Les débats concernant le crash d'avion le plus meurtrier de l'histoire de la Corée du Sud sont relancés. Une simulation, révélée jeudi par un parlementaire, estime que les 179 victimes auraient vraisemblablement survécu si le mur de béton ne s'était pas trouvé au bout de la piste.
Le 29 décembre 2024 un Boeing 737 de la compagnie low cost Jeju Air, en provenance de Thaïlande, avait atterri sur le ventre à l'aéroport de Muan (sud-ouest), après une collision avec des oiseaux, avant de se fracasser contre un mur en bout de piste et de prendre feu. Le crash a fait 179 morts. Seuls une hôtesse et un steward ont survécu.
Les révélations d'une simulation
Une simulation effectuée à la demande du gouvernement conclut que tous les passagers auraient vraisemblablement survécu sans le mur, avec seulement des blessures mineures, selon la parlementaire d'opposition Kim Eun-hye, qui en a rendu publiques les conclusions.
Si le mur de l'aéroport de Muan avait été moins solide «l'avion aurait vraisemblablement brisé» cet obstacle, «et l'impact qui en aurait résulté n'aurait pas été suffisamment important pour provoquer des blessures grave», selon le rapport de simulation.
«L'impact subi par l'avion durant sa glissade au sol n'était pas d'une ampleur suffisante pour causer des blessures graves», selon la même source. En l'absence d'obstacle sur la piste, l'appareil «aurait glissé sur environ 770 mètres (0,47 miles) avant de s'arrêter», conclut cette simulation.
Le béton pointé du doigt
La structure en béton, contenant un système d'antenne radio, est utilisée pour aider les avions à se repérer lors des atterrissages. Sa présence avait suscité l'indignation et des protestations de la part des familles des victimes. Selon les recommandations internationales en matière de sécurité aérienne, de telles installations de navigation doivent être constituées de matériaux qui peuvent être brisés.
Ce rapport confirme les «soupçons de longue date» des familles, a déclaré à l'AFP Lee Hyo-eun, qui a perdu sa fille de 24 ans dans l'accident. «Depuis longtemps, nous avions la conviction que tout le monde aurait pu survivre, y compris ma fille, s'il n'y avait pas eu de structure en béton au bout de la piste», a-t-elle ajouté.
Cette étude «ne fait qu'alourdir notre chagrin, sachant que ces vies auraient pu être sauvées», a-t-elle confié. En 2025, un rapport final d'enquête avait été annoncé pour juin 2026.
Outre le mur et les oiseaux, une défectuosité du train d'atterrissage avait été évoquée dans les explications du bilan humain.