. «Le feu se développe encore», car les conditions météorologiques ne demeurent «pas très favorables» lundi soir, malgré «une petite accalmie», a souligné Jean-Marc Sicard.

Mais même une fois le feu fixé, il faudra encore plusieurs jours voire plusieurs semaines pour éteindre complètement l'incendie et s'assurer qu'il n'y a pas de reprise, a redit la préfecture de Seine-et-Marne dans un point de situation à 22H00. L'incendie pourrait avoir «une origine volontaire», ce que suggère la découverte d'"une dizaine de points de départ de feu dans un périmètre de 1000 mètres», selon le ministre de l'Intérieur, qui a annoncé lundi soir l'interpellation de deux suspects.

L'un des deux suspects est un jeune homme de 18 ans, qui n'est pas connu des services de police, et qui a été interpellé avec un briquet sur lui et ses mains recouvertes de suie, d'après une source proche du dossier. La procureure de la République de Fontainebleau est saisie. Sur l'ensemble du territoire, ce sont 59 personnes qui ont été interpellées pour «des mises à feu volontaires ou accidentelles», dont sept placées en détention provisoire, a affirmé Laurent Nuñez.

Fumée âcre

A Fontainebleau, autour d'un millier de personnes ont été évacuées selon les autorités, dont les résidents d'un camping situé en lisière de forêt. Sophie Guiot, qui a dormi à la salle polyvalente du Vaudoué, n'a pas pu rentrer chez elle lundi matin et a témoigné auprès de l'AFP d'"un réveil difficile entouré d'un épais nuage de fumée âcre qui pique la gorge et les yeux». Elle craint que les pompiers ne parviennent à protéger toutes les habitations.

Selon la préfecture, «aucune victime n'est à déplorer et les dégâts matériels sont pour l'heure très limités». L'emblématique massif forestier de Fontainebleau couvre environ 25'000 hectares à 60 km au sud-est de Paris et accueille chaque année 15 millions de visiteurs, ce qui en fait une zone sensible, au-delà de son sol sableux et de sa végétation de fougères et de résineux particulièrement inflammables.

Les fortes chaleurs, qui étouffent l'Ile-de-France et une bonne partie du pays, accroissent considérablement le risque de départs de feux, attisés aussi par la sécheresse des sols. Plus aucune région n'est à l'abri de ces incendies estivaux.

32'000 hectares touchés

Selon Laurent Nuñez, 32'000 hectares ont été «parcourus» par le feu depuis le début de l'année en France, soit plus que durant «toute la saison 2025» des incendies. Rien que dimanche, «pas loin de 250 départs de feu, dont une trentaine de manière simultanée», se sont produits «en tous points du territoire» français, d'après la Sécurité civile.

En Bretagne, plus d'une centaine de personnes ont été contraintes de quitter leur logement lundi au Cap Fréhel (Côtes-d'Armor) en raison d'un incendie de landes qui a déjà brûlé 35 hectares. Un camping avait déjà été évacué dimanche soir. Dans le sud, en Lozère, 107 hectares ont brûlé autour de Saint Bonnet-Laval, a indiqué la préfecture, où deux Dash et deux Canadair ont été déployés et où deux campings ont été évacués.

En tout, sur la journée de lundi, pas moins de dix incendies se sont déclarés à proximité de voies ferrées, a précisé à l'AFP un porte-parole de SNCF Réseau. Lundi soir, les trois incendies déclarés le long des lignes à grande vitesse de l'axe sud-est sont «désormais éteints» et la circulation «vient de reprendre à vitesse normale», a indiqué SNCF Réseau.

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