En bref
- Le parquet de Paris enquête sur des fausses alertes à la bombe ayant visé des avions en France, avec des soupçons de liens avec des puissances étrangères. Ces alertes ont entraîné des déroutements et des inspections minutieuses des appareils.
- Des dizaines de vols européens ont été perturbés depuis le début de la semaine, sans découverte d'explosifs. Certaines alertes semblent liées à un groupe ultranationaliste russe, bien que ce dernier nie toute implication.
- Quatre avions ont atterri en sécurité après des alertes en France, trois à Orly et un à Bordeaux. Les autorités européennes dénoncent des campagnes visant à déstabiliser au profit de la Russie ou de l'Iran.
Le parquet de Paris a ouvert une enquête sur les fausses alertes à la bombe ayant visé des avions survolant le territoire français, notamment pour rechercher un lien éventuel des auteurs avec des «puissances étrangères», a-t-il indiqué samedi. Les investigations sont «menées pour retrouver les auteurs des courriels divulguant ces fausses informations afin de faire croire à une destruction dangereuse et leur lien éventuel avec des puissances étrangères», a expliqué le parquet, sollicité par l'AFP.
Jeudi, un avion d'Aer Lingus avait été dérouté à Evreux après une alerte à la bombe. Matignon avait fait état vendredi de quatre nouvelles alertes émises sur des avions survolant le territoire français et sur lesquels les services de déminage ont procédé «aux inspections de sécurité». Trois de ces appareils ont atterri à Orly, le quatrième à Bordeaux, tous sans encombre, selon une source informée du dossier.
«Une enquête est en cours pour déterminer l'origine de ces alertes qui touchent toute l'Europe», avaient ajouté, sans plus de précisions, les services du Premier ministre Sébastien Lecornu, chargé de la sûreté et de la défense aérienne du pays. Des dizaines de vols commerciaux ont fait l'objet d'alertes à la bombe depuis le début de la semaine en Europe. Des avions ont dû être déroutés, escortés par des chasseurs, évacués ou fouillés. A chaque fois sans découvrir de bombes.
Des médias irlandais, britanniques comme Sky News, ou français comme TF1, ont aussi reçu des alertes à la bombe. Le gouvernement irlandais a dénoncé vendredi une «probable campagne coordonnée visant à engendrer des perturbations».
Un mouvement ultranationaliste russe?
Cette série de fausses alertes, difficiles à attribuer, a pour conséquence de mobiliser les services de sécurité et de semer la peur à moindre coût, soulignent les experts. Des revendications envoyées jeudi aux aéroports de Rome et de Sofia émanaient des «combattants de l'Etat masculin», semblant renvoyer au nom d'un mouvement ultranationaliste russe, mais son chef a démenti toute implication.
Les responsables européens dénoncent depuis des mois l'accroissement des opérations de déstabilisation, conduites au profit de la Russie ou de l'Iran, qu'il s'agisse de campagne de désinformation, de sabotage, cyberattaque, attentat, etc. Les services de renseignement anticipent depuis plusieurs semaines un durcissement de ces campagnes, notamment de la Russie, pour peser sur le soutien européen à l'Ukraine.