A deux semaines d'une élection
Le Costa Rica dit avoir déjoué un complot meurtrier contre son président

Le Costa Rica dit avoir déjoué un projet d’assassinat visant le président Rodrigo Chaves. Cette menace survient à deux semaines d’une élection où la candidate du parti conservateur est favorite.
Le Costa Rica dit avoir déjoué un complot contre le président Chaves, à deux semaines d'une présidentielle sous tension.
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AFP Agence France-Presse

Le gouvernement du Costa Rica a dit mardi avoir mis au jour un projet présumé visant à assassiner le président du pays, Rodrigo Chaves, à un peu plus de deux semaines de l'élection présidentielle pour laquelle la candidate du parti conservateur au pouvoir est favorite.

Jorge Torres, chef de la Direction du renseignement et de la sécurité nationale, rattachée à la présidence, a déclaré à la presse que cet organisme avait appris l'existence du complot présumé grâce à une «source confidentielle» l'ayant informé du paiement d'un tueur à gages. Le chef du renseignement a refusé de se positionner sur un éventuel lien entre ce projet criminel présumé et les élections.

Le procureur général, Carlo Diaz, a pour sa part écarté tout lien. Il a également indiqué à la presse qu'une enquête visait une suspecte, la décrivant comme «assez active sur les réseaux sociaux» sans entrer dans les détails.

Ingérence du Salvador?

L'annonce du projet d'assassinat présumé survient alors que le président Chaves a invité son homologue salvadorien au Costa Rica mercredi pour poser la première pierre d'une nouvelle méga-prison calquée sur le tristement célèbre Centre de confinement du terrorisme (Cecot) du Salvador – où des milliers d'hommes sont détenus sans inculpation dans le cadre de la guerre menée contre les gangs.

Les groupes d'opposition ont mis en garde contre ce qu'ils considèrent comme une possible ingérence dans l'élection de la part du président du salvadorien. La candidate Laura Fernandez cherche à gagner dès le premier tour et à obtenir une majorité écrasante de députés pour contrôler le Parlement et réformer le pouvoir judiciaire, comme l'a fait Nayib Bukele.

Rodrigo Chaves, économiste de 64 ans, a fait face l'an dernier à deux procédures au Parlement visant la levée de son immunité, l'une pour une affaire de corruption présumée et l'autre pour participation à la politique électorale. Elles ont été rejetées lors du vote en séance plénière.

Le président sortant s'est opposé lors de ses quatre années de mandat au parquet, à la Cour suprême de justice, au Parlement et au Tribunal suprême électoral, qu'il accuse de tenter de saboter son gouvernement. Les dirigeants de ces institutions reprochent pour leur part à Rodrigo Chaves de ne pas respecter l'indépendance des pouvoirs et lui attribuent des dérives autoritaires.

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