Les eurodéputés veulent serrer la vis
Le Parlement européen veut une stratégie contre l’entrisme des Frères musulmans

Le Parlement européen a adopté jeudi à Strasbourg une résolution non contraignante appelant l’UE à lutter contre l’entrisme islamiste et l’influence des Frères musulmans.
Les eurodéputés votent jeudi contre l’influence des Frères musulmans.
Photo: Photothek via Getty Images
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ATS Agence télégraphique suisse

Les eurodéputés ont appelé jeudi à une stratégie européenne de lutte contre l'entrisme islamiste et l'influence des Frères musulmans, qui doit en particulier garantir de ne pas financer des associations affiliées.

Le parlement a adopté une résolution en ce sens du groupe PPE (droite) par 381 voix pour, 167 contre et 15 abstentions, lors de la session plénière à Strasbourg.

La Gauche radicale, les Verts et le S&D (gauche) avaient dit en amont ne pas endosser ce texte non contraignant, le jugeant en partie «islamophobe».

Selon le PPE, un des principaux objectifs de la résolution vise à exiger une traçabilité des fonds européens versés à des entités islamistes et cesser tout financement.

«L'entrisme islamiste commence par le sourire»

Il préconise aussi l'exclusion définitive au sein des institutions européennes de Femyso (Forum des organisations européennes musulmanes de jeunes et d'étudiants), association considérée comme proche des Frères musulmans, un mouvement pan-islamiste sunnite fondé en 1928 en Egypte.

«L'entrisme islamiste ne commence pas toujours par le bruit des armes. Il commence par le sourire, la cravate bien nouée, le langage des droits de l'homme détourné», a déclaré Céline Imart, rapporteure de la résolution, lors d'un débat mercredi.

En France, un rapport publié en mai 2025 sur l'islamisme politique avait mis en garde contre un entrisme «par le bas», au niveau local et associatif, mené par les Frères musulmans.

Ce sujet est déjà porté par une partie de la droite et de l'extrême droite dans le cadre de la campagne pour l'élection présidentielle de 2027.

Divergences

«Ces dernières années, la menace terroriste liée à l'extrémisme islamiste en Europe a été associée à des acteurs et à des idées djihadistes, ce qui inclut également des mouvements tels que les Frères musulmans», a affirmé Magnus Brunner, commissaire européen aux Affaires intérieures et à la Migration, lors du débat de mercredi.

Si la Commission prend ces préoccupations «très au sérieux», les conclusions des pays membres divergent toutefois quant au rôle joué par les Frères musulmans, a pointé le responsable autrichien.

Mélissa Camara, eurodéputée écologiste française, a fermement critiqué la mise à l'agenda de ce sujet à l'initiative «de la droite et de l'extrême droite» qui a servi, selon elle, un seul objectif: «donner la possibilité à ces familles politiques de déclamer leur islamophobie et leur xénophobie».

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