«Donner du sens à leur vie»
Face aux méga-feux, les Français se ruent chez les pompiers volontaires

Les incendies historiques en France cet été ont déclenché un «engouement citoyen» pour devenir pompier volontaire. Certaines régions, comme l’Indre, reçoivent jusqu’à quatre fois plus de candidatures que d’habitude.
Une équipe de pompiers déployée à Ares, dans le sud-ouest de la France, le 25 juillet 2026.
Photo: keystone-sda.ch
Post carré.png
AFP Agence France-Presse

Les incendies d'une ampleur historique qui touchent la France cet été provoquent «un engouement citoyen» pour devenir sapeur-pompier volontaire dans certaines régions, a-t-on appris auprès de Services départementaux d'incendie et de secours (Sdis).

«Depuis quelques jours, il y a un mouvement qui s'accentue, un engouement citoyen après les feux d'espaces naturels», observe Guillaume Bouquet, chef de corps adjoint du Sdis de l'Indre, qui a reçu une trentaine de dossiers de candidature pour devenir pompier volontaire, soit trois à quatre fois plus que d'habitude à cette saison.

«C'est une belle réaction citoyenne», similaire à celle qu'avait connue le pays «après les attentats de 2015». En Meurthe-et-Moselle, les événements ont fait bondir «les demandes de renseignements ou d'engagement», note le commandant Blaise Guillaume. Il reçoit «entre 20 et 30 courriels» de sollicitations par semaine depuis les incendies, soit dix fois plus qu'en temps normal à cette période de l'année.

«C'est ensuite à nous d'expliquer quel est cet engagement de pompier volontaire», ouvert légalement aux femmes et aux hommes âgés de 16 à 67 ans, souligne l'homme chargé de la gestion des sapeurs-pompiers volontaires du département, qui en recrute «entre 200 et 250» chaque année.

«Donner du sens à leur vie»

Les volontaires désireux de concrétiser leur engagement sont ensuite invités à se présenter à des tests pour évaluer leur niveau sportif, avant d'être formés. Cet engouement pour devenir pompier volontaire est néanmoins inégal sur le territoire. Le Sdis du Doubs a ainsi enregistré en juillet une nette augmentation des demandes pour être volontaire à Besançon, qui n'a pas de problèmes de recrutement, alors que la demande est «plus mitigée» dans les autres casernes plus rurales de sa zone.

D'autres départements, le Loiret, les Côtes-d'Armor, la Marne ou encore l'Aisne, n'ont «pas noté plus de demandes cet été». Au niveau national, la France compte plus de 200'000 sapeurs-pompiers volontaires, aux côtés de quelque 44'000 professionnels, soit 80% des effectifs, selon le ministère de l'Intérieur.

Le secrétaire général du Syndicat des sapeurs-pompiers volontaires, Bruno Ménard, constate «la nécessité» pour les volontaires de «donner du sens à leur vie, surtout des jeunes». En 72 heures, un recensement lancé la semaine dernière par le syndicat pour identifier «les personnes qui ont des compétences qui pourraient aider» lors des incendies a ainsi recueilli «plus de 10'000 propositions d'aide», se réjouit-il. Cet élan citoyen est «positif, si on sait l'exploiter», estime Bruno Ménard.


Articles les plus lus